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Haïti/NY/Ouragan Sandy : New York, New York, New York… Et Haïti ?

Written on:octobre 30, 2012
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Des Haïtiens dans les rues inondées de Port-au-Prince, le 25 octobre 2012 (Dieu Nalio Chery/AP/SIPA)

Des Haïtiens dans les rues inondées de Port-au-Prince, le 25 octobre 2012 (Dieu Nalio Chery/AP/SIPA)

Des dizaines de morts, de disparus, et de blessés ; des familles ensevelies dans des maisons écroulées ; plusieurs villes encore coupées du monde, inaccessibles aux secours ; des routes et des ponts endommagés ; le Premier ministre lui-même allant distribuer, devant les caméras, des vivres aux victimes : en Haïti, Sandy a été encore plus meurtrière que ce que l’on pouvait redouter. D’autant que certaines victimes ne s’étaient pas encore remises du passage de l’ouragan Isaac, en août.

Les médias ont fait le boulot…

Devant de telles scènes de désolation, il ne faut pas hésiter à le reconnaître : il est tout à fait logique que les médias français nous aient tenus en haleine avant même le passage du cyclone. Chacun a bien rempli son rôle.

Les journaux télévisés ont multiplié les interventions en direct, en plein vent et sous la pluie, des envoyés spéciaux. Les photographes ont câblé les images les plus sensationnelles. Les commentateurs ont supputé les conséquences de politique intérieure. Les reporters ont sollicité les témoignages des expatriés français. Les sites de presse ont appelé aux témoignages des internautes.

Des exemples concrets, tel celui de l’agriculteur de Savane Grande, Robert Sénatus, dont l’ouragan a emporté les deux bœufs, ont aidé le grand public, habituellement trop indifférent, à prendre la mesure de l’événement. Pour une fois que les médias ont correctement couvert une catastrophe frappant un pays peu médiatisé, nul ne saurait s’en plaindre.

… ou pas

Dernière minute : fatale distraction ! On me signale que j’avais mal regardé, mal vu, mal écouté. Les reportages radio-télévisés susmentionnés concernent en fait une localité continentale nord-américaine du nom de New York, qui a concentré sur elle l’ensemble de la couverture médiatique planétaire de l’ouragan au point que les reportages sur un événement ne s’étant pas encore déroulé ont supplanté les comptes-rendus d’une catastrophe effectivement advenue. Sur les circonstances et les raisons de cette étonnante distorsion, nous allons mener l’enquête.

Crédit: Daniel Schneidermann

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