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Haïti/Politique & Société : Les Haïtiens se prennent par la queue.

Written on:juin 15, 2016
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Dr Chenet Torrilus

Dr Chenet Torrilus

Le temps nous apprend à redouter les extrêmes. Ceci finit par s’installer comme une loi naturelle ralliant les scientifiques et les croyants. Le passé et le présent peuvent constituer des extrêmes. Dans le cas des haïtiens, le présent devrait être intelligemment construit sur le passé pour nous permettre de contempler des galaxies nouvelles où des étoiles se heurtent, se contredisent mais se rejoignent pour une symphonie lumineuse.

Dans la chaîne alimentaire les petits poissons ne mangent pas les petits poissons , ils mangent les algues ; dans une jungle, un lion ne mange pas un lion vivant. Je poursuis mes réflexions…

Et mon esprit s’étire, s’étend jusqu’à ses limites, mes pensées s’élèvent jusqu’à ma conscience citoyenne révoltée. Elles reviennent à plat se poser sur le plancher des frustrés. je veux encore des bougies, peut être que je perds le sens de la réalité et que dans mes illusions je confonds le noir à la lumière.

Pendant longtemps j’ai cru que le problème était de l’autre côté de la rive et je me remettais à la sagesse du silence, étonné de voir à quel point le sage silence était lui aussi curieux de savoir pourquoi des hommes se détruisent entre eux, à cet âge de la terre dans le cynisme le plus déconcertant.

Voyons, voyons…

Le manque d’amour ne suffit pas, si on n’aime pas, on fait quand même le travail pour lequel on est payé et s’il y a du respect la roue continue à tourner…

Mon esprit se tourmente et souffre encore plus lorsqu’il comprend le mal de la corruption systématisée, enracinée, inextricable d’un peuple, de ses dirigeants sans exception aucune. Les rares in-corrompus d’Haïti n’existent pas, ils meurent de remords, se retirent du pays tout étant sur la terre.

Mon esprit se tourmente, s’agite, peut-être qu’il le continuera éternellement. Cette manie qui surgit aussi brusque qu’une mutation dans nos gènes; du plus grand au plus petit, des dirigeants aux dirigés des nantis, aux pauvres et vice versa, consistant à prendre plaisir à faire du mal à l’autre, à le déranger, semble être contagieuse.

Pourquoi faisons-nous un spectacle du ramassage des ordures, bloquant toute circulation le jour quand nos villes deviennent des poubelles?

Pourquoi doit-on se mettre à la fois dans la peau d’un fou furieux et d’un inoffensif sans émotions ou sans affecte pour conduire dans les rues de Port-au-Prince ?
Toutes les taxes réglées nous rebondissent sous forme de sirènes et de scandales par ci par là. Si on veut expérimenter l’enfer, rendez-vous à un bureau de services publics; ne vous en faites pas, le privé non plus n’est pas fameux…

Devrions-nous nous bloquer nous-mêmes par des crises politiques interminables s’alliant chacun avec son clic dans l’international?

Dans de telles circonstances, dirait l’autre, des élections sans conscience ne seront que désastres.

Pourquoi les haïtiens honnêtes acceptent-ils l’amalgame sans jamais se révolter ? Mon Dieu ! Nous risquons de nous perdre dans ce méandre…

Je retourne donc au confort du profond silence complice des « générations espoir »,  mais avant de partir, laissez-moi vous raconter l’histoire de Kick, le petit chien de mon voisin .

Les enfants pour énerver Kick le prenaient par la queue et, à chaque fois qu’ils le faisaient, tous les chiens de la cour venaient libérer Kick . A noter qu’aucun autre chien du quartier n’avait un jour osé prendre kick par la queue, au contraire ils le défendaient avec force des chats.

Mais nous les Haïtiens nous nous prenons nous mêmes par la queue.

A bientôt !

 

Credit: Dr Chenet Torrilus

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