Dallas Cowboys Authentic Jersey  Haïti/Diasporama: Haïtiens entre deuil et débats, à Stains (Seine-Saint-Denis), en France. | CANAL+HAITI
Google

Haïti/Diasporama: Haïtiens entre deuil et débats, à Stains (Seine-Saint-Denis), en France.

Written on:avril 16, 2012
Comments
Add One

Une foi évangélique grandissante qui inquiète certains de leurs compatriotes.

Il est 9 h 30 AM , ce dimanche 15 avril, près de 300 Haïtiens se pressent dans un hangar,  à l’église de Dieu des Rachetés, dans la zone industrielle de Stains, en Seine-Saint-Denis. Le drame du 8 avril est sur toutes les lèvres…

Lors d’une cérémonie religieuse, dans un autre quartier, un plancher s’était effondré. Une femme de 47 ans et une fillette de 6 ans sont décédées. Fritz raconte : « Toute la communauté haïtienne est attristée. Moi, je ne savais même pas qu’il y avait une église à cet endroit », chemin des Fourches. Les évangélistes ne se réfèrent pas tous au même prédicateur et prient dans des lieux différents. Pour le pasteur Lalanne Dieuseul, ces pratiques improvisées restent le vrai problème : « Pour des raisons de sécurité, nous avons quitté nos anciens locaux. Ici, dans ce hangar, nous sommes à l’abri. »

Des mètres carrés, il en faut. Car la foi évangélique est devenue majoritaire chez les Haïtiens du département. « Dieu, résume Fritz, nous permet de nous retrouver. Depuis la tragédie du séisme de 2010 dans notre île, notre besoin de nous réunir est encore plus fort. Nous sommes en prière avec nos amis et nos familles restés là-bas. »

Prier, mais en gardant les pieds sur terre

Ce culte, d’autres compatriotes ne le regardent pas avec autant de dévotion. Edwin d’Haïti est arrivé en France, il y a dix ans, comme réfugié politique. Aujourd’hui président du Mouvement d’union de la diaspora haïtienne pour Haïti (Mudhah), il regrette que la religion ait pris autant de place : « Le problème, c’est le manque de rassemblement autour de notre culture, de la politique. Prier le ciel, c’est bien, mais il faut aussi avoir les pieds sur terre. » Cet agent commercial craint même « un certain endoctrinement avec des croyants qui vivent de peu et donnent pourtant beaucoup d’argent au culte ».

Agir pour qu’Haïti redresse la tête, c’est aussi le combat de Bidry Dorsainvil. Ce juriste accompagne les Haïtiens dans leurs démarches administratives. « Ce culte, je ne suis pas contre, mais l’Évangile, c’est l’action aussi. Tous les jours sur le terrain, pas que le dimanche. »

Cet engagement patriotique et laïc, certains rêvent même de le transformer en un retour au pays. Mackendie Toupuissant, président de la Plateforme d’associations franco-haïtiennes (Pafha), s’est justement envolé ce week-end pour Port-au-Prince où il participe à la semaine de la Diaspora haïtienne. « Nous parlerons avec le gouvernement pour savoir comment aider les Haïtiens de France à revenir au pays où il y a tant à faire. Mais un retour, ça se prépare économiquement, professionnellement… Cela ne peut pas être qu’une prière. »

Il faut du concret et, aussi, rassurer sur l’état du pays. Fritz cite la remarque de son petit-fils : « Quand je lui ai proposé de l’emmener en vacances là-bas, il a dit non car il pensait qu’on allait se faire tuer dans la rue ! »

 

Credit : ValériePARLAN.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Kenny Britt Jersey