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Haïti/incendie: Le marché Hyppolite sous la proie des flammes

Written on:février 14, 2018
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MARCHE INCENDIE 2Dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 février 2018 le marché Hyppolite fut terrassé par un incendie, le plus grand marché et œuvre minutieusement restauré avait fait peau neuve en 2011 suite aux  dommages du  séisme de 2010, un marché ou des centaines de petits marchands et grands détaillants exposent au quotidien leurs produits.

HISTORIQUE DU MARCHE

« Le marché en fer » ou marché Hyppolite est le plus connu et le plus grand des marchés publics d’Haiti situé en plein cœur de la capitale Haïtienne, et l’un des plus emblématiques monuments de la ville..

Il fut construit au 19e siècle  dans les années 1891 sous le Gouvernement  du Président Florvil Hyppolite ; la structure métallique fut commandée en France, arrivée en pièces détachées, et fut assemblée dans la plus grande rigueur.

Le marché se présente sous la forme de deux hangars en fer d’une superficie d’environ de 2000m2, dès sa création il a toujours conservé les deux couleurs vert et rouge.

Le marché  fut plusieurs fois la proie des flammes, il était à l’abandon depuis le dernier incendie de 2008, et détruit entièrement par le séisme du 12 janvier 2010

« Le marché en fer » a été reconnu comme patrimoine historique  par I’ISPAN (l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National). Le coût des travaux s’élève à 18 millions de dollars, dont 12 millions ont été financé par Denis O’BRIEN le propriétaire de la compagnie Digicel. L’instruction a été donnée pour que la reconstruction  soit similaire au marché initial à son inauguration en1891.

L’inauguration du marché a eu lieu le 13 janvier 2011  en présence du maire de l’époque  Jean-Yves JASON, de la ministre de la Culture Marie Laurence Jocelyn LASSEGUE, du directeur général de l’Ispan, Daniel ELIE, du propriétaire de la Digicel Denis O’BRIEN, de l’ancien président américain Bill CLINTON, co-président de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti.

LE FONCTIONNEMENT AU QUOTIDIEN

Le marché basé au centre-ville de Port-Au-Prince loge un peu plus de 900 marchands et petits détaillants, on dénombre trois secteurs de ventes : les fruits et légumes, les  produits de beautés et les produits d’artisanaux.IMAGES INCENDIE HAITI

En ce qui concerne l’occupation du marché,  la plupart des marchands sont présent depuis 10, 15 ou 2O ans et plus. « Le marché c’est ma vie, j’ai quasiment tout réalisé grâce à cet emplacement que j’ai ici,  je vends au marché depuis près de 40 ans » raconte Jocelyne un regard impassible avec des larmes aux yeux, debout un mouchoir autour de la taille face au lieu de son gagne-pain…

Christophe raconte  «  C’est une espace où nous avons toujours vécu en frères et sœurs, qu’allons-nous donner aux enfants lundi pour aller à l’école ? »

Qui se charge de la sécurité du site une fois les occupants partis ?  «  Dans le temps il y avait un commissariat à proximité ça nous rassurait un peu » raconte encore Christophe.

Comment est organisée la sécurité des différents produits laissés dans les entrepôts ? D’après une source crédible la valeur marchande des produits brulés  s’élèveraient à des milliers de dollars américains, beaucoup de commandes de marchandises étaient en attente d’être livrées juste après le carnaval pour l’envoi à l’étranger.

L’INTERVENTION DES SOLDATS DU FEU

Le sinistre n’a laissé aucune chance aux riverains arrivées sur place afin d’effectuer les manœuvres  en vue  de sauver quelque butin.

D’après l’un des  responsables d’une caserne de pompiers arrivés sur les lieux quelques minutes  après le début du sinistre : « Pour être un habitué cet incendie n’est autre que d’origine criminelle le ou les auteurs ont utilisé de l’essence pour commettre le forfait». Plusieurs casernes de la zone métropolitaine ont été mobilisées pour maitriser  le feu mais les soldats face à l’ampleur du sinistre et le manque de moyens n’ont pas pu venir à  bout jusqu’à très tard dans la journée du mardi. Face à l’insuffisance d’eau sur place, et  c’est quasiment le cas partout depuis des années, l’absence d’eau dans les bouches à incendies dans le pays rend leur tâche très difficile et pénible.

UN PROFESSIONNEL TRAVAILLANT POUR UNE MULTINATIONALE PETROLIERE RACONTE…

D’après ce professionnel ayant travaillé 17 ans pour un groupe pétrolier international dans le secteur de sécurité et de défense de départ incendie, son interrogation se porte sur le montant investit pour la rénovation du marché  qui se chiffre à 18 millions de dollars américain et dont l’ouvrage pourrait ne pas correspondre aux normes de  sécurité  en vigueur.

Qui s’occupe de la sécurité du marché ? Est-ce-que les normes de sécurité ont été scrupuleusement respectées.  Pourquoi les extincteurs n’ont-ils pas été utilisés ? Combien sont-ils pour assurer  la surveillance de près de 2000 m2 de surface avec de la marchandise ?

Pourquoi les responsables de sécurité n’ont-ils pas utilisé  les extincteurs et activé  le dispositif d’urgence dans l’attente de l’arrivée des premiers secours ?   Qui s’occupe de la formation du personnel en matière de risque incendie ? Bon nombres de questions que les responsables de tout bord vont devoir répondre aux occupants qui dès demain seront en chômage technique.

LE MARCHE EST GERE PAR LA MUNICIPALITE DE PORT-AU-PRINCE

« Le marché en fer » est une Société Anonyme Mixte avec un capital de 12 millions de gourdes, sa construction  a coûté 18 millions de dollars américain. La mairie de Port-au-Prince sous l’administration de Jean-Yves Jason en 2011 était en charge de la gestion et avait fait une prévision budgétaire annuelle de 2 millions de gourdes. Chaque occupant paye une redevance leur permettant d’utiliser une espace pour entreposer leurs marchandises.

Le mardi  gras dernier jour du carnaval Haïtien où le cœur de beaucoup sont en fête, une large partie de ces commerçants qui ont tout perdu se questionnent sur leur avenir, car bon nombre d’entre- eux ont des prêts en cours, qu’il faut impérativement honorer. Il s’agit aussi d’assumer le quotidien  dans un pays où l’aide sociale est pratiquement inexistante. Le gouvernement fera-t-il un geste face à la situation ?

 

Crédit: Peterson HERCULE

presscaraibes@gmail.com

13 février 2018

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