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Haïti/Coopération : « Les ONG ont tout déstabilisé, c’était un État parallèle à l’État », dixit Michel Martelly.

Written on:mars 2, 2014
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 _1aDurant sa tournée européenne de  la semaine dernière, le président Michel Martelly a fait certaines déclarations extraordinaires et surprenantes au sujet de plusieurs problématiques haïtiennes du moment, dont son opinion concernant la classe politique traditionnelle haïtienne et surtout l’épineux dilemme des ONG opérant en Haïti,   à  ce sujet, M. Martelly remet ça, au cours d’une interview qu’ il a accordé a notre consœur belge « RTBF-Belgique », en tant qu’invité du programme: « Le Grand Oral/Le Soir ».

 

Nous retranscrivons in extenso, à votre intention,  quelques extraits de ce fameux entretien qui, depuis lors, a fait couler beaucoup d’encre et de salives dans le panorama politique haïtien tant d’Haïti que de la diaspora.

CANAL+HAÏTI

 

INTERVIEW :

RTBF-Belgique.- Haïti n’est-il pas un pays sous perfusion aujourd’hui ? Certains le décrivent comme la république des ONG, avec 90% des moyens attribués à Haïti qui sont gérés par les ONG elles-mêmes ?  

 Michel Martelly.- Les ONG ont joué un rôle qu’elles ne devaient pas jouer. Elles ont tout déstabilisé parce que l’État s’est effondré à partir de ce moment. Même les cadres les plus performants n’ont pas voulu intégrer l’administration publique mais plutôt les ONG qui étaient plus aptes à payer.

 

RTBF-Belgique.-Elles ont détruit l’État en quelque sorte, les ONG ? C’est ça que vous dites ?

MM – Oh oui, oh oui. Il y avait un état parallèle à l’état. Mais je dirais quand même qu’au moment du séisme, elle ont joué un rôle important. Parce que, à ce moment, puisqu’on avait pas la culture du séisme, il s’agissait de survie. Donc, ces ONG sont intervenues pour apporter de l’eau, offrir à manger et apporter des vêtements, des matelas, un peu de tout.

 

RTBF-Belgique.-Vous voulez dire qu’on n’a pas respecté le fameux adage :  » Si tu donnes un poisson, un jour il aura à manger. Si tu lui apprends à pêcher, il aura à manger toujours « . Pour le moment on a donné du poisson, on n’a pas appris à pêcher ?

Michel Martelly.-  On n’a pas appris à pêcher, d’une part. Mais, d’autre part, on aurait pu aussi recommencer la reconstruction avec cet argent.

RTBF-Belgique .-  Jean-Claude Duvalier, l’ex dictateur, accusé de crimes, circulait librement dans le pays et était présent aux commémorations du 210ème anniversaire de l’indépendance en début d’année. Cela veut-il dire que vous êtes toujours dans la logique de l’amnistie que vous prôniez lors de votre campagne électorale ?.

 Michel Martelly.- Je n’ai pas invité Jean-Claude Duvalier aux festivités du 1er janvier 2014. J’ai invité les neuf anciens chefs d’état, qui vivent encore à Haïti, à se joindre à moi pour la célébration du 210ème anniversaire de notre indépendance. Parce que j’ai pensé que cela valait le coup ! Moi, je regarde Haïti, je me dis qu’Haïti ressemble à un pays où il y a eu la guerre. La guerre nous a ravagés. On s’entredéchire, on s’entretue. Il y a des secteurs qui s’affrontent constamment. Ou bien on est Duvalier ; sinon, on est Lavalas. Aujourd’hui on est peut-être Khawly, on est Martelly. Et, on n’accepte pas nos différences. Moi, c’est là que . je fais la différence justement.

 

RTBF-Belgique.-Vous êtes pour la réconciliation?

 Michel Martelly.- La réconciliation ! Et moi, je suis plutôt tolérant à ce niveau. J’ai fait l’expérience au sein de mon orchestre.

 

RTBF-Belgique.- Vous êtes à la fin de votre mandat. Que vous dites-vous : je suis là pour un mandat et relancer la machine, ensuite je me retirerai. Ou je vais y rester longtemps ?

 Michel Martelly.- Moi je dis aujourd’hui que je suis en politique. Bon ., je ne peux pas nier que je suis aujourd’hui politicien. Mais je n’ai jamais voulu être un politicien, j’ai toujours voulu faire du développement. Et, au pays, relever le niveau de vie, favoriser les plus démunis. J’ai toujours été dans le social et c’est ce qui m’intéressait. Mais parce qu’il n’y avait pas de gens à s’intéresser à faire ce boulot donc, j’ai décidé de le faire. Et donc, un mandat, cinq mandats, vingt mandats , trois jours qui me restent, pour moi cela importe peu.

« L’opposition en Haïti est emmerdante, car elle veut bloquer l’avenir des gens »

 

RTBF-Belgique.- Estimez-vous qu’être président est plus difficile que ce que vous aviez estimé ? Est-ce difficile d’être président ?.

 Michel Martelly.- Ce qui est difficile, c’est que parfois vous avez une opposition qui n’a rien de mieux à proposer et qui se contente à vous bloquer. Ça c’est dur, et cela devient, pas difficile, mais excusez le mot : emmerdant !

 

RTBF-Belgique.-Vous n’aimez la contradiction ? Vous n’aimez pas l’opposition ?

 Michel Martelly.-  Non, je suis pour. Je vous ai dit que j’étais tolérant. Vous avez une opposition chez vous, il y en a partout ! Mais je vous ai dit tantôt que le cas d’Haïti était particulier. Une grande majorité de la population n’a pas accès à l’eau potable, donc on ne peut pas jouer avec cette situation. Une grande majorité de la population n’avait pas accès à l’éducation. Donc, on ne peut pas se battre entre nous ou bien bloquer le développement parce qu’on veut le contrôle du pouvoir. Il faut être sérieux.

 

RTBF-Belgique.-Vous trouvez qu’il faudrait une démocratie un peu réduite, une sorte de dictateur éclairé ?

 Michel Martelly.- Bon, la démocratie est ce qu’elle est. La dictature ne m’intéresse pas, le pouvoir en lui-même ne m’intéresse pas. Le développement m’intéresse. Mon ambition c’est de pouvoir changer Haïti et faire en sorte que ces images – qu’on vous montre tout le temps d’Haïti – que ces images ne soient plus sur le petit écran.

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  1. zephir says:

    Bonjour, un chaleureux applaudissements pour Monsieur Michel j.marthely pour son courage extraordinaire de montrer aux hommes politiques passant qu’avec la volonté on peut faire beaucoup de choses car si chaque président avait agit comme lui notre pays aurait été autrement chapeau bas président marthely bravo.map toujou ave’w

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