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Haïti/MINUSTAH/Crise: Lettre ouverte de Nigel Fisher, Représentant spécial a.i. du Secrétaire général.

Written on:juin 7, 2013
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Port-au-Prince, le 5 juin 2013

Nigel Fisher

J’aimerais clarifier certains malentendus au sujet du statut actuel du déploiement de la MINUSTAH en Haïti et concernant les plans pour l’avenir de la Mission. La MINUSTAH a déjà enclenché la réduction de sa présence en Haïti. Au cours des deux dernières années, le budget de la Mission a été réduit de 30% et la MINUSTAH a vu le départ de 2,670 soldats, 1,740 policiers ainsi que 543 membres du personnel civil.

Depuis février de l’année courante, le Gouvernement d’Haïti et la MINUSTAH ont initié des discussions au sujet d’un plan de consolidation pour la retrait de la MINUSTAH qui entrevoit des réductions additionnelles significatives à l’avenir, liées à des objectifs spécifiques et des indicateurs clés pour le développement des capacités et des effectifs de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ; le renforcement de l’Etat de droit et le respect pour les droits humains ; le raffermissement des mécanismes judiciaires et de contrôle ; le développement des capacités électorales ; le renforcement des capacités locales de gouvernance ; et le soutien à un dialogue inclusif. Le 20 mars, j’ai présenté un résumé de ce plan au Conseil de sécurité des Nations Unies.

En collaboration étroite avec le Gouvernement, nous sommes à présent en train de raffiner ce plan afin d’assurer qu’il est réalisable et qu’il contient des indicateurs clairs pour le renforcement des institutions nationales et la réduction de la présence de la MINUSTAH. Par exemple, le plan comprend un indicateur clé concernant l’augmentation des effectifs de la Police Nationale d’Haiti (PNH) à 15,000 agents d’ici 2016. Nous avons établi un groupe conjoint de travail qui fait le suivi de la mise en oeuvre de ce plan. Je suis convaincu que les acteurs haïtiens et internationaux s’accordent sur le fait que le retrait progressif et ordonné de la MINUSTAH d’Haïti est désirable et nécessaire. Ils sont aussi d’accord que ce retrait soit lié au renforcement graduel d’institutions clés en matière de sécurité, élections et Etat de droit.

Au cours des derniers mois, j’ai eu l’opportunité de discuter au sujet du plan de consolidation aussi avec les parlementaires, les chefs d’un certain nombre de partis politiques, les représentants de la société civile, ainsi qu’avec les membres de la communauté internationale. Le but de ma récente tournée dans quatre pays d’Amérique Latine était d’expliquer et discuter du plan de retrait. Les représentants des gouvernements de ces quatre pays – qui sont entièrement engagés en faveur du succès d’Haïti ainsi que de sa stabilité et son avenir prospère – ont salué ce plan, pourvu que ce retrait soit ordonné et directement lié à des améliorations mesurables dans les capacités des institutions susmentionnées.

La MINUSTAH compte continuer ce processus de dialogue transparent au sujet de la mise en oeuvre du plan de retrait avec le Gouvernement, les parlementaires ainsi que les membres de la société civile. J’invite tout interlocuteur intéressé de consulter la version initiale du plan de consolidation de la MINUSTAH qui est inclus en annexe au Rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la MINUSTAH paru le 8 mars 2013. Le document est disponible sur le site des Nations Unies à l’adresse Internet suivante :

http://www.un.org/french/documents/… symbol=S/2013/139.

De plus, je tiens à clarifier un malentendu au sujet des ressources financières de la MINUSTAH. Ces ressources proviennent du budget des opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Elles ne sont ni empruntées à Haïti ni allouées par les différents fonds de développement des Nations Unies destinés à Haïti. Les budgets pour le maintien de la paix et le développement sont entièrement séparés.

Lors de la réduction de la MINUSTAH, toutes ressources financières débloquées suite à cette réduction seront transférées à d’autres missions de maintien de la paix des Nations Unies dans d’autres pays, telle que la nouvelle mission en cours de déploiement au Mali.

Je suis très vigilant aux appels exprimés par différents interlocuteurs haïtiens pour le retrait de la MINUSTAH. Comme mes remarques ci-dessus l’indiquent, ce retrait a déjà commencé et va continuer. Je suis convaincu que toutes les parties prenantes aimeraient voir ce processus de retrait mis en oeuvre d’une manière ordonnée, comme le Premier Ministre et le Senat l’ont récemment dit, dans le meilleur intérêt d’Haïti et qu’il soit lié au développement d’institutions renforcées et à une sécurité améliorée pour les citoyens haïtiens.

En conclusion, je m’engage à continuer les consultations entamées entre le Gouvernement d’Haïti et la MINUSTAH au sujet du progrès de la mise en oeuvre du plan et de l’éventuel retrait de la Mission. Au même titre, j’envisage avec plaisir la poursuite d’un dialogue transparent, direct et mutuellement respectueux sur ce plan entre le Parlement, les partis politiques, la société civile et la MINUSTAH et faisant l’objet d’une couverture médiatique adhérant à la déontologie professionnelle. Pour citer la version initiale du plan de consolidation présentée au Conseil de sécurité en Mars dernier, dans le contexte particulier d’Haïti, « la stabilité suppose une culture politique propice à la recherche d’un consensus sur les questions prioritaires et l’existence d’institutions démocratiques conformes aux aspirations de la population et respectueuses de ses intérêts. »

Nigel Fisher

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