Haïti/RD/MINUSTAH: MINUSTAH et l’état dominicain contre Haïti.

Written on:mai 6, 2015
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 Siège de la MINUSTAH à Boca Chica, Santo Domingo, RD (Crédit-Photo: Noticiasalternativas.com)

Siège de la MINUSTAH à Boca Chica, Santo Domingo, RD (Crédit-Photo, courtoisie: Noticiasalternativas.com)

Complot UN contre Haïti

La belle complicité entre la Mission des Nations-Unies et l’Etat dominicain ou la déstabilisation programmée d’Haïti. 

Harmonie, coopération, détente, entente, accueil, accolade et sourires, collaboration sans faille caractérisent les rapports vieux déjà d’une dizaine d’années entre la Mission des Nations Unies en Haïti dite de stabilisation, et l’Etat dominicain, toutes administrations confondues.

En 2005, les presses dominicaine et régionale font état de l’accueil chaleureux réservé au premier Chef de la MINUSTAH en Haïti, le chilien Juan Gabriel Valdez qui ne se gêne pas d’annoncer que cette Mission s’installe en Haïti pour 10 ans !

En juin 2006, c’est au tour du Guatémaltèque Edmond Mullet de goûter à la fraternelle hospitalité des dirigeants dominicains. Il est reçu par le chancelier Troncoso qui le félicite et souligne le rôle important joué par la MINUSTAH en Haïti (HOY,8/6/06)

 En 2008, le président Léonel Fernandez invite le nouveau chef de la MINUSTAH, Hédi Annabi à le rejoindre a Santo Domingo sur un panel dans le cadre de la clôture de la 4e Conférencence des Amériques tenue à sa Fondation, la Funglode. (DGC-20/10/08)

 En 2012, une nouvelle expression d’amitié vibrante brille avec l’arrivée du chilien Mariano Fernandez. Au cours de l’une de ses visites a Santo Domingo, le chef de la Mission meurtrière choléra-ïque eut à déclarer à la presse dominicaine qu’une étroite amitié le lie à la fois au président Fernandez et à l’Ambassadeur Ruben Silé accrédité en Haiti. (Diariolibre.com 21/2/2012).

Entre temps, l’accueil est à ce point cordial et optimal auprès de l’Exécutif dominicain que la Mission des Nations Unies décide d’ouvrir sur place à Santo Domingo, un Bureau, pardon, deux bureaux. Dans une annonce immobilière la Mission précise que le local souhaité doit se trouver aux alentours du Palais national dominicain, la Casa Rosada ; mais aussi avec la possibilité d’installer une station-satellite. (Listin Diario,7/11/12)- Bien sûr, ce sont des bureaux destinés à la gestion du dossier haïtien. (Adresses de la Minustah à Santo Domingo : Av. Cesar Nicolas Penson #102B, SD  et Parque Cibernetico, East Port Building Autopista Las Americas Km27 1/2, LaCaleta, Boca Chica)

En 2013, c’est la grande poignée de mains entre le chancelier Troncoso et le canadien Nigel Fisher, nouveau chef de l’Occupation en Haiti. Ensemble, ils conversent sur les activités des troupes de la MINUSTAH en territoire haïtien, sur les relations de la Mission avec la République Dominicaine sans oublier la Commission Mixte Bilatérale haïtiano-dominicaine. (Listin Diario, 9/6/13)

 Cela dit, les liens s’intensifient  à  chaque nouvelle nomination. Faut-il rappeler qu’à travers une résolution adoptée le 20 septembre 2011, le sénat haitien a reclamé formellement le départ de la MINUSTAH en raison des dispositions constitutionnelles interdisant la présence de troupes étrangères sur le territoire national. Néanmoins, l’attitude affable des dirigeants dominicains vis-à-vis de la MINUSTAH n’a jamais varié. Selon le quotidien Listin Diario, «même si elle fonctionne en Haïti, le siège de la MINUSTAH se trouve en République Dominicaine». (Listin Diario,7/11/12)

 Avec Sandra Honoré, c’est la même ferveur réservée aux chefs de l’occupation par l’establishment dominicain. En confiance, la trinidadienne eut à déclarer au président Medina :  » j’avais hâte de faire votre connaissance et mon souhait se réalise aujourd’hui ». (Santo Domingo Digital/6/12/13) .

 A l’évidence, il y a des cadres de la Mission qui ont l’habitude d’aller plus loin dans leurs confidences. Tel le commissaire de Police de la Mission affirmant au cours d’une rencontre avec le chef de la Police dominicaine à Santo Domingo, que : « La Police dominicaine demeure un acteur indispensable pour préserver la sécurité en Haïti».(El Dia, 13/2/10). 

Le meilleur exemple d’unités de vues entre la Mission des Nations Unies reste la réflexion célèbre de Léonel Fernandez en visite à Paris en 2009. Il recommande alors : « le maintien de la MINUSTAH pour 10 ans, une nouvelle Constitution et la redéfinition des rôles du premier ministre et du président en Haïti »(Listin Diario,2/12/09). Comme un bon perroquet criollo, Fernandez avait donc repris en France, le mot du Premier Chef de l’Occupation, Juan Gabriel Valdez, 4 ans auparavant.

 Un bel exemple de solidarité dominicano-onusienne, fut l’annonce faite à Santo Domingo en mars 2012 d’escorter et sécuriser jusqu’à Fonds Parisien et à Cité Soleil, des camionneurs dominicains qui seraient en difficulté lors de la traversée de la frontière. La mesure fut prise par la MINUSTAH en concertation avec les représentants de syndicats de transporteurs dominicains à Jimani. (3Diariosde3.com 10/3/12)

Mais cela ne s’arrête pas la. En 2015, la Mission s’empresse d’offrir ses troupes pour sécuriser les consulats dominicains en Haïti. Evidemment, la Mission des Nations Unies a le chic de s’absenter quand il le faut, pour le bonheur des ultra-nationalistes racistes et autres élites politiques neo-trujillistes. Jamais présente, quand des Haïtiens-Haïtiennes sont tabassés, fusillés, égorgés, trafiqués, violés, dépouillés, décapités ou pendus à Santo Domingo. Combien de notes la Section des Droits Humains de la Mission aura-t-elle publiées sur ces atrocités ?

Jamais présente au moment des rapatriements nocturnes interdits par le Protocole de 1999 entre Haïti et la République Dominicaine. Toujours absente quand des groupes de quartiers chassent des familles haïtiennes de plusieurs localités frontalières sous prétexte de choléra, microbe d’ailleurs introduit par la Mission elle-même.

Alors, main dans  la main, en parfaits comploteurs, la cheffe de l’Occupation sans honneur, et le Président Medina s’entendent déjà, depuis Santo Domingo, pour monter d’un cran la déstabilisation d’Haïti avec des expulsions  massives de Dominicains d’ascendance haïtienne. Et ce qui ne gâche rien, cela se passe en période électorale, une période où la division entre Haïtiens/Haïtiennes est bien amorcée et où le pays a bien peu de forces pour se tenir debout et dire non à ce complot dominicano-onusien.

Peut-on imaginer une vague d’expulsions massives planifiée, programmée de personnes dominicaines au teint foncé – donc « Haïtiennes« - sans la complicité assurée de la Mission des Nations Unies présente depuis plus de 10 ans à la fois à la frontière et au cœur de la capitale dominicaine ?

Qui l’eut cru ? Près de 70 ans après la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Mission des Nations-Unies est en train d’avaliser un apartheid caribéen et créer une population de refugiés avec la complicité de Washington jointe à celle des classes politiques et des puissants secteurs économiques des deux pays ! La question des droits des personnes dominicaines se réduit donc à un pantin désarticulé coincé dans les mains des organisations de la société civile des deux pays auxquelles on veut bien laisser jouer le rôle d’organismes de charité. Hélàs, les droits humains c’est pas la charité !

Quand le président-chanteur haïtien semble fredonner cet air de Jacques Brel : Ne me quitte pas, ne me quitte pas ! après que la MINUSTAH eut annoncé vouloir se délocaliser dans quelques départements du pays, la Mission sourit. Quand le premier-ministre homme de théâtre annonce que le gouvernement est prêt a accueillir les 200 mille expulsés, la Mission sourit de plus belle, car, grâce à ces expulsions, bientôt ces mêmes troupes délocalisées vont être relocalisées dans les 4 départements frontaliers face aux arrivées massives de familles dominicaines d’ascendance haïtienne.

Et elle criera à son tour avant longtemps : «Vous voyez, moi la MINUSTAH, je suis toujours là quand vous avez besoin de moi, et je serai toujours là, car vous aviez perdu la mémoire de votre Liberté. QUELLE BONNE CHOSE !»

. A travers ces différents chefs d’occupation, la MINUSTAH, c’est à la fois, la Caraibe, /l’Afrique, /l’Amérique du Nord, l’Amérique latine. Pourtant, le brésilien Ricardo Seitenfus, ex-représentant de l’OEA, continue, a travers ses écrits et interventions, de leur marteler cette vérité : La présence de la MINUSTAH en Haïti, est ILLEGALE !

Et que dira t-on alors de ces élites dirigeantes dominicaines qui accueillent avec tant d’enthousiasme et d’indécence les plus hauts cadres de l’Occupation en Haïti, dont le bilan seulement pour le choléra avoisine les 10 mille morts ? Aveuglées par le racisme, elles paraissent de plus en plus misérables dans leur solidarité insulaire réduite, Elles se montrent de plus en plus amnésiques de Jacques Viau, défenseur haïtien de la République Dominicaine contre l’occupation américaine de 1965 ; tout à fait amnésiques de Nissage Saget, sauveteur de la Nation dominicaine vendue par des fils apatrides pour moins de 2 millions de dollars à un président américain, vers la fin du 19e siècle.

Et surtout de plus en plus éloignées de la disposition inscrite dans le préambule du texte créant la Commission Mixte Bilatérale haïtiano-dominicaine spécifiant que chaque Etat de l’île s’engage à défendre la souveraineté de l’autre par-devant les instances internationales.

L’Histoire jugera.

 

 

 

Crédit: Lis Bell/CANAL+HAITI

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