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Haiti/Canada/Coopération: « Diesel-Canada » construit une usine de vêtements à Croix-des-Bouquets.

Written on:décembre 27, 2012
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Joelle Adler, P.D.G. de Diesel Canada

Joëlle Adler,  la P.D.G. de Diesel Canada, à la tête d’un  groupe d’investisseurs, est  en train de monter une usine de textile haut de gamme en Haïti dénommée « Leadership in Energy and Environmental Design (LEED) » dans la commune de Croix-des-Bouquets à travers un projet intitulé « Révolution industrielle II » (en anglais Industrial Revolution II).  La construction de cette usine est présentée comme un partenariat entre le groupe dirigé par Joey Adler, la communauté locale et les employés, informe un article du journal The Gazette, Montréal.

Selon les explications d’Allison Lampert, l’auteur dudit article, l’idée de créer une usine textile haut de gamme, moderne,  dans un pays en développement, est  venue  à Joëlle Adler (Joey), il y a six ans, au Rwanda.  Mais le moment et le lieu ne convenaient pas tout simplement.

C’est seulement après avoir effectué plusieurs visites en Haïti en vue de distribuer des aliments, des médicaments et de l’eau aux victimes du terrible séisme du 12 janvier 2010 que  Joey Adler, philanthrope et P.D.G. de Diesel Canada, a enfin  trouvé l’endroit approprié pour concrétiser sa vision sous une forme plus équitable de confection de vêtements.

Évoquant ces allées et venues incessantes en Haïti, aux lendemains du séisme, la responsable de Diesel Canada a confié à un journaliste : « Ces huit voyages ont changé ma vie. .. Après le tremblement de terre, je me suis dit que  c’est le lieu et le moment. »

A la fin de l’année, Révolution industrielle II – la société fondée par Adler, avec, parmi les membres du conseil d’administration, des personnalités notoires comme l’acteur hollywoodien  Matt Damon – ouvrira  une usine moderne, avec  profits  partagés qui emploiera  environ 200 ouvriers  du secteur manufacturier.  Pour  la nouvelle année, les travailleurs seront formés sur  une machinerie de haute technologie  avec  impression numérique pour transformer le tissu provenant  de l’usine  Tricots Liesse Inc.  basée à Montréal  en  une usine de vêtements haut de gamme en tricot sous la marque qui sera bientôt,   IRII (Industrial Revolution II).

D’après l’article d’Allison Lampert,  cette entreprise d’Adler est inhabituelle, non seulement parce qu’elle prévoit de réinvestir la moitié des bénéfices des entreprises dans les services comme les repas gratuits pour les travailleurs, mais aussi parce que les vêtements  qui y seront confectionnés s’adresseront à un marché riche de designers au lieu des détaillants bas de gamme ou des fabricants.

« La production doit  démarrer  au printemps », informe-t-elle.

L’ouverture de Révolution industrielle II arrive lors d’un  cours d’introspection dans l’industrie textile sur les droits des travailleurs, après le pire incendie ayant détruit une usine de confection à la fin de novembre au Bangladesh. L’incendie, qui est maintenant appelé un acte de sabotage, a fait 112 morts, pendant que certaines allégations rapportées par Associated Press laissaient croire que le propriétaire de l’usine n’a pas réussi à assurer la sécurité de ses travailleurs.

«Le feu du Bangladesh est terrible et vraiment déprimant pour moi à voir», a laissé entendre Mme Adler.  Se référant à l’usine construite en Haïti, elle affirme :  «Une partie de notre responsabilité ne sera pas seulement de partager nos bénéfices, mais aussi d’assurer les meilleures conditions de travail pour les membres de notre équipe. »

Adler, 52 ans, ouvre la nouvelle entreprise en Haïti tout en poursuivant un MBA à temps partiel, à un âge où la petite et  énergique grand-mère pourrait facilement penser à une retraite imminente. Adler, qui a pris les rênes de Diesel Canada après la mort de son mari Louis Adler d’un cancer en 2003, en faisant croître l’entreprise de 30 à 100 travailleurs, a personnellement investi dans Révolution industrielle II, qui est également financée par des prêts et, éventuellement, une subvention de l’USAID.

«Beaucoup de gens pensent que je suis folle», a-t-elle reconnu.

L’idée de  Révolution industrielle II, qui est venue  à Adler en visitant une usine de confection moderne au Rwanda, était réalisable en Haïti en raison du «talent et de la résilience» des travailleurs haïtiens, et de la présence d’une industrie textile bien établie dans une pays où les entrepreneurs produisent des vêtements de base pour de grands fabriquants  tels que la société  montréalaise  Vêtements de Sport Gildan  Actiwear Inc. de Montréal.

Qui plus est, le Canada et les États-Unis donnent un accès préférentiel aux importations en provenance d’Haïti. En vertu du tarif du Canada aux pays les moins avancés, Haïti a le droit d’exporter la plupart des produits, y compris les textiles et les vêtements, au Canada en franchise de droits et sans contingentement.

Même si Adler estime que l’”industrie de la mode a besoin de changer son modèle», des ateliers clandestins qu’elle a visités, elle reconnaît que la fabrication de textiles crée des emplois et elle continuera à jouer selon certaines règles du marché. Révolution industrielle II, par exemple, ne paiera pas des salaires plus élevés que les autres usines haïtiennes.

Au lieu de cela, elle a prévu de réinvestir. Pour chaque dollar de profit, 30 cents vont à des projets jugés importants par la communauté locale tels que la contribution d’écoles ou la construction d’une clinique. En outre, 20 cents vont aux services directs pour les travailleurs, y compris les repas quotidiens gratuits et une petite pension.

«Nous sommes à la recherche d’une entreprise qui a du sens, pas de la  philanthropie», a-t-elle souligné.

« L’essentiel est que la structure des prix est la même. C’est que nous, les entrepreneurs, faisons  des profits qui font la différence », conclut Joelle Adler.

 

Crédit: Bernard Sillias

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