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Haïti/Crise/Média: Le cri de Serge Klang.

Written on:septembre 25, 2019
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Le journaliste Serge Klang

Il n’est plus temps de dénoncer, il faut sévir.
Le pays est pris en otage par quelques Sénateurs et autres politiciens qui agissent à visière levée, en toute impunité, entourés de membres de leurs gangs respectifs.


• Le Sénat et la Chambre des Députés sont saccagés à plusieurs reprises.


• Un jeune voyou, qu’un Sénateur avait fait entrer de force dans la salle des débats, s’improvise Président du Sénat. On les remarque, ensemble et complices, sur plusieurs photos.


• Le vrai Président du Sénat est agressé physiquement dans son bureau en présence de ce même Sénateur.


• Un autre Sénateur, évoquant à tort la légitime défense, dégaine son arme et fait feu, blessant trois personnes dont un photoreporter de l’Associated Press. Il repart sans être inquiété. Le tout a été filmé et photographié.


• La Ministre des Sports est attaquée et ne doit sa survie que dans la fuite.


• Les votes de certains Sénateurs sont achetés pour ratifier le PM nommé Michel pour la somme de US$100,000 chacun. Certains avouent publiquement. Cela s’appelle de la concussion. Dans tout autre pays qu’Haïti ils seraient immédiatement mis en garde-à-vue et déchus de leur immunité parlementaire. Ils continuent à se pavaner comme si de rien n’était.


• Personne ne cherche à savoir si le PM lui-même s’est rendu coupable de cette tentative de corruption.


• La preuve est faite aujourd’hui que la présumée « pénurie » d’essence qui a paralysé le pays pendant plusieurs jours – et qui continue à créer la pagaille – était programmée. À qui profite ce crime ?


• Le Président de la République se tait, et se terre chez lui… « Tout va très bien, Madame la Marquise » ! Il a perdu toute autorité, et toute crédibilité.


• L’opposition dite radicale est divisée et n’offre aucune alternative viable, aucune sortie de crise valable. Dimanche, lors d’un appel à manifester qui était censé renverser Jovenel Moïse, elle n’a réussi à mettre dans les rues qu’entre 1000 et 2000 personnes selon l’ambassade de France. Au nom de qui parle-t-elle ? Au profit de qui agit-elle ?


• Les forces de l’ordre sont aux abois. Manque d’effectifs, de matériel adéquat, de motivation, elles sont épuisées et ne savent pas comment gérer ces petits groupes d’agitateurs, très mobiles, insaisissables, et qui sont passés de la stratégie de « peyi lock » au rançonnement des automobilistes. J’ai moi-même été à deux doigts d’en être victime hier, lundi. C’est un pickup de la CIMO, arrivé par hasard et au bon moment, qui m’a sorti de ce très mauvais pas. Je n’ai pas pu retourner chez moi.


• Les provinces aussi sont en ébullition, mais isolées les unes des autres. Les communications inter-villes ou interrégionales sont pratiquement impossibles.


• À l’intérieur des grandes agglomérations, des quartiers entiers sont devenus des zones de non-droit, sous la coupe de chefs de gangs lourdement armés qui y font régner leur loi.


• Les écoles, le commerce et l’industrie, les administrations sont paralysés.
• Le pays étouffe et se meure… à petit et à grand feu.


• Le cri général qui résume tout est : « Nou pa kapab ankò »


Je disais en commençant qu’il n’était plus temps de dénoncer, mais qu’il fallait sévir… ce qui est sans doute plus facile à dire qu’à faire.
Une chose est certaine : si des mesures drastiques de rétablissement de l’ordre ne sont pas prises immédiatement, nous allons tous vers un embrasement général et violent qui se soldera sans doute par de nombreux morts, partout et dans toutes les couches de la population. Les armes prolifèrent, gros et petits calibres. Nous sommes sur un baril de poudre que la moindre étincelle peut faire exploser à tout moment.


La seule question qui vaille d’être posée est : qui a l’autorité, les moyens et la volonté d’opérer cette reprise en main ?


1. Certainement pas nos Forces Armées d’Haïti… pour des raisons évidentes.


2. Le pouvoir exécutif est inopérant et déconsidéré. Mais face à la dégradation de la situation, il peut déclarer l’État d’Urgence… mesure à double tranchant !


3. Le pouvoir législatif est, à quelques très rares exceptions près, pourri jusqu’à la moelle.


4. J’ai déjà dit ce que je pensais de nos forces de l’ordre. De plus, elles sont à égalité de force avec les gangs, et n’ont pas de pouvoir décisionnel : elles ne sont que le bras armé de la Justice.


5. Il ne reste donc que la Justice.


Elle seule a l’autorité de sévir contre des contrevenants parfaitement identifiés, et dont les crimes et délits divers sont largement documentés.
Il appartient donc aux Commissaires du Gouvernement de lancer des mandats d’amenée contre les plus en vue de ces « bandits légaux », et de commencer à tracer des exemples. C’est l’impunité qu’il faut éradiquer en premier.


Ce n’est que lorsque quelques « grosses têtes » tomberont que la confiance et un faible espoir renaîtront, et que le calme progressivement reviendra.


Sinon, ce sera un bain de sang général qui se terminera sans doute par une occupation étrangère… une de plus !

Crédit: Serge KLANG

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