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Haïti/Crise : Mes Réflexions sur l’avenir d’Haïti.

Written on:septembre 25, 2019
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  A un très proche du Président Jovenel, qui voulait mon avis hier matin (Mardi 24 Septembre) avant que ce dernier s’adresse à la Nation, j’ai donné les conseils suivants:

1-Qu’il prononce une parole nouvelle et qu’il évite les formules creuses et ridicules telles que l’annonce d’une nouvelle Commission de réconciliation ou la démission immédiate du Premier Ministre William Michel et de son Gouvernement, sans avoir obtenu au préalable un accord de principe avec l’opposition.

Quel serait la nature de cet accord? Il s’agirait d’obtenir une trêve durable pour arriver à une date précise pour l’ouverture d’un vrai dialogue national sans à priori et sans refus de tout inclure dans les discussions, même le mandat du Chef de l’État.

2-Qu’il dise une parole qui étonne, qui surprenne, qui résonne avec toutes les strates sociales et qui engendre l’espoir telle que la réduction de son mandat, telle que la formation d’un nouveau CEP véritablement neutre parce que conçu de la manière la plus rationnelle , crédible et objective possible avec pour objectif des élections générales en Octobre 2020.

3-La politique étant un rapport de force, le Président doit faire de vraies concessions et éviter de répéter qu’il tend la main à l’opposition. Car ce geste magnanime est posé seulement quand on est en position de force et d’autorité, ce qui est loin d’être son cas aujourd’hui.

Vu la gravité de la situation socio-économique, la détérioration de nos institutions politiques et les dures et tragiques épreuves de pillages, de casses, d’agressions, de vols, de viols, de criminalité généralisée et de banditisme auxquels est soumise, confrontée et exposée la population haïtienne sans distinction de classe ou de culpabilité, je m’attendais à un bien meilleur discours de la part du Président de la République. Un discours d’ailleurs délivré et prononcé à une heure si tardive que le premier mandataire de la nation pouvait donner l’impression à de nombreux observateurs qu’il l’avait prononcé malgré lui ou que subconsciemment il se rendait compte qu’il s’adressait à la nation beaucoup trop tard.

Il craignait peut-être aussi que loin d’apaiser la situation, il n’ engendre de plus grandes incertitudes et une plus grande instabilité. Une chose est certaine, sans le dire pleinement et crûment, il a signifié au PM nommé M.William Michel et à tous les membres du Gouvernement de ce dernier qu’ils sont en chute libre et qu’ils ne seront vraisemblablement jamais installés. C’est triste pour tous ces jeunes Ministres plein d’avenir, mais qui ont, peut-être, fait preuve d’empressement et d’un manque de discernement patent avant de se lancer dans cette aventure.

Ma déception est grande. À un moment où n’importe quoi peut maintenant arriver à n’importe qui n’importe où, à la capitale comme en province, le Président a, une nouvelle fois, confié la sécurité de la population à un PM démissionnaire qui, pour des raisons de sécurité personnelle, se réfugie et passe plus de temps au Palais national qu’ à la Primature, son lieu de travail habituel.

A ceux-là qui critiquent, blâment, jugent, condamnent le peuple et le traitent de tous les noms tels que nèg sal, nèg sòt, ti zòrèy, deprave, chimè et trouvent qu’il manque de maturité, qu’il se laisse et se fait manipuler, il n’en est rien. Je rappellerai que ce sont les mauvais choix de nos décideurs économiques, les politiques publiques déficientes, les actions ineptes ou inactions de nos décideurs politiques, l’ambivalence et les tergiversations des leaders des autres secteurs de la vie nationale, les injustices et les inégalités sociales inacceptables et trop criantes, l’impunité et l’arrogance des voleurs des « bandits légaux, la misère abjecte, la pauvreté crasse et le désespoir terrible de la population dans sa grande majorité et surtout à travers sa jeunesse qui nous plongent figurativement et littéralement dans la merde.

Quand un pays disparait sous des décombres de détritus de toute sorte, partout sur toute l’étendue du territoire national, quand un Parlement s’autodétruit dans la matière fécale, dans des dénonciations et accusations quotidiennes, quand deux Premiers Ministres s’enfoncent dans un silence assourdissant face aux luttes tantôt violentes tantôt perfides au sein du secteur privé, aux meurtres, assassinats, aux kidnappings, aux viols et autres agressions quotidiennes contre des citoyennes et citoyens, à la fermeture des écoles, quand un Président est incapable, selon le vœu de la Constitution, de garantir la bonne marche des institutions destinées à servir les besoins fondamentaux de la population, il faut s’attendre à ce que tout peuple digne de ce nom se révolte et manifeste son mécontentement, sa colère, son ras le bol.

Dans tout pays démocratique où l’un des piliers est constitué par l’État de Droit, personne ne songerait à inciter quiconque et encore moins le peuple à la violence. Mais tout autant que des bandits légaux, des flibustiers, des dilapideurs des fonds publics, des prédateurs et des oppresseurs économiques, politiques et sociaux continuent de creuser le fossé entre les riches et les pauvres, de réduire la classe moyenne à néant, de casser les rêves d’une jeunesse et l’espoir de toute une population, les manifestations, les casses, l’anarchie et le kraze brize plausiblement risque de continuer. Simple logique.

Quant au peuple qui est dans les rues ces derniers temps, il est loin d’être le sauvage que les analystes de salon pensent. Mais, il le deviendra vraiment si les élites économiques, politiques, sociales continuent d’ignorer ses revendications de justice sociale, de meilleure répartition des richesse du pays et ses aspirations de mieux être pour elle et sa progéniture.

Un peu de respect et de solidarité pour la lutte et les reformes sociales réclamées, et pour lesquelles cette population verse son sang chaque jour.

Et c’est pourquoi je demande au secteur privé et spécialement au Forum Économique de se ressaisir et faire preuve de leadership au lieu d’afficher, au grand jour, ses divisions à la manière du secteur politique, en vue de présenter en concertation avec les forces vives du Pays une proposition sérieuse de sortie de crise à la nation. J’ai bien dit une proposition sérieuse. Très différente des notes précédemment produites par le monde des affaires, qui étaient souvent truffées de généralités désolantes.

De votre attitude, de votre positionnement, de votre engagement, dépend un dénouement heureux ou malheureux de la crise socio-politique que confronte le pays. Vous devriez pouvoir donner l’exemple de l’Harmonie dans la Diversité, comme des Arc-en-Ciel en restant unis et soudés, même en ayant et soutenant des points de vue différents ou opposés. C’est dans les situations de crise, de danger de désintégration d’une Nation qu’on reconnait les vrais leaders.

M.Bernard Craan, homme modéré, jouit d’une certaine respectabilité dans le Pays, ne le laissez pas partir. Il vous sert bien de bouclier et de porte-parole.

Comme nos voisins bourgeois, soyez à l’écoute du peuple. Entendez ses cris de désespoir et ses appels au secours.Vous êtes dans une unique position d’éloigner du Pays la menace constante d’instabilité politique ayant pour corolaire la perturbation fréquente des activités économiques. Votre implication dans la résolution des nombreuses crises qui déstabilisent le pays et l’économie devrait pouvoir aider à endiguer les manifestations sauvages, la brutalité aveugle et la violence incontrôlée .Vous pouvez arrêter tout cela. C’est votre devoir, c’est votre mission d’Elite. Et, aujourd’hui, elle est plus pressante que jamais.

Utilisez, sans plus tarder, votre influence et vos moyens légitimes pour convaincre tous les protagonistes de la crise haïtienne à s’asseoir ensemble et trouver la meilleure solution pour le Pays.

Aucun sacrifice n’est trop grand pour ce Pays qui appartient à nous, tous. Le secret de polichinelle a été dévoilé largement partout sur la toile et est connu de toute la population: vous avez toujours été les véritables faiseurs et « défaiseurs » de Présidents, de Ministres, de Députés, de Sénateurs, de Directeurs Généraux. Mais dans l’ombre…

Maintenant que certains d’entre vous donnent l’impression de faire leur mea culpa et de chanter le requiem d’un système, qui n’a fait que produire pauvreté extrême et misère chronique, dont vous avez profité depuis plus de deux siècles, devenez ouvertement et en plein jour des « Rédempteurs » de la Patrie, et, avec ce Petit Reste de femmes et d’hommes de bonne volonté, participez activement à l’accouchement de la Nouvelle Haiti et à la refondation de la Nation. Étonnez les oiseaux de mauvaise augure et soyez des hommes et des femmes de la RUPTURE. Autrement tout est possible…

Père Jean-Miguel Auguste
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