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Diasporama: Interview exclusive avec Bernadette Leger Guirand, vice-presidente de ‘La Gonave Development Corporation’ et leader Communautaire de la Floride !

Written on:mars 5, 2012
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Née à Pointe-à-Raquettes, commune de l’ile de la Gonave, après ses études primaires, Bernadette Léger   part  pour la Capitale haitienne, Port-au-Prince, où elle poursuit ses études secondaires et universitaires. Graduée avec mérite, Ingénieure électronique, elle bénéficia d’une bourse d’étude de l’Ambassade de France en Haïti pour une maitrise en Informatique de Gestion. De retour, elle mena  une carrière multidisciplinaire : professeur de mathématiques et Informatiques, Ingénieur en Télécommunications et en Systèmes d’information,Consultant, Chef d’entreprise et Leader communautaire.

 Quelques années plus tard, elle devint Madame Bernadette Léger-Guirand.

  Madame Guirand laissa son pays natal, Haiti, en 1999 pour immigrer vers la Floride, USA où elle s’acquitta de deux tâches, la gestion de sa famille de quatre (4) enfants et celle de ses activités socioprofessionnelles. Depuis Juillet 2006, elle tourna son regard vers Haïti et consacra une bonne partie de son temps à la promotion de l’ile de la Gonave, comme pôle stratégique de développement socioéconomique d’Haïti. De ce fait, Elle incorpora, dans l’État de la Floride, l’organisation dénommée « Gonave Development Corporation » avec un groupe de compatriotes, professionnelles, œuvrant dans la diaspora.

 Actuellement , l’ingénieure Léger-Guirand est représentante du chapitre GRAHN-Gonave et est membre honoraire du Conseil Universitaire de l’ile. Elle est aussi mandatée pour représenter le « Lions Club » de La Gonave.

  A la recherche des vraies valeurs haitiennes éparpillées à travers la planête, c’est avec un immense plaisir que « DIASPORAMA » vous  présente en direct de Tallahassee , capitale de l’Etat de la Floride, USA, l’une des sommités de la diaspora haitienne, l’ingénieure Bernadette Léger-Guirand,  dans une interview exclusive…

 

D.-Madame Bernadette Léger Guirand, depuis quand avez-vous laissé Haïti?

BLG.-13 Février 1999

D.-Pour quels motifs avez-vous laissé votre pays ?

BLG.-Plusieurs, toutefois le plus important est la poursuite d’un environnement stable et  sécuritaire pour accompagner mes enfants tout en garantissant une continuité harmonieuse des rêves que je caresse pour « La Gonave », mon île natale, depuis mon enfance.

D.-Dans quelle(s) condition(s) avez-vous laissé votre terre natale ?

BLG.-C’était le carnaval, j’avais programmé des vacances pour ma famille en Floride, sachant que si tout se passe comme je me   l’imaginais, nous allions nous y établir.

D.-Pouvez-vous nous parler de vos activités professionnelles ou universitaires ?

BLG.-Je suis ingénieure, diplômée de la Faculté des Sciences de l’Université d’État d’Haïti. Je détiens aussi une maitrise en Méthodes Informatiques Appliquées à la Gestion des Entreprises (MIAGE) de l’université de Paris-XI, Orsay et l’université de Toulouse III. Je fonctionne aujourd’hui en qualité d’entrepreneur, indépendant contractant ou consultant.

D.-Quels pays avez-vous visités avant de vous établir définitivement aux USA ?

BLG.-Visiter. J’ai visité soit aux fins d’études/travaux ou loisir plusieurs pays,   d’Europe, de la Caraïbe, de l’Amérique Latine et l’Amérique du Nord sans avoir eu aucune intention ni désir de m’y établir.

D.-Quelle relation développez-vous avec la communauté haïtienne de la Floride ?

BLG.-Mes activités de représentation et de promotion culturelle dans le cadre de la Fondation Joseph Laurore m’ont aidée à créer un espace au sein de la  communauté haïtienne de La Floride, notamment dans les rapports parents à institutions scolaires ou judiciaires et les agences de service social.

D.-Existe-t-il   des associations pouvant défendre les intérêts des haïtiens là où vous êtes ?

BLG.-Oui, pas assez ou pas structurées adéquatement pour constituer une voix de défense respectée.

 D.-Qu’est-ce que vous appréciez chez les américains et que vous aimeriez retrouver chez les haïtiens ?

BLG.-Les Américains accordent une très grande importance au maintien d’une qualité de vie. Comme les haïtiens, ils sont travailleurs et persistants. Ils sont de surcroit organisés autour d’un idéal commun. Ce que, nous autres Haïtiens, nous ne sommes pas arrivés à incarner consciemment et de manière soutenue.

D.-Qu’est-ce qui a pu vous captiver en territoire américain ?

BLG.-Le sentiment d’abondance.

 D.-En ce moment, Quels liens entretenez-vous avec Haïti ?

BLG.-Mon époux vit en Haïti depuis 2008 et offre ses services à la FDS, notre Alma Mater, en qualité de membre de conseil de direction.

D.-Quels genres de support apportez-vous, actuellement, à la Patrie-Mère ?

BLG.-Support – Depuis 2006, je suis engagée dans une démarche pour instituer le plan stratégique de développement socio-économique durable d’Haïti par la création de la Zone Économique Spéciale de La Gonave. Ce plan fut introduit au       GOH par le groupe GDC (Gonave Development Corporation) dont je suis la vice-présidente. Des accords de partenariats furent signés avec les différents élus locaux de La Gonave, des protocoles et correspondances furent échangées avec le Gouvernement Central. Une Commission Interministérielle nous servait d’homologue, Un avant-projet de loi est présente à la chambre basse du parlement haïtien, attendant d’être discuté et promulgué. Projet de loi qui porte sur la     création de ZES en Haïti, La Gonave comme expérience pilote ainsi que les    autres lois d’accompagnement.

D.-Comptez-vous retourner vivre définitivement en Haïti ? Si oui, sous quelles conditions ?

BLG.-Oui, bien sur. Il ne saurait avoir de conditions. Je retourne chez moi. <Qui pourra me séparer de l’amour de ma Patrie ?>

D.-Parlez-nous de vos bons et mauvais souvenirs d’Haïti ?

BLG.-Difficile !  Je dirais tout d’abord, comme bons souvenirs, ce serait tout ou presque : Mon enfance à La Gonave, l’espace marin que j’avais à observer chaque jour avec un regard perdu, un sentiment d’infinité, le paysage pittoresque d’arbres géants, l’abondance des fruits, l’abondance des astres et          leur proximité au petit jour. J’ai eu la chance, au cours de mes quatre années d’études universitaires, de voyager dans l’arrière pays soit en prospection géologique, soit pour loisir avec d’autres collègues haïtiens et  étrangers. Pendant cette période là, j’ai        pu explorer des espaces marins et sous marins, des scènes      panoramiques, des ressources naturelles que très peu de gens de ma génération peuvent s’imaginer. Cette communion     avec la nature Haïtienne me retient très souvent dans un état de            contemplation, je me trouve toujours visualisant une Haïti verte,  belle et prospère. Je vois défis et opportunités.

            Coté, mauvais souvenirs : Je dirais encore tout. Pour résumer, disons que je comprends le mensonge mais j’aime la vérité. En Haïti, malheureusement, tout ce qui n’est pas tangible est mensonge. Notre histoire est construite sur un ou des mensonges, notre culture est tissée de mensonges, toute notre science est mensonge et vanité.  Mensonge/Marronnage – Vertu/Hypocrisie, Monstre charmant que nous nourrissons à tort ou à raison !

D.- Quels sont vos espoirs pour la jeunesse haïtienne d’Haïti ?

BLG.-Beaucoup ! Cette jeunesse, génération de 1986, comme on la qualifie souvent demeure l’espoir d’un renouveau en Haïti, du moins je le souhaite.  Elle dispose de deux atouts majeurs : la première est qu’elle a pu se défaire ne serait-ce qu’en partie, du carcan de vertu avec ses corollaires, le péché et la peur     que ma génération et celles d’avant héritent des croyances religieuses     qui ont été imposées. Le deuxième est qu’elle   bénéficie de    l’apport des     Technologies de l’Information et la Communication      (TIC/NTIC), ce qui     défie    l’isolement intellectuel et émotionnel et de ce fait  renforce la foi en un   lendemain différent voire meilleur selon les choix où les    voies dans lesquelles elle s’engage.

D.-Quels sont vos espoirs pour la jeunesse haïtienne de l’étranger (de la diaspora) ?

BLG.-La réponse précédente vaut aussi pour la jeunesse Haïtienne de la Diaspora car  avec l’exploitation et l’usage des TIC, les deux se rejoignent et se partagent leurs préoccupations aussi bien que leurs expériences et espoirs.

D.-Quels conseils donneriez-vous à la diaspora haïtienne concernant son pays d’origine ?

BLG.-Le temps est venu de regagner nos lieux de naissance pour les embellir. Je leur dirais de ranimer leur foi en Haïti, d’ailleurs nous sommes Haïti.

D.-Qu’entendez-vous par aide au développement durable ?

BLG.-Investir.

D.-Pouvez-vous faire le distinguo entre « aide pour le développement durable » et « aide humanitaire » ; laquelle de ces problématiques choisiriez-vous pour Haïti et pourquoi ?

BLG.-Un collègue ingénieur me dit récemment et je cite : ‘Si j’étais président, j’exigerais toute institution humanitaire à quitter le pays et/ou sursoir sur tout apport en aide humanitaire quand bien même cela aurait pénalisé les couches les plus fragiles de la société haïtienne’. Cela parait caricatural !    Cependant, il faut repenser, réorganiser, restructurer, intégrer l’aide  humanitaire pour qu’elle devienne efficace, utile, productive. Il    faut restituer la dignité de nos compatriotes. Nous sommes arrivés trop loin,  nous sommes sur le point de tout perdre. Pour le moment, nous n’avons qu’un choix : Investir nos      ressources, nos énergies dans un programme de développement durable audacieux et gigantesque à l’image de ce que la GDC prône depuis bientôt 6 ans.

            C’est    l’unique façon de renverser la vapeur. Il faut que l’Homme Haïtien puisse se remettre à rêver, rêver grand, rêver long terme !

D.-Que pensez-vous de la présence de la Minustah en Haïti ?

BLG.-Un mal !  Peut-être nécessaire, mais un mal. Une tâche d’encre dans notre histoire, celle peut-être la plus honteuse depuis l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines (ndlr: père de l’Indépendance haïtienne).

D.-Devrait-on remobiliser et réhabiliter les FADH ? Pourquoi ?

BLG.-Je ne dis ni oui ni non. Je dirais seulement que les FADH revêtent d’une  connotation négative qu’il faudra décortiquer, mettre à nue pour  extraire les valeurs réelles d’une force armée  en Haïti, pour Haïti. Certains disent  que les FADH n’étaient pas au service du pays, pour ce il ne faudrait pas les réintégrer. Je dirais aussi que le système d’éducation nationale n’a jamais été au service d’Haïti, il faudra alors fermer toutes nos écoles.     

 D.-Les haïtiens devraient-ils rester indéfiniment sous la coupe de la communauté Internationale ?

BLG.-Je ne comprends pas. Personne ne nous oblige à rester sous la coupe de la communauté internationale. Cela change. Ce changement est inévitable et s’accélère. Il nous faudra, comme je disais tantôt, créer l’homme haïtien pour qu’il devienne consciemment maître et créateur de sa destinée.

D.-Bernadette Léger Guirand, Votre vie est-elle une réussite ? Autrement dit, avez-vous réalisé le rêve de votre vie ?

BLG.-Pas encore !  Je n’ai pas encore réussi à débloquer harmonieusement le divin en moi pour qu’il profite au plus grand nombre. Mon rêve est pour Haïti, en Haïti,   plus particulièrement à La Gonave.

D.-Quelle est la question primordiale que nous ne vous avions pas posée, quelle en est la réponse… et donnez-nous le mot de la fin ?

BLG.-Mon mot de la fin est un souhait. Je souhaite que nous puissions rester  consciemment solidaires et défenseurs des intérêts de notre patrie commune. AYIBOBO !

D.-Madame Bernadette Leger Guirand… CANAL+HAITI ONLINE NEWS vous remercie pour votre support dans le cadre du Mouvement de la Reconstructiond’Haïti, de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.

BLG.-C’est moi qui remercie « DIASPORAMA », CANAL+HAITI ONLINE NEWS et ses lecteurs. Vive Haïti !

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Andy LIMONTAS pour DIASPORAMA/CANAL+HAITI ONLINE NEWS

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  1. bonswa sé mwen se ak anpil plezi mwen ap li bél inisyativ ke ou pran mwen se yon gonavyen mwen ta renmin konnin adrés paske sa intérse mwen pou mwen patisipe nan projé pou leve la goanve

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