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Haïti/Québec/Diasporama: Lettre à Mme Nadine Magloire et M. Robert Berrouët-Oriol.

Written on:septembre 22, 2012
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Port-au-Prince,  le 22 septembre 2012

 

Chère Madame Nadine Magloire,

Cher Monsieur Robert Berrouët-Oriol,

 

J’aime les mots.  C’est connu ! J’aime les mots qui ne sont ni silencieux, ni assourdissants. J’aime les mots qui parlent, tout simplement.  J’aime les mots, lorsqu’ils édifient l’âme et l’esprit, et lorsqu’ils valorisent ce qu’il y a de meilleur dans la personne humaine.  J’aime les mots lorsqu’ils exaltent la beauté, lorsqu’ils exhalent l’amour, lorsqu’ils inventent l’harmonie, lorsqu’ils dissipent l’angoisse.

J’aime les mots! Surtout  lorsqu’ils me révèlent qu’un Autre que moi est l’Auteur de ma joie et de mon bonheur.  Et donc que je n’ai pas davantage de raisons de m’enorgueillir que de nourrir aucune amertume, aucune frustration ou aucune peur face à mes limites et à mes incomplétudes.  J’aime les mots qui me disent que je suis aimée telle que je suis, et par infiniment plus merveilleux et beau et intelligent que moi !

De même, cependant, je me retrouve déboussolée, désarçonnée, perplexe, ennuyée, quand mon âme se sent comme agressée, violée par des mots qui, échappant à la vigilance des consciences, font mal:  mots qui engendrent le doute; mots qui sèment la zizanie; mots qui entretiennent la confusion;  mots qui stigmatisent; mots qui tuent.   Ces mots là, je les reçois avec tristesse parce qu’ils ne traduisent, je le sais, qu’un cri de douleur et la désespérance de cœurs en mal d’amour.

En général, j’aime vos mots, Madame Magloire.  Ils ont ce quelque chose d’osé, un tantinet impertinent, laissant deviner la personne éminemment spirituelle, cultivée et cette femme d’une intelligence rare que vous êtes.  Si ceux de M. Berrouët-Oriol, critiques et réalistes, me laissent un peu plus réservée dans mes émotions, il n’en est pas moins vrai qu’ils sont l’œuvre d’un homme très respecté dans le monde des idées, et dont je dis que c’est un énorme privilège pour moi, que de pouvoir partager ses réflexions.

Chère Madame Magloire, cher Monsieur Berrouët-Oriol, de grâce, continuez à nous gratifier de vos mots, de vos beaux mots.   Des mots … entiers!  Mais aussi des mots dont la courtoisie et l’élégance doivent toujours demeurer la griffe de cette race de femmes et d’hommes courageux, devant qui je m’incline, du haut de mes jeunes 50 années, et à qui je veux ici renouveler toute mon admiration: je veux parler des intellectuels de mon pays, ceux particulièrement qui, par la force des choses, vivent loin de ses charmes et de ses défis, mais continuent de l’aimer et de porter bien haut son étendard en terre étrangère.

Dans l’attente de me délecter de vos plus prochains mots, je vous prie de croire, chère Madame Magloire, cher Monsieur Berrouët-Oriol, à mes sentiments les meilleurs.

Cordialement,

 

 

Crédit: Marie Pascale Duplan

lesproductionspascale@yahoo.fr

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