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Haïti/Media: L’ANMH, mission accomplie !

Written on:avril 12, 2015
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ANMH-300x881Ce samedi 11 avril 2015, on peut lire sur la page Facebook de Frantz Duval, rédacteur en chef du Quotidien le Nouvelliste, notre ami et collègue pour qui j’ai beaucoup de respect, qu’il existe désormais un nouveau Patron a la tète de l’ANMH, (Association nationale des Medias Haïtiens), c’est Monsieur Hérold Jean François. Celui ci remplace donc pour deux (2) ans, les 2 prochaines années, madame Liliane Pierre Paul qui a exercé son mandat de 2 ans jusqu’àterme.

Toujours sur la page Facebook de Frantz Duval, on lit par ailleurs, qu’à cote de l’actuel Président de l’ANMH, monsieur Hérold Jean François, il y a donc les membres du nouveau conseil de l’ANMH dont Liliane Pierre Paul, ancien (ne) Président (e) restée membre cette fois, Aruns Bellevue, Frantz Duval, Richard Widmaier, Léopold Berlanger, Max Chauvet, Patrick Moussignac, Jean Marc Appolon.

Il faut noter , il faut constater que cette nouvelle équipe de l’ANMH n’a en réalité rien de nouvelle vraiment. Des anciens nouveaux. Des nouveaux anciens. Ainsi de suite. Car, c’est comme si l’on était dans une chaise musicale, et qu’on tournait en rond (TI PAS KOUT) autour des mêmes éléments qui avaient dirigé dans le temps et qui reviennent ENTRE NOUS (je me souviens ici d’une ancienne émission de radio Haïti Inter, ENTRE NOUS). On dirait structurellement un cercle vicieux. le prototype de la mafia institutionnelle qui ne dit pas son nom mais qui agit comme tel. en sous main. Avec des CAIDS et des sous chefs, des intouchables et des bandits. la corporation elle même n’arrive jamais visiblement à se définir une ligne axée sur la des principes universels déjà, déontologiques et d’éthique, que tout le monde en soi respecte…

Attention, je refuse à ce stade de ma réflexion critique, de trop commenter, de trop subjectiver, de trop développer quoi que ce soit en ce sens. J’analyse à froid. Pas de cadeau. Le style c’est l’homme disait l’autre. J’ai, moi, personnellement, un style qui ne changera pas . Ni argent, ni compromissions, ni copinage. Pourtant, mon texte critique, contrairement à une certaine presse traditionnelle , chez nous, qui nie tout humanisme, qui nie l’autre dans ses forces et ses limites, qui détruit la réputation et qui va jusqu’à mentir souvent, mon texte doit toujours s’attacher à respecter les valeurs, l’éthique, la déontologie, l’amitié, l’amour. Ma liberté d’expression à moi, individu exerçant son droit à la parole, son sens critique, possède la vérité stricte comme limite. Elle finit, cette liberté d’expression, là où commence celle des autres quand ces autres n’ont rien de fake et que mon fake à moi, en revanche, n’aurait rien d’une poutre qui crève les yeux.

L’ANMH , je le dis haut et fort, tourne en rond en vérité. En plein, à la veille des élections présidentielles haïtiennes de 2015. En plein avec l’arrivée de l’ère numérique qui frappe à nos portes, et qui sera un coup dur pour la liberté d’expression dans notre pays justement. Après 15 ans d’existence , l’ANMH , faute de vision, et trop engloutie dans un passéisme on ne peut plus rétrograde, n’aura rien fait pour en arriver là à cette catastrophe qui consacre la fin de la presse en Haïti, la fin de l’audiovisuel, Bientôt, 17 juin 2015, soit dans 2 mois encore, on aura UNE PRESSE DE FACTO. Hélas. Puisqu’on avait toujours eu depuis toujours dans ce pays,. depuis 25 ans de la chute des Duvalier, notamment, une presse FLOUE, violant systématiquement les droits d’auteurs, et les droits humains en général (le droit d’auteur étant vécu plutôt parfois comme un élément des droits humains).

Ce changement à la tète de l’ANMH survient dis-je. En plein cœur d’une grave crise qui ne dit pas son nom dans le secteur médiatique haïtien ou des journalistes importants sont obligés constamment de se tourner vers la politique (candidat à la présidence, candidat au sénat, à la députation etc.) pour des raison inavouées. En plein au cœur d’un énorme scandale de corruption qui a sali récemment l’image de la corporation médiatique chez nous, dans un contexte d’ailleurs absolument inutile. Mon pays tourne en rond. La démocratie , ou les valeurs démocratiques tournent en rond, La transition démocratique en tant que processus continu, tourne en rond. Cette nouvelle équipe à la tète de l’ANMH nous montre clairement que là aussi, de l’autre côté du miroir, l’on tourne en rond. Hier, Liliane Pierre Paul a remplacé Hérold Jean François . Aujourd’hui, le même Hérold Jean François remplace Liliane Pierre Paul qui remplacera peut être Hérold Jean François. Comme si dans ce réseau de plus en plus vaste de medias aujourd’hui en avril 2015, qu’est l’ANMH, constitue de prés d’une cinquantaine d’entreprises médiatiques (radio télé , journal), (on en est a près de 700 institutions médiatiques en Haïti, formelles et pirates), il n’y (a) aurait que ces mêmes tètes toujours disponibles pour présider et orienter l’ANMH qui s’est effondré littéralement entre temps eu égard à sa mission même des origines, exprimée en 2001, année de sa création…DEFENDRE LA LIBERTE D’EXPRESSION.

LIBERTE D’EXPRESSION, que de crimes on commet en ton nom. Ce que l’ANMH doit comprendre, ce qu’il faut comprendre justement au 21e siècle de la liberté d’expression, c’est que les choses ont radicalement changé. La notion, le concept, de liberté d’expression n’est plus ce qu’elle (il) était dans les années 80 ou Duvalier chassait du temple, les journalistes, NON. C’est fini. L’une des bases de l’échec du pouvoir Martelly pour ces cinq dernières années est exactement de n’avoir pas compris cela. On ne revient pas en arrière. Le monde est en marche. Avec les nouveaux supports d’expressions, le développement vertigineux des véhicules divers et variés de la communication, les réseaux sociaux qui consacrent définitivement la parole LIBRE, au risque d’ailleurs de faire tous les excès inimaginables, la liberté d’expression vu strictement, à l’instar des années PINOCHET, STROESSNER, des années 60, 70, 80, 90, et, certes, comme au temps noir des militaires chez nous, (les bottes militaires étaient servies à piétiner les poètes, les journalistes, et les droits humains tout court) sous l’angle d’un combat à mener prend une autre forme aujourd’hui. L’ANMH qui est une force incontestable, en tant réseau organisé, a besoin très vite, de faire appel à une autre intelligence pour comprendre tout cela et changer de stratégie (ou de discours), pourquoi pas. Le sens du combat en soi ne devrait pas changer . Non. Tant qu’il y aurait la vie sur terre, se battre sera une urgence. Ceux qui vivent ce sont ce qui luttent nous dit Victor Hugo.

En 2015, ce n’est plus le sois disant monstre Aristide à conspuer comme en 2001. Aucun chef d’Etat ne peut tenter et réussir à implanter une nouvelle dictature, dans ce pays. Je le dis clairement avec les élections qui s’en viennent (ou qui n’auront pas lieu), aucun chef d’Etat ne réussira à bloquer la machine de la liberté d’expression. Aucun. Au contraire, l’ANMH doit franchement ENTRE NOUS veiller à ne pas être elle même une association qui impose sa propre loi, dans une société de hors la loi.

Ce même reproche qu’on ferait donc aux partis politiques haïtiens traditionnels ou les chefs sont choisis à vie, ou auto proclamés ouvertement ou tacitement à vie, ce même jeu , avec des nuances subtiles parfois, se joue ainsi au sein de l’ANMH qui n’a jamais changé d’orientation en fait malgré que le monde médiatique en général, est en train de basculer vers des progrès inouïs (financiers, offres d’information et d’éducation, offres culturelles, formation aux métiers de la communication, et de la presse en particulier, progrès au niveau éditorial, les bouleversements technologiques, le volet programmatique, les missions, les publics, les grands enjeux, bref…). Quel est le rôle de l’ANMH. Quelle est sa mission. Quelle est son utilité.

QUE FAIT L’ANMH. QUE NE FAIT PAS L’ANMH …

– Défendre les intérêts des patrons de presse. et des élites économiques en général, chez nous. Quel problème…
– Remplir une mission essentiellement politique, ou en est le problème…
– Défendre les intérêts de la profession, de la presse en général, des journalistes en particulier. Un echec poignant, tragique…Faux problème, fausse piste.
– Responsabiliser , réglementer la presse, . Faux problème , fausse piste.
– Se préparer à entrer dans l’univers numérique qui est le plus grand défi de tous les temps pour le secteur audiovisuel actuel, ici ou ailleurs. Néant.

Le Conatel se perd et bluffe ouvertement. L’Etat se fourvoie. La société voit rouge. Les patrons de presse en guerriers aveugles, fourbissent leurs armes, tout en étant incapables d’identifier les ennemis à abattre. Silence, on tire sur tout ce qui bouge. On crie à bas la dictature quand la dictature est toute autre. Faux débat, Fausse piste. Faux problème.

Que fait l’ANMH. Que va t elle faire avec son nouveau staff bien rodé, on le sait, dans l’art de tourner en rond autour des vrais problèmes de la presse chez nous qui finalement , loin de satisfaire les besoins de son secteur, ou même de son clan, s’accrochent désespérément à l’Etat (financement, publicités, immunité pour les patrons de presse en faute, couverture politique, accointance,..) dans tous les sens du terme, tout en s’accrochant du meme coup, et paradoxalement, à la liberté de la presse. Comment peut on être dépendant et indépendant en même temps. Bizarre…Comment les journalistes qui pillent, gaspillent , et rançonnent l’Etat, peuvent- ils être les mêmes journalistes qui critiquent cet Etat. Comment.

Comment ces journalistes peuvent ils évoluer presque sans personnalité , sans identité professionnelle, sans scrupule, sans vergogne, et se mettre a travailler parfois pour des patrons qui ne se rendent pas compte que c’est un jeu dangereux, ou encore, qu’on n’a pas le droit moral d’abattre l’arbre sur lequel on s’appuie. Qu’il y a une éthique de la presse aussi…

Voila tout ce qui confirme désormais l’échec de l’ANMH, tant des équipes qui passent que de celles qui s’en viennent. Mission accomplie parce que non dévoilée ou voie perdue. Si l’ANMH ne sait pas ce qu’elle est, elle ne peut pas savoir non plus ou elle peut aller, ou elle peut arriver. Or , la presse reste et demeure un pouvoir. Sa liberté n’est pas a vendre. A aucun prix. C’est sa liberté ou la mort, Mais c’est aussi sa responsabilité de militant perpétuel, ou son engagement avéré en faveur du droit, de la justice, de l’amour, pour un réel progrès social et non un outil de renforcement des clans et des gangs. La liberté d’expression dont on parle, à corps et à cri, aura-t-il alors un sens.

 

Credit: Pradel Henriquez

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