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Haïti/Insécurité: De quoi est- il mort Wilhems Édouard… ?

Written on:juillet 11, 2016
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Wilhems Édouard

Wilhems Édouard

Il est assassiné, me dira- t- on. Cela va de soi.

Il est sorti de la banque, la BPH (Banque Populaire Haïtienne). Sur Pétion Ville, dans le quartier de Noveltex, magasin célèbre pour ses produits de beauté etc, et, juste en face de Caribe Tour, vendredi 8 juillet, soleil chaud, pleine matinée, 9h, am, 10h, a,m, 11h am, des Individus circulant a moto l’ont interpellé, l’ont intercepté, puis l’ont agressé , puis l’ont assassiné froidement, puis enfin, ont emporte sa valise dans laquelle, on suppose qu’il y avait de l’argent.

Et que Monsieur Wilhems Edouard sortait de la banque. On imagine encore tous les montants qu’il a pris à la banque , Monsieur Edouard. Certains vous diront 1 million, d’autres pronostiqueront, huit 8 mille. Mais huit 8 mille quoi…. Gourdes ou Dollars. Mais quels dollars. Haïtiens ou Américains. Bref.

Une fois, sur les lieux du crime, un juge arrive. les tueurs sont déjà partis . Bien entendu. Constat légal. Procédure classique. Le cadavre est emporté par qui de droit et est mis a la morgue. Que la petite famille se démerde. Et tout s’arrête là. Discours. Eloges. Veillées funèbres.

Enterrements. L’enquête se poursuit. Comme Jean Dominique. Comme Jacques Roche. Comme ces milliers d’autres durant ces 30 dernières années , soit de 1986 à aujourd’hui, dimanche 10 juillet 2016.

Wilhems Edouard est d’abord un poète. Marié, père de famille. Journaliste pas très connu comme tel, mais il l’était de son vivant, critique. homme de lettres, linguiste. Avocat. Spécialiste en droit d’auteur. Il est a ma connaissance , le seul spécialiste en matière de droit d’auteur en Haïti, avec un titre universitaire. DESS en gestion et politique culturelle de la Formation Internationale Culture (FIC), son diplôme validé par la Sorbonne en 1999, un an après mon DESS a moi. Lui et moi d’ailleurs, mêmes études, même école à Paris, Mais, moi j’ai opté pour la gestion du Spectacle Vivant, alors que Wilhems Edouard opta de son coté pour une spécialisation, recherche, études, mémoire de sortie en Propriété intellectuelle. On peut dire aussi, droit d’auteur et Droits voisins. . Idem.

L’important, c’est que Wilhems Edouard reste et demeure en Haïti une star en son domaine. Ni Raoul Denis Junior, Ni Madame Sybille T. Mews, ni même Boulot Valcourt, et compagnie, parmi les personnalités qui ont été les premières à interroger, chez nous, vers les années 90, cette question de Droit (s) pour nos artistes, personne n’a eu par la suite la passion que Wilhems Edouard finit par vouer a la Propriété intellectuelle en général.

Il arrive au Ministère de la Culture et de la Communication en ma présence, vers 1996 -97. Raoul Peck est alors ministre de la Culture. Cette année- la, je reviens de Cuba, et tout de suite, je pars pour la France, pour des études, tout Paris, toute la France, la Belgique, Brugges Gant, Ostande, le Canada, Québec Ottawa, Montréal, etc, c’étaient pour nous autres, Ronald C. Paul (spécialiste en développement culturel, Wilhems Edouard et moi) un véritable privilège de mener avec un sentiment merveilleux, un énorme parcours international, à rencontrer tous les meilleurs experts de toutes nationalités, tous les grands décideurs , en Gestion , Animation, Décisions, Politique de la culture, pour être capable de gérer le secteur de la culture dans notre ;pays. .

Wilhems me suivra pour ses études à lui, deux ans plus tard., promotion 1998- 1999. Brigitte Remer l’accueille. Imbattable Brigitte…et ses combats tentaculaires multiples pour sauver imposer cette école, notre FIC, la Formation internationale culture, d’abord dans les milieux socio professionnels français, puis, dans le monde.

Coucou donc, en passant à mon amour Brigitte Remer, Directrice de la Formation Internationale Culture, détentrice d’un doctorat universitaire avec une spécialisation dans le domaine du Théâtre..Folle de politique culturelle, Brigitte, elle avait un seul et unique souci, NOUS COMMUNIQUER à tous ses/ces étudiants venus du monde entier, nous communiquer sa folie. Love UU Brigitte qui m’a fait l’honneur un jour de venir en Haïti où elle nous a tous comme amis, et comme amours. Apprendre la mort crapuleuse de Wilhems Edouard, Brigitte doit vivre un choc.

Car comment imaginer, un instant, que dans ce 21e siècle remuant, polyvalent, passionnant, on tue, on assassine essentiellement les compétences. C’est certain que Brigitte Remer était en droit d’attendre à propos de Wilhems Edouard, son ancien élève en France, « de Haïti » (comme elle aimait à nous appeler) d’autres types de nouvelles, mais, pas celle-là…

A son retour de France, Monsieur Edouard devient directeur du Droit d’auteur au Ministère de la Culture. Puis suite au Mouvement GNB et le départ d’Arisitde en 2004, il est nommé Directeur général des Presses nationales. Ses déboires aux Presses nationales sont connues, toutefois, il arrive à s’en sortir, pour ne jamais revenir dans la fonction publique à ce niveau de fonction. Puisqu’un DG chez nous est presqu’une cible, tout Grand Commis en fait. De 2006 a récemment, il tourne donc autour du pot, reste bien discret, gère ses petits contrats en matière de Droit, il gère aussi sa famille, évolue au Conatel, Conseil national des télécommunications où je l’ai découvert pas longtemps, sans savoir par ailleurs qu’il offrait aussi activement ses services au Bureau Haïtien du Droit d’Auteur BHDA, aux cotés de mon amie Emmelie Prophete, la DG actuelle, son amie aussi. On est une génération en réalité, pas de doute . Et voir partir comme cela Wilhems Edouard, pour moi c’est plus qu’un choc, c’est un scandale, que ce jeune homme simple, inoffensif, qui a beaucoup souffert pour exister , pour survivre, pour s’imposer, dans ce pays, soit assassine comme un crime de plus, comme un crime de trop.

De quoi est- il mort, Wilhems Edouard…

Quand on sait que le crime aujourd’hui est devenu une vraie profession, en Haïti, avec des techniques, des méthodes, des instruments, des outils, des réseaux mafieux extraordinaires, des capacités étranges de brouiller les pistes, moi je crois, qu’il faut absolument mener une enquête sur ce crime crapuleux, barbare contre Wilhems Edouard, et que les coupables soient punis. Pas question de s’arrêter à une affaire de moto, pour se perdre ainsi dans les méandres des causes, des mécanismes, des raisons, des effets, des auteurs, complices , co auteurs, il faut mener une enquête. Je l’avais dit lors du meurtre du jeune Osner Fevry Junior, Avocat, les autorités doivent enquêter en toute lucidité quelles que soient les rumeurs, quels que soient les pronostics. Un cadavre , tout cadavre mérite respect, Tout crime mérite une enquête…

Crédit: Pradel Henriquez

 

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  1. Charly DORCE says:

    Haïti ne cesse pas de perdre ses trésors. Je suis on ne plus attristé en entendant cette pénible nouvelle. J’ai déjà apprécié l’auteur à travers son livre Rêve Obèse avant même de le voir face à face lors d’une séance de formation à l’Hôtel le Recul de Camp-Perrin sur le droit d’auteur. Il est l’un des pionniers défenseurs de la chose culturelle en Haïti. Sa disparition suscitera des doutes évidemment au sein de la société culturelle haïtienne. Je n’admire pas Edouard dans sa personne, mais j’admire plutôt son rêve et sa vision pour une réforme socio-économico-culturelle.

    Charly DORCE

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