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Haïti/Culture : 50 ans de création de l’Institut de Danse, Lynn Williams Rouzier, « la danse c’est ma vie »

Written on:juin 2, 2016
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Pradel Henriquez

Focus sur Lynn Williams Rouzier dont l’Institut de Danse  implanté depuis belle lurette  au Quartier de Sainte Therese, à  Petion Ville,  fête  en ce mois de mai 2016, ses 50 ans d’existence. Plus que l’école de danse, en effet, au point vue institutionnel ou matriciel,  c’est Lynn Williams Rouzier, elle- même, en tant que personne, qui m’intéresse, ici, dans cette petite réflexion sur la danse, à l’occasion de son merveilleux spectacle du samedi 21 mai 2016, au Caribe Convention Center, à Pétion Ville. Après Kalalou, Ogoun Nation Nago, Fête des Guédés, Haiti Pays nou Bel, Clairmesine, La Descente des Colliers, la Belle au Bois dormant  en 1976,  Casse Noisette, en 1984, Giselle en 1979, le ballet des Revenants en 1981, Don Quichotte en 1983, La Sylphide en 1977, Le lac des Cygnes en 1978, pour ne citer que quelques unes de ses/ces nombreuses  créations de l’Institut de danse Lynn Williams Rouzier, durant ces 50 ans d’existence, le plat de résistence,  c’est à dire, le spectacle des 50 ans au jour J s’intitulait donc La Bayadère. Il s’agit d’un ballet en quatre (4) dont à peine un seul acte a été joué, en réalité, par les artistes de l’Institut de danse,  pour auréoler cette immortelle soirée des 50 ans, dans une chorégraphie d’ensemble mixte où interagissent toutes sortes de rythmes aisément entre ballet classique, ballet jazz, folklore,  jazz modern, hip hop… lwr1

Pour un corps de ballet, c’est l’un des ballets “les plus difficiles”, nous confie Marynn Rouzier, danseuse star  de la troupe, qui semble par ailleurs prendre la relève et qui vit déjà à notre avis, la prise en charge,  la gestion de l’Institut de danse  dirigé depuis sa création, par sa mère, Lynn W. Rouzier,  comme un héritage à sauvegarder, un regard projeté dans le temps, un mouvement vers l’avenir.  Ce spectacle repris par l’Institut de danse Lynn Williams Rouzier au Caribe en Haiti, le samedi 21 mai écoulé, et qui me fait penser aux amours impossibles de Roméo et Juliette, traduit lui aussi , à un tout autre niveau cette fois, et sur une toute autre planète, voire dans un tout autre contexte de création, les amours contrariées d’un noble Guerrier (Solor) pour une Danseuse ( Nikiya), une artiste qui aime selon son coeur, dans la version originale créée le 23  janvier 1877, au théâtre Bolchoi Kamenny de Saint Petersbourg, (on est dans la Russie du 19e siècle)  par le chorégraphe célèbre Marius Petipa. Celui-ci est alors Maitre de ballet des Théâtres Impériaux de Saint Petersbourg, (l’actuel Kirov). Notons que La Bayadère sera interprétée plusieurs fois, avec le temps, à l’Opéra de Paris dont une représentation en 1974 et une autre en octobre 1992.  Loin d’être un spectacle en soi, un spectacle de plus dans le lot des productions de Lynn Rouzier, j’ai vite compris qu’il sagissait de préférence d’un beau pré-texte pour honorer la danse universelle, pour lwrhonorer aussi les danses haitiennes, ainsi que les grands artistes qui ont joué un rôle important dans l’évolution de ces différentes cultures, parfois singulières, parfois croisées, en même temps qu’il s’agissait  effectivement de démontrer de manière majestueuse, que la possibilité de leur cohabitation scénique, esthétique, sur le podium du Caribe, dans le cadre d’une chorégraphie multiforme, voire multiculturelle, est possible, un acquis, c’est un défi relevé. Au Coeur de tout cela,  certes, une grande dame , Lynn Rouzier, une artiste rigoureuse, exigeante, tout en restant douce, on ne peut plus. Mais, comment être une femme aussi forte de tempérament, de caractère au quotidien comme en toute chose, et à la fois vivre sa vie d’artiste  avec un tel sens d’humanisme, avec une telle humilité.  Ainsi, Lynn Williams Rouzier, c’est d’abord l’artiste,  qui habite une femme d’un corps physique tout petit, bourré de talents. Avec sa flamme, sa détermination, sa passion, sa fougue créatrice.  Puis, elle sera au mois de mai 1966,  la fondatrice de l’Institut de danse Lynn Williams Rouzier qui , en 50 ans d’existence, fera quasiment le tour du monde, soit quatre (4) continents, d’un  spectacle par an, la troupe de danse de madame Rouzier passe aisément au cours des dix (10) dernières années à moyennement 2 à 3 spectacles par an, gérant régulièrement (alors que la troupe n’en est partie  qu’à 19 élèves à sa lwr7naissance) près de 250 artistes de talents divers, de catégories d’âge divers, en incluant bien sûr les nombreux boursiers qui constituent pour Lynn Williams Rouzier tout un fonds de générosité, et toute une symbolique d’investissement de sorte que la société haitienne ne se rend pas toujours compte de ce qu’un tel travail d’encadrement apporte en définitive à ces jeunes, à leur famille, à leurs proches et au monde parfois. L’Institut de danse plus qu’un institut de formation et d’animation artistique, reste et demeure une grande famille qui permet à notre culture de voyager sans cesse, mais qui sert aussi de lieu d’accueil et de lieu de vie au sens où vivre c’est évoluer , c’est vivre son rêve. C’est faire ce qu’on aime. Et c’est la danse dans nos amours, qui l‘emporte…A représenter Haiti, sa culture et son chant. A être avant tout Haitienne, Haitien. A véhiculer partout  nos valeurs.  A représenter dis-je ce pays foutu de l’intérieur, un pays, un chant au sens o la danse est un chant/ champs absolu, c’est à dire, un lieu de tous les lyriques à la fois: corps, transe, mouvement, voix, chœur, silence, paraboles, symboles, parole, délires, vie intérieure, et rayonnements.  Des hauts et des bas sans doute.   Lynn William Rouzier est- alors agée de la vingtaine,  en 1966, enfin,  elle sera l’animatrice immortelle de l’Institut de Danse, le poumon,  tantôt la mère , tantôt la star. Mais toujours lwr10égale à elle- même, à son amour de l’autre , et à sa soif de partager. Ce samedi 21 mai 2016,  tout compte fait, pour cette soirée des 50 ans de l’Institut de danse, Lynn Williams Rouzier apparaitra plutôt comme une Diva, robe noire, moulant et solennelle, on aurait dit un couronnement de carrière. Dalida. Dans tous les sens. Dalida, ses habits, ses coups de tête. Sa chanson. C’est que j’ai vu Lynn William Rouzier, moi, s’agitant dans les coulisses,  gravitant une fois ou deux,  la scène. J’ai alors pensé un instant  à tous ces grands noms du spectacle universel, j’ai surtout pensé à nos stars , Lavinia Williams, si proche de nous,  Odette Wiener,  Viviane Gauthier, pour ne citer que ces grandes dames qui ont marqué notre folklore national.

Au fait, ce qui distingue cette soirée des 50 ans au Caribe,  d’une autre soirée, (je veux dire par rapport à une autre soirée) c’est  moins le spectacle vécu ici comme un combat permanent entre la tradition et la modernité, que cette hommage sincère rendue à Edmond Bailly, le danseur étoile, il était une fois,  de l’Institut de danse Lynn Williams Rouzier, l’homme qui consacra sa vie entière ou presque, à la danse,  dans un pays où un homme qui apprenait la danse,  qui se permettait de danser (qui danse encore) était (est) plutôt mal vu, par la société haïtienne. Bref, cette soirée, c’est cette flamme sacrée,  cette atmosphère empreinte de nostalgie. Ces témoignages qui présentent Lynn Williams Rouzier dans son élan professionnel, dans sa vérité crue, mais jamais dans un quelconque rapport au mensonge, ou à la fausseté. En effet, Lynn Williams Rouzier est si vraie, qu’elle peut être entière et brutale dans son jugement, jamais mesquine, jamais vulgaire. Toujours soucieuse de pédagogie, de transmission. Et si la danse, c’est sa vie à Lynn Rouzier qui le dit, qui l’assume,  dans sa vie de tous les jours, elle fait en effet plus que transmettre, Lynn Rouzier, elle s’oublie. A la danse , elle se donne, elle s’offre infiniment, comme si partout ailleurs, dans sa petite vie à elle, il y avait un acte manqué que seul la danse permettrait de combler dans l’absolu…

Crédit: Pradel Henriquez

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