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Haïti/Société: « KRIFA » lance le projet de Préparation et d’Accompagnement à la réinsertion des Femmes détenues dans les prisons.

Written on:mai 29, 2019
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L’organisation féministe, basée
à Carrefour (banlieue Sud de Port-au-Prince), « Kri Fanm Ayiti » (KRIFA), a lancé officiellement en présence des représentants de la société civile, de la coopération internationale, des autorités Pénitentiaires, le projet de Préparation et d’Accompagnement à la réinsertion des Femmes et Mineures détenues dans la prison civile des femmes de Cabaret le vendredi 24 mai 2019 à ladite prison située sur la route nationale #1.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Accès à la Justice et Lutte contre l’Impunité en Haïti (AJULIH) » mis en œuvre par Avocats Sans Frontières Canada (ASFC).

La Coordonnatrice de KRIFA, Mme. Guerlyne RESIDOR, en a profité pour remettre au Résponsable de la prison un téléphone fixe permettant aux détenues de prendre contact de très souvent avec leurs proches.

KRIFA, à travers ce projet, souhaite jeter les bases d’une « CULTURE DE REHABILITATION » en Haïti afin de réduire le taux de la récidive et de la déléquence en générale.

La Coordonnatrice de KRIFA a exprimé également sa gratitude envers tous ceux et toutes celles qui ont contribué à l’élaboration de ce projet dont les interventions répondront aux besoins et priorités des détenues.

Ci-après, nous publions in-extenso, le discours circonstentiel, de Mme Guerlyne RESIDOR, Coordonatrice de KRIFA:

Monsieur le Chef de Mission de Avocats Sans Frontières, M. Apollinaire FOSTO,

Monsieur le chef de Cabinet du Protecteur du Citoyen

Monsieur le représentant du service des Droits Humains de la MINUJUSTH

Monsieur le représentant du Bureau des Droits Humains en Haïti,

Madame la représentante du Comité de Coordination Multisectorielle,

Monsieur le représentant du Cabinet d’Avocat spécialisé en litiges stratégies des Droits Humains,

Monsieur le Responsable de la prison civile des Femmes de Cabaret,

Mesdames, messieurs les autorités Pénitentiaires,

Mesdames les membres de Kri Fanm Ayiti,

Mesdames les détenues,

Mesdames, messieurs en vos rangs , titres , grades et qualités

L’honneur m’échoit de prendre la parole devant vous ce matin pour procéder au lancement officiel du Projet de réinsertion et de réhabilitation des détenues de la prison civile des Femmes de Cabaret.

Je voudrais tout d’abord, au nom de la coordination de Kri Fanm Ayiti (KRIFA), vous remercier d’avoir bien voulu prendre part à cette cérémonie.

J’en profite pour remercier Avocat Sans Frontières Canada qui a compris qu’aujourd’hui le monde a surtout besoin de l’audace de la liberté, de l’exigence de l’égalité et de la volonté de la fraternité. C’est à travers cette volonté de solidariser et de fraterniser qu’ils nous ont permis de bénéficier de ce projet dont l’objectif final est de permettre aux détenues de pouvoir mener une vie digne après leur remise en liberté.

J’exprime également ma gratitude envers tous ceux et toutes celles qui ont contribué à l’élaboration de ce projet dont les interventions, je l’espère, répondront aux besoins et priorités des détenues. La responsabilité qu’ils m’ont confiée est un honneur dont je mesure la gravité.

Jadis, les contrevenants aux normes établies dans la société étaient mis à mort. Pendaison, chaise électrique, lapidation et autres. Mais avec le temps, nous avons compris que ceux qui ont dévié méritent en tant qu’humain une deuxième chance. D’où, comme l’explique Michel Foucauld, la mission de la prison est de surveiller et punir. Punir sans déshumaniser. Oui, il ne faut pas voir la prison comme une fin, mais comme un moyen pour réhabiliter et resocialiser l’individu en vue de sa réinsertion dans la société.

Malheureusement, au fil des ans, la prison semble déviée de sa mission initiale. La passion de punir semble prendre le dessus sur notre humanité. Nous avons tendance à oublier que ceux qui croupissent dans l’enfer carcéral sont des humains qui jouissent aussi des droits proclamés par la déclaration universelle des droits de l’homme, par le pacte international relatif aux droits civils et politiques et par l’ensemble des règles minima sur le traitement des détenus.

En effet, suivant les idéaux de ces conventions, les détenues devraient bénéficier du droit à l’éducation, au logement, à la santé, à une alimentation de qualité etc…
Mais malheureusement chacun de nous ici présent connait les conditions de détention dans les prisons haïtiennes, ce qui fait d’elles de véritables écoles du crime.

Cependant, pour que nos prisons cessent d’être de véritables écoles de crime, il est impératif que des projets de réinsertion et de réhabilitation y soient réalisés. Avocat Sans Frontières Canada et Kri Fanm Ayiti ont compris que le temps que les détenues passent en prison peuvent leur être bénéfique si nous le mettons à profit.

C’est dans cette optique, qu’un ensemble d’activités d’apprentissage comme des cours de reliure, des cours de carrelage et des cours de produits détergents sont prévus dans le cadre du projet. Nous voulons donner à nos détenues ce qui leur manquait et qui, peut-être, les ont conduites ici.

A travers ce projet, KRIFA souhaite jeter les bases d’une « CULTURE DE REHABILITATION » en Haïti afin de réduire le taux de la récidive et de la délinquance en général.

Ce projet constitue la preuve de la matérialisation dans le glaive du réel de notre engagement à œuvrer pour le respect des droits des catégories les plus vulnérables.

Nous savons que les risques sont élevés, mais fort heureusement KRIFA sait pouvoir compter sur tous ses partenaires, notamment l’office de la protection du citoyen pour mener à bien la tâche considérable et exaltante qui l’attend. KRIFA sait aussi pouvoir compter sur une équipe dynamique et dévouée.

Parallèlement, nous allons continuer nos plaidoyers pour le respect du droit à la présomption d’innocence, le droit à un procès équitable pour que l’accès à la justice que nous prônons dans nos discours devienne une réalité.

Je ne saurais terminer mes propos sans saluer les efforts consentis par le staff de KRIFA pour rendre possible cette journée. Blaise, Esther, Rachel, Iphania, Anne Guerny pour ne citer que celles là.

KRIFA est chanceuse de pouvoir compter sur vous.

Guerlyne RESIDOR
Coordonnatrice générale
(509) 3616-1434/ 3333-8160/ 3630-5094
krifanmayiti@gmail.com
Carrefour, Mon repos 50#10

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