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Haïti/Media: Bob Lemoine, l’audiovisuel haïtien se souviendra de toi.

Written on:mars 9, 2015
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bl4Dimanche 8 mars 2015, 8h30: L’audiovisuel haïtien est en deuil avec le départ de Bob Lemoine. L’homme à la voix d’or, à la voix de stentor, homme de radio, un ténor de la publicité, un pionnier du cinéma, un énorme talent du théâtre,… qui a marqué notre enfance et nos générations, Bob Lemoine, ancien codirecteur de radio Métropole, dans les années 70, est mort aux Etats Unis, ce dimanche 8 mars 2015, des suites d’un cancer du foie, lit-on.

En effet, l’audiovisuel haïtien de ces derniers jours est non seulement en deuil, (Petit coucou à mon ami, Sony Estéus), mais ce soir, dimanche 8 mars (jour de la femme et jour du décès de Bob Lemoine) notre audiovisuel est définitivement en chien comme on dit…Personne ne sait désormais à quel saint se vouer pour que les espaces radio, télé, presse écrite, haïtiens ( à la veille du numérique prévu pour Juin prochain, soit dans quatre 4 mois, en guise de repère important) entrent, de gré ou de force, dans une ère d’institution de noblesse, de classe, d’élite, ou de modernité, avec cette mission de tirer intellectuellement et moralement la société, la jeunesse, vers le haut, au lieu de descendre dans la crasse vertigineusement boueuse qui ne cesse de l’engloutir en permanence, en particulier depuis ces 15 dernières années.

Ainsi, par un hasard de circonstances horribles, (je suis soudain nostalgique) on est donc sorti dans ce pays malheureux, dans ce pays foutu au 21e siècle, on est sorti dis- je de Jean Dominique, sacré Jean, de Bob Lemoine, de Carlo Désinor, de Micheline Soukar, des êtres « vivants » qui nous faisaient rêver, pour entrer aujourd’hui, dans ces redoutables chimères au microphone. Ces derniers, en plus d’être des mafieux organisés, des dealers de drogue suspects, des blanchisseurs arrogants, des vilains voyous qui cherchent immunité, des riches illicites , immoraux, et des cancres volubiles, des maitres chanteurs, des petits malins voleurs et détourneurs de caisse publique, sous prétexte d’analyser je ne sais quoi, et de liberté d’expression, ont spectaculairement pris d’assaut la profession audiovisuelle, à la faveur de cette décadence globale, de cette chute totale, dans nos sociétés, de tout ce qui est déontologie, éthique valeurs, et scrupule.

Dans notre pays, on a fait de l’audiovisuel en général, le temple de la corruption autorisée, de l’argent sale et de l’argent facile. Ces individus au micro de la nouvelle génération ZENGLENDO, très loin d’un Bob Lemoine pourtant qui transpirait l’esprit et la rigueur, en matière audiovisuelle chez nous, ne manquent pas de polluer l’atmosphère audiovisuelle, ainsi que toute la société haïtienne. On en est la ce dimanche 8 mars, avec des morts sur notre conscience qu’a peine nous savons honorer…

Quelle est donc la valeur de nos morts dans une société ou l’être humain n’a nulle valeur. Quelle est la valeur de nos morts dans une société en chute libre ou la famille, l’église,. l’Etat, les institution stratégiques sont déjà parties foutre le camp avec tout ce qui est éducation et pudeur. Quelle est la valeur de nos morts , de ces morts qui nous ont formes, qui ont été des modèles, des pionniers, des inventeurs, des créateurs et qui font que nous sommes encore en mesure d’exister.

Qui était Bob Lemoine aujourd’hui décédé, Qui était- il vraiment , à coté des études qu’il a faites en Allemagne , en France, à coté aussi de sa collaboration brillante à Radio Canada, à la Voix de l’Amérique, au Journal de Montréal, à Radio Métropole, à la série télévisée locale, à la Télévision nationale d’Haïti, au Cinéma haïtien qu’il fonde quasiment avec Jean Dominique, les Widmaier, et j’en passe…

On sait bien enfin que le cinéma haïtien, plus du point de vue historique, que dans son déploiement sur le sens, le contenu, le rythme, les effets, l’espace, n’a rien à envier au cinéma universel qui prit naissance en 1895, avec les frères Lumière et que déjà, au lendemain même de cette « Arrivée du train à la Gare », on enregistre en Haïti, moins de quatre ans plus tard, vers décembre 1899, notre « Incendie » le tout premier film haïtien qui serait tourné dans la zone de l’actuel Champ de Mars haïtien.

On sait tout, on ne sait rien à la fois. On sait une chose, c’est que Bob Lemoine est parti pou l’au delà, laissant une famille, la sienne, entièrement passionnée comme lui, de son épouse, à ses petites filles dont certaines déjà ont collaboré avec moi, à Télémax , la chaine 5, vers 2005, 2006. en passant par Alessandra, Anne Daphnée… Laissant surtout un milieu audiovisuel national fini, foutu. Laissant, après tous ces efforts professionnels, émotionnels consentis, il en faut, un pays tout simplement sans cinéma. Comme si l’on était dorénavant chez les Vandales, ou chez les Béotiens…

Bob Lemoine , Vandales ou pas, Béotie ou pas, destructeurs singes macaques ou pas, pauvres d’esprit, ou pas, inventifs ou pas, l’audiovisuel haïtien se souviendra encore longtemps de toi…

Crédit: Pradel Henriquez/CANAL+HAITI

 

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