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Haïti/France: En Haïti, Hollande tente de réparer sa maladresse.

Written on:mai 14, 2015
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François Hollande et son homologue haïtien, Michel Martelly, mardi à Port-au-Prince. Crédits photo : HECTOR RETAMAL/AFP

François Hollande et son homologue haïtien, Michel Martelly, mardi à Port-au-Prince. Crédits photo : HECTOR RETAMAL/AFP

Une chaleur écrasante. Un champ de Mars, place centrale de Port-au-Prince, ultrasécurisé. Deux drapeaux, français et haïtien, qui flottent dans une brise moite. Le tout sous le regard de Toussaint Louverture, qui a mené la lutte victorieuse pour la libération des esclaves haïtiens au XVIIIe siècle, et dont la statue est plantée au cœur de la place.

Sous une tente dressée pour l’occasion, François Hollande a redit à son homologue Michel Martelly que la France se tenait aux côtés d’Haïti et qu’elle accompagnerait son développement. Le président français a précisé: «Vous ne demandez pas d’aide, mais du développement. Vous n’avez pas besoin d’assistance, vous demandez de l’investissement.» Le chef de l’État a annoncé que la France apporterait à l’île son soutien en matière d’éducation et de formation des enseignants. Et ferait en sorte d’introduire les nouvelles technologies dans les établissements.

Par ses mots, le chef de l’État qui effectuait la première visite officielle d’un président français sur l’île, première république noire, a levé une ambiguïté. Depuis la Guadeloupe, dimanche, le chef de l’État avait souligné «l’exceptionnel combat pour la liberté d’Haïti», première colonie libre, qui a dû verser «une rançon d’indépendance» à la France jusqu’au milieu du XXe siècle. «Eh bien, quand je viendrai à Haïti, j’acquitterai à mon tour la dette que nous avons», avait lancé le président, lors de l’inauguration du Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre.

«Une dette morale, non financière»

L’Élysée, puis François Hollande lui-même, avait dû rectifier devant la presse, précisant qu’il s’agissait d’une «dette morale, non financière». Mais cette phrase maladroite a fait arriver François Hollande à Port-au-Prince dans un climat de confusion. «Cette déclaration a créé le buzz ici», reconnaît une source proche de l’ambassade de France en Haïti. «Il y a eu une incompréhension. Les Haïtiens s’attendent à des annonces financières. Cela a relancé le débat récurrent entre la France et Haïti.»

Parmi les personnes contenues derrière des barrières, certaines brandissent des pancartes barrées d’un slogan: «Hollande, l’argent, oui, la morale, non». Ou encore: «Restitution, réparation». D’autres slogans – «À bas la France» – sont plus violents. S’exprimant devant un parterre d’invités triés sur le volet, le président français a rappelé que notre histoire comptait aussi «ce passé douloureux de la traite et de l’esclavage», mais que la France «regardait son histoire en face». «Bien sûr, il y a l’histoire, on ne peut pas changer l’histoire, mais on peut changer l’avenir,c’est ce que je suis venu vous dire», a-t-il conclu.

Credit:  Solenn de Royer/LeFigaro

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