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Haïti/Politique: A l’oral ou Super Mythomane ?!

Written on:mars 19, 2013
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Dieudonne Saincy

C’est bien connu, y a la vérité politique et la politique de vérité. Cependant, dire la vérité en politique n’est jamais facile. Ceci n’excuse pas cela évidemment.

Ici et ailleurs, les hommes politiques sont généralement réputés pour être « menteurs ». En France, par exemple, Francois Hollande dont la cote de popularité est en chute libre passe pour un mythomane. Hollande serait donc, pour citer le chanteur haïtien Don Kato, « A l’oral » aux yeux de beaucoup de français. Fini le temps de la campagne électorale où disait-il : « Mon adversaire est le monde de la finance »; non à l’austérité; non à la dictée allemande; non au cumul des mandats, non au « nucléaire »; stopper l’hémorragie de la délocalisation,­ du licenciement et de la fermeture de certaines entreprises, etc. La réalité traduit son impuissance ou révèle son petit air « A l’oral », version française. Et pour preuve, récemment à Dijon, accueilli par des doléances et des cris de colère alors qu’il est parti à la reconquête des français, le chef de l’Etat a été interpellé par un syndicaliste normal : « Président Hollande, elles sont où les promesses? Elles sont où? » L’homme a été maîtrisé par des policiers en civil. « Il faut que ça bouge », lance encore une femme à Hollande. Puis, cette même dame ordinaire lui demandant de manière surprenante, sous les yeux des caméras, de ne pas épouser sa seconde concubine Valérie Trierweiler: « Ne vous mariez pas s’il vous plait! On ne l’aime pas en France. » Vie privée. Vie publique. Ça a été adressé à un homme politique normal.

Et quoi penser quand on a affaire à quelqu’un qui déclare ne pas être un politicien (il est vrai même s’il a toujours soutenu des régimes anti-démocratiq­ues / putschistes / Duvaliéristes) et qui se permet de mentir où il veut, quand il veut et à qui il veut… Dans ce cas, on parlera sans demi- mesure de SM. Rien à voir avec Sweet Micky. SM comme Super Menteur. Le président actuel de la République est-il un super menteur ou menteur tout court? Nous avons la question. Martelly a un peu la réponse dans ses paroles et ses actes…

Prenons au moins quatre cas flagrants pour étayer nos propos.

D’abord, le premier super mensonge est le FNE: Fonds National pour l’Éducation.

Nous sommes le Lundi 10 décembre 2012 : Michel Martelly rencontre au North Miami Beach Library les compatriotes de la diaspora, autour de questions liées à l’avenir d’Haïti. En remerciant la diaspora de son support dans le cadre du Programme de Scolarisation Universelle, Gratuite et Obligatoire (PSUGO), à travers le Fonds National de l’Éducation (FNE), voici ce qu’a rapporté le Miami Herald du même jour:

« Martelly said $16 million has been raised since the tax was introduced in May 2011, and “we haven’t touched one penny of it.” » (1)

Traduction: « Martelly a dit que 16 millions de dollars américains ont été collectés depuis l’imposition de la taxe en mai 2011 et « nous n’avons pas touché à un centime de cette somme »

Mardi 12 mars 2013: ( 3 mois et 2 jours après le 10 décembre 2012) que lit-on dans ces Extraits d’un article de HPN, journal en ligne dirigé par Clarens Renois :

« Selon Michel Martelly, en faisant le calcul du nombre de minutes qu’Haïti reçoit par mois cela fait 3,5 millions de dollars que nous pouvons générer chaque mois pour l’éducation. Après plus de 20 mois, le Conseil National des Télécommunicati­ons (CONATEL), devrait collecter près de 70 millions de dollars américains selon les prévisions de l’ex chanteur populaire en Mai 2011…

Michel Martelly avait assuré pouvoir trouver 5 millions chaque mois via des prélèvements obligatoires sur les transferts d’argent des haïtiens vivant à l’étranger. Toujours selon les calculs du président haïtien, après plus de 20 mois, ces transferts d’argent devraient générer près de 100 millions. » (2)

Dans cet article, selon les estimations de Martelly près de US $ 170 millions devraient être encaissés à

Michel Martelly

cette date. ( Alors que trois mois plutôt il avait évalué à Miami cette somme à 16 millions de dollars américains, et ceci en présence des représentants des bailleurs de ce Fonds.)

Mercredi 13 mars 2013: ( 3 mois et 3 jours après le 10 décembre 2012). Source Conseil des ministres (TNH) Télévision Nationale d’Haiti: La présentation du ministre de la Communication au Conseil des ministres du mercredi 13 mars 2013 a révélé que les grandes avancées obtenues dans le plan d’éducation de Michel Martelly ont été financées par le FNE (Fonds National pour l’Éducation) et par le trésor public. A noter, la loi créant le FNE n’a pas encore été votée, voire soumise conformément aux lois de la République/­Parlement. Le Sénateur Anick Joseph et le Ministre chargé des relations avec le parlement se sont affrontés sur cette question vendredi dernier sur RTVC au micro de Jean Monard Metellus.

Comment a-t-on pu utiliser les fonds de cet organisme encore non-existant ? Il y a là une grande confusion concernant le montant déjà collecté dans ce fonds et la date qu’on a commencé à puiser dans ce fonds. Dans les trois exemples précédents, qui dit la vérité ou qui ment ?

Malheureusement­ pour le pouvoir Tèt Kalé, comme dans « Des Chiffres et des Lettres », le compte n’est pas bon. Problème arithmétique sérieux ou dans ce cas, le président Martelly est réellement un SM: Super Menteur.

On continue, deuxième super mensonge est celui du député Arnel Bélizaire.

Martelly, après avoir ordonné publiquement « à l’oral » l’arrestation du député Bélizaire lors d’une conférence de presse télévisée à l’aéroport de Port-au-Prince à son retour d’un voyage et après « l’atterrissage » de l’incarcération­ d’Arnel par son ministre de la Justice Josué Pierre-Louis, de retour à nouveau d’un autre voyage, dans un point de presse télévisé encore à l’aéroport de Port-au-Prince,­ « à l’oral » avec un toupet incroyable il a déclaré : « n’être lié ni de près ni de loin avec l’arrestation arbitraire et inconstitutionn­elle d’Arnel Bélizaire ». Dans ce cas précis, il s’était révélé non seulement comme un Super Menteur mais aussi comme un Super Lâche.

Voila, troisième mensonge : Violation de la Constitution.

C’est justement la violation flagrante de la Constitution par Martelly en nommant et installant à la hâte un « Conseil Électoral Permanent » de 6 membres au lieu de 9 contrairement à l’énoncé de l’article 192 amendé de la Constitution de 1987 et vociférant « à l’oral » de ne jamais faire marche arrière « Adelante Siempre, Sak Pa Kontan Ambaké ». Cependant la semaine dernière il fut contraint à faire marche arrière après sept (7) long mois de mensonges, d’astuces et de temps perdu irrécupérable. Contre sa volonté, il se voit obligé d’annoncer, en Conseil de ministres télévisé le 13 mars 2013, la dissolution inévitable de son « Conseil Électoral Présidentiel » selon lui frappé de caducité avec la démission in extremis des trois (3) larrons du CSPJ, tout en imputant d’abord l’échec de son CEP Présidentiel aux « manœuvres illégales » de l’opposition et successivement le jour suivant jeudi 14 mars aux « manques d’appui » :

1- Des Collectivités Territoriales (CASEC et ASEC) lors d’une réunion de campagne électorale à la Mairie de Delmas et
2- Du secteur féminin, le vendredi 15 mars 2013, lors de l’inauguration d’un nouveau bâtiment.

Voici un prétexte « made in Martelly » pour justifier son poignant échec dans sa démarche chimérique : celle de l’installation d’un Conseil Électoral Permanent/­Présidentiel. Menteur de profession, il a donné une absolution totale à ses mentors (Lambert et Latortue) qui l’ont conduit à ce trou. Ces deux « zannimo politik » n’auraient rien à voir dans l’échec longtemps anticipé de ce dossier et le retard injustifié et inexplicable des élections locales. Il promet de faire campagne pour leur réélection par reconnaissance !

Finalement, la question des tentes, autre mensonge gigantesque, un quatrième, et pas des moindres ni le dernier (à suivre) :

18 aout 2012 : Extrait d’une entrevue accordée par Martelly au journal dominicain « Listin Diario » le 17 aout 2012 et traduit par Le Nouvelliste: (3)

« Est-il besoin de rappeler que, quand nous sommes arrivés à la tête de l’Etat, il y avait plus d’un million et demi de personnes sous des tentes. Il n’en reste que quelque 200 000; cela n’a pas été du tout facile. Nous avons bien planifié, bien calculé la réparation et la construction de nouvelles habitations pour permettre à ces déplacés de vivre sous un toit. Nous avons construit plus de 3000 maisons… »

A noter Tèt Kalé avait 15 mois au pouvoir et à peine 10 mois avec un gouvernement fonctionnel à la date de l’entrevue. Martelly aurait donc déplacé plus de un million trois cent mille (1 300 000) personnes dans ce laps de temps puisqu’il n’en restait que 200 000 selon lui. Cela implique aussi que l’administratio­n Préval/­Bellerive en 16 mois (Janvier 2010 – Mai 2011) n’aurait enlevé personne sous les tentes puisque après le séisme du 12 janvier 2010 la communauté (nationale/­internationale) avait évalué le maximum de personnes sous les tentes aux environs de
1 500 000 personnes et sacré Martelly aurait fait un miracle !

Voici un extrait d’un autre article en date du 25 février 2011 de RFI : « En Haïti, plus de 13 mois après le tremblement de terre, la priorité reste toujours le relogement des personnes sinistrées. La Commission intérimaire pour la reconstruction affirme que 500 000 personnes ont quitté les camps de fortune. » Martelly gentan pran krédi pou moun sa yo !

Encore un autre extrait d’un article de Gerry L’Étang publié le 21 décembre 2011 dans « metropolitiques­.eu » : « Quatorze mois après la catastrophe, l’estimation du nombre de réfugiés toujours dans les camps de tentes était de 680 000 personnes (OCHA Haïti 2011, p. 2). ». Ici on parle de mars 2011, toujours sous le gouvernement de Préval/­Bellerive.

Finalement, un extrait d’un article publié dans le journal Le Monde le 11 janvier 2013 intitulé : « Trois ans après le séisme, Haïti entre camps de toile et bidonvilles », sous la plume de Grégoire Allix : « Que reste-t-il des rêves de reconstruction d’Haïti ? Trois ans après le tremblement de terre qui a ravagé ce pays parmi les plus pauvres du monde, 360 000 personnes s’entassent toujours dans l’insalubrité des camps de tentes, les bidonvilles sont repartis à l’assaut des collines, une épidémie de choléra s’est durablement installée et 80% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté. »

Alors, combien de personnes actuellement Martelly aurait déplacées des tentes sans l’argent généreux du Canada et combien en réalité il a enlevées à nos jours ? Nous ne voulons pas d’une réponse « à l’oral » ni d’une comptabilité semblable à celle du dossier de l’éducation gratuite obligatoire.

Pendant la campagne électorale, Michel Martelly avait promis de construire 30 000 maisons pour les sinistrés et ses maisons étaient prêtes pour installation une fois l’administratio­n Préval/­Bellerive aurait mis à sa disposition des terrains pour les recevoir. Les haïtiens n’ont pas oublié et demandent où sont passées ces maisons…Super Menteur est son nom.

Shalom.

 

 

Crédit: Dieudonne Saincy

 

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