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Haiti/Poesie: SENSATIONS !

Written on:octobre 6, 2013
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NDLR.- Nous soumettons à votre appréciation le tout dernier petit bijou du poète haïtien Pradel Henriquez. Savourez-le avec modération. Chapeau bas à l’artiste. Ce petit chef-d’œuvre est dédié aux vrais amoureux…

Pradel Henriquez

Nos lèvres se croisent
en demie teintes

je touche
jusqu’à la profondeur des eaux
que ton cœur
remue en vagues ensanglantées

nul élan que mon cœur qui bat

nul ailleurs que ton corps
qui palpite

nul silence que tes éclats de rire

nulle porte ouverte
à l’assaut de tes mains moites

comme si nos cris perçus au delà
de nous mêmes et de nos ombres
en totale déshérence
aidaient à reconstruire l’aube navrante
et tes remous de lèvres

mes pas sur ton armure
je vais comme je valse
entre morsures et valeur ajoutée

comment sentir et palper en toi
l’astre des villes tutélaires

j’ai les yeux fermés jusqu’aux coudes
et soudain libre
je ne sais
qu’à peine ouvrir mon cœur
à la joie de t’aimer...

Crédit: Pradel Henriquez

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  1. Jean Emmanuel Jacquet says:

    « Sensations », lied en do majeur de Pradel Henriquez

    La modernité de ce texte nous porte à réfléchir sur la représentativité du corps, même suspecté, dans l’univers de l’auteur. Comment arriver à harmoniser deux corps dont la différence est éphémère ? Comment joindre aux lèvres « en demie teintes » du poète, des raisons de se diriger vers l’inconnu ?

    La poésie de Pradel Henriquez est donc l’expression de cette difficile discussion des corps, dans toutes leurs plénitudes. « Mon cœur qui bat » et « ton corps qui palpite », comment peuvent-ils s’approprier les stridences du quotidien ? Comment peuvent-ils se défaire d’un « élan » de jeunesse anéanti par la morale religieuse, et se réclamer des « ailleurs » essentiels à l’évasion de son amour ?

    Dans ce texte, l’auteur Pradel Henriquez, comme épris par un besoin de silence, et libéré de rigueurs administratives, nous livre son impression des êtres qui s’aiment au-delà du langage phonétique. Il nous représente ici des « éclats de rire » aphones, initiés par des mains qui, en assaut, se touchent et touchent le corps suspecté de l’âme-sœur.

    Les corps en silence, représentés dans ce poème, sont essentiels à la réaction de l’autre dans l’acte sexuel. Tout s’arrange en parfaite harmonie. Les cris aphones, comme les ombres, les « remous de lèvres » comme « l’aube ». Tout, dans un total manquement qui dicte aux êtres des gestes inédits et des sauts zélés, désœuvrés même, tant l’attente et le désir sont rigoureux.

    Le corps de la femme décrit dans ce poème, nous est présenté comme l’interface où se jouent nos amertumes et nos joies, les morsures du temps moderne et la possibilité de s’en sortir. L’amour est d’un tel absolu que le jour qui n’a pas connu de corps de femmes nus, ne peut pas offrir à l’homme le souffle des mots et la béatitude de l’océan.

    Pradel Henriquez reste – si ce verbe peut bien convenir à ce monstre de l’administration publique – un poète des amours perpétuels, un artisan des mots qui, à force de les utiliser, invente, à travers ses personnages, un langage aphone et des mouvements bruyants. C’est le poète du lied en do majeur dont les adeptes arrachent des « seins nus… au soleil ».

    Jean Emmanuel Jacquet
    jacquetvre@gmail.com

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