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Haïti/Diplomatie/Politique: Une diplomatie à la dérive…

Written on:novembre 4, 2012
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Pierre Richard Casimir, Ministre des Affaires étrangères et des Cultes

Pierre Richard Casimir, Ministre des Affaires étrangères et des Cultes

L’article de Herns Mesamours « Le gouvernement de Lamothe : deux chapeaux sur une tête vide ou le calvaire d’Haïti », paru dans www.ToutHaïti.com le 5 octobre 2012, porte à constater la triste dérive de l’actuelle diplomatie haïtienne.

 En effet, cette « diplomatie d’affaires… », qui promettait monts et merveilles, n’a toujours trouvé ni cap, ni capitaine.

 Parmi les innombrables bévues de nos récents diplomates propulsés, on ne sait comment, sur l’exigeante et délicate scène internationale, le discours – prononcé, le 2 octobre 2012, à la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne à Pétion-ville, par notre ministre des affaires étrangères, à l’occasion des célébrations de la réunification de l’Allemagne – est symptomatique de cette dérive.

 Le ministre Pierre Richard Casimir a eu, sous le sourire narquois de tout le corps diplomatique, à faire I’éloge du président de la République fédérale d’Allemagne, Christian Wulff.

 Or, à la suite d’un scandale hautement médiatisé, Wulff démissionnait de ses fonctions en janvier 2012. Il a été remplacé par Joachim Gauck le 18 mai suivant, au premier tour du scrutin, avec 80 % des voix.

 Cet incident diplomatique a été rapidement « désinformé » par la presse locale, qui a parlé de l’éloge de Casimir à Joachim Gauck.

 Malgré l’aide substantielle accordée par l’Allemagne à Haïti après le séisme de janvier 2010, le commun des mortels n’est pas tenu de connaître les subtilités de la politique allemande.

 Notre ministre des Affaires étrangères n’est, quant à lui, nullement tenu de suivre l’agenda politique de toutes les nations.

 Cependant, à un moment où l’économie allemande paraît gouverner les destinées de l’Europe, où Angela Merkel est désignée la femme la plus puissante du monde et où son pays est un acteur essentiel à l’équilibre de la planète, certaines questions se posent : l’ambassade d’Haïti à Berlin, fait-elle un suivi régulier des rapports diplomatiques de base à Port-au-Prince ? Existe-t-il, à notre chancellerie, des fonctionnaires en charge de l’Europe, veillant à la révision des discours de notre premier chancelier, dans le but de nous éviter certaines gênes au niveau international ?

 N’est pas diplomate qui le veut.

 En diplomatie, l’improvisation, les générations spontanées n’ont jamais existé.

 Les diplomates latino-américains, tout comme ceux des pays d’Afrique et du Commonwealth, ont été, souvent malgré eux, formés par les puissances coloniales.

 Contrairement à l’opinion de certains esprits chagrins, la diplomatie haïtienne n’a pas toujours été une sinécure, une prime à la paresse pour partisans zélés, une cage dorée pour adversaires politiques gênants. Malgré notre faible structure économique et les aléas de nos politiques internes, nos diplomates ont pour la plupart, et Dieu seul sait par quels sacrifices et don de soi, porté haut l’idéal haïtien au-delà de nos frontières.

 Haïti ne peut et ne doit pas continuer sa dérive sur la scène internationale.

 Nous ne pouvons pas, malgré le désir de quelques démagogues improvisés bannissant l’histoire, faire de l’économie de prestige, après avoir été représentés par des diplomates de la trempe de Jean Price Mars et Émile St-Lot.

 

Crédit : Marie Thérèse Désinor

 

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