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France/Haïti/Hollande/Esclavage: «L’impossible réparation» pour Hollande.

Written on:mai 11, 2015
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Francois Hollande, Jean-Pierre Bel, Christiane Taubira et Victorin Lurel, hier à la cérémonie dans les jardins du Luxembourg à Paris./Photo AFP

Francois Hollande, Jean-Pierre Bel, Christiane Taubira et Victorin Lurel, hier à la cérémonie dans les jardins du Luxembourg à Paris./Photo AFP

François Hollande a souligné hier «l’impossible réparation» des ravages de l’esclavage, «outrage fait par la France à la France», à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Une «impossible réparation». Mais un devoir de «mémoire, de vigilance, de transmission». C’est en substance ce qu’a déclaré, hier, François Hollande à l’occasion de la journée nationale des mémoires, de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Mais sans tarder, cette déclaration sur l’impossibilité de «réparer» le passé de la traite négrière – qui a commencé au XVIIe siècle dans les colonies françaises jusqu’à son abolition définitive le 27 avril 1848 sous l’impulsion de l’homme politique philanthrope Victor Schoelcher – ne convient pas à tout le monde. Hier, le Conseil représentatif des associations noires (Cran), a décidé de poursuivre en justice la Caisse des dépôts et consignation pour avoir, selon elle, tiré profit de l’esclavage en recueillant notamment la «rançon» imposée à Haïti pour «payer» son indépendance (lire ci-contre).

«Une note à payer» ne suffit pas

«L’impossible réparation» est aussi pour le président de la République une citation qui rend hommage au poète antillais Aimé Césaire, dont on célèbre cette année le centième anniversaire de la naissance. «Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini ? Non, ce ne sera jamais réglé», a dit M. Hollande, en écho à cette figure de la vie martiniquaise, célébrée au Panthéon.

«L’histoire ne s’efface pas. On ne la gomme pas. Elle ne peut faire l’objet de transactions au terme d’une comptabilité qui serait en tout point impossible à établir», a ajouté le chef de l’État en présence de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Celle-ci, originaire de Cayenne (Guyane) est à l’origine de la loi de 2001 reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Entre le milieu du XVIIe à la fin du XIXe siècle, la France a déporté plus d’un million d’Africains. Dès lors, la question de l’indemnisation des victimes de l’esclavage reste en suspens Outre-mer. La grève générale qui paralysa les Antilles en 2009 ou à La Réunion à la fin des années 90 a démontré combien ces sociétés demeurent minées par d’inextricables problèmes économiques, sociaux et identitaires. Aujourd’hui, certaines associations conflictualisent la mémoire de l’esclavage en faisant miroiter l’obtention de réparations financières pour chaque descendant d’esclaves ou encore pour le paiement d’une dette qui assurerait, entre autres, l’indépendance des Antilles.

Credit:  CANAL+HAITI avec LaDepeche/G.C.

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