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Haiti/Crise Politique: Discours d’investiture du nouveau PM. Fritz A. Jean

Written on:février 27, 2016
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FRITZ-ALPHONSE JEAN PREMIER MINISTRE, HAÏTI

FRITZ-ALPHONSE JEAN PREMIER MINISTRE, HAÏTI

Son Excellence Monsieur le Président Provisoire de la République,

Monsieur le Premier Ministre sortant,

Monsieur le Vice-président du Sénat,

Monsieur le Président de la chambre des Députés,

Mesdames, messieurs les Ministres,

Honorables Sénateurs et Députés,

Monsieur le Président de la Cour de Cassation,

Hauts Dignitaires des trois pouvoirs de l’Etat,

Ami(e)s du Corps diplomatiques et consulaires,

Ami(e)s de la communauté internationale,

Madame la Présidente de la CCIH,

Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Sud,

Cher(e)s ami(e)s du quatrième pouvoir,

Cher(e)s invité(e)s,

Mesdames, Messieurs. 

Monsieur le Président de la République, je vous remercie de la confiance placée en ma personne. Choisir a certainement été difficile dans le contexte actuel où tout le monde veut servir et proposer leur expertise. 

Je me félicite néanmoins de cet engouement légitime et je tàcherai de mettre à contribution ce désir de chacun de servir son pays pour avancer et réussir avec plus de chance.

Monsieur le Président, je suis conscient que la principale mission que vous me confiez est de gagner la confiance de tous les acteurs, partie prenante de cette crise politique aiguë. J’accepte d’occuper la Primature avec un esprit de dépassement, de concorde et de grande humilité.

Chaque arrivée d’une nouvelle équipe au pouvoir, chaque ouverture d’une situation exceptionnelle suscite un ensemble d’espoirs de changement et au bout du compte, à la fin de l’expérience, à l’enchantement du début prennent place les déceptions et les désillusions.

Sur plusieurs décennies, notre pays a par conséquent cumulé un ensemble de frustrations dues à des promesses non tenues. Les progrès souhaités ne sont pas arrivés et les problèmes non résolus ont créé des paralysies et une situation de moins en moins gérable.

Trente années après l’ouverture de la transition démocratique, notre pays se trouve en face de gros défis issus de nos errements. Aujourd’hui, il s’agit de se mettre ensemble, de lier nos énergies pour faire naître la volonté de faire les choses autrement.

Il s’agit autant de sortir le pays de l’improvisation et le faire entrer dans une nouvelle ère de planification, de rendre fonctionnelles ses institutions pour réorganiser l’Etat, le réorienter en fonction des services à fournir à la population.

Prendre en compte les besoins de la femme et de l’homme haïtien, agir désormais en fonction de la quête du bonheur du peuple haïtien, voilà ce que doit être la mission principale de l’Etat. L’Etat de droit où chaque citoyen est égal devant la loi, où chacun est comptable de ses actes. Cet Etat qui inspire confiance où les entreprises prennent en compte leurs responsabilités sociales, le devoir de partage pour la restauration et le rapatriement de notre dignité tant individuelle que collective.

Avec le chef de l’Etat nous avons une mission courte, mettre tout le monde ensemble, faire participer tout le monde dans la construction de la base qui provoquera à plus long terme le miracle de la renaissance haïtienne ! 

Dans l’urgence, nous devons créer les conditions nécessaires à la réalisation d’élections crédibles, honnêtes et transparentes et, parallèlement, rétablir la stabilité macroéconomique en procédant au redressement des finances publiques.

Nous sommes venus pour permettre par des actes et des gestes citoyens le retour de la confiance entre nous, dans la divergence mais dans une finalité de concorde.

Les défis sont énormes, mais en regardant d’où nous sommes sortis, prenons comme modèle la mise en commun de nos ancêtres et leur leitmotiv « L’union fait la force » pour doper nos esprits et notre énergie, pour partir gagnants !

Monsieur le Président, en concertation avec vous et l’ensemble des secteurs concernés, et particulièrement le Parlement, nous ne tarirons pas d’efforts pour adresser les préoccupations de la population, et nous assurer que la paix et la stabilité, garantes de son mieux-être, règne. Les choix sont difficiles, et nous aurons à agir avec intelligence, discernement, mais aussi avec fermeté et rigueur.

Il nous appartient d’entreprendre des actions dans le très court terme, qui certes, adresseront les urgences, mais seront aussi structurantes de façon à poser des jalons pour le long terme.

Merci.

Fritz Alphonse Jean, 

Premier ministre

Palais national, le 26 Février 2016  

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