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Haïti/Québec/Diasporama: Madeleine Bégon-Fawcett dit toute la vérité…interview en exclusivité! –1

Written on:septembre 7, 2012
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« Entre la démence et la lucidité, un grain de sel suffit à faire basculer les âmes. »

(Frankétienne, Les Affres d’un défi)

 

Originaire du Département du Sud d’Haïti, la vocation première de Madeleine Bégon-Fawcett est surtout  l’éducation et l’enseignement.  Elle adore transmettre aux autres … Plus de 30 années de carrière dans ce domaine. A ce sujet,  l’éducatrice est très critique vis-à-vis de l’enseignement en Haïti…  « Le système éducatif fait de nous des «bossus» dans tous les sens du terme! … »

M.B. a fait des études en Psychologie-Sociale à l’Université du Québec à Montréal. Elle a aussi suivi des cours en technique de mise en scène et décroché un baccalauréat en lettres françaises à l’Université d’Ottawa. Elle s’est aussi dotée d’une formation spécialisée (ASP) en vue de  la mise en place de son projet de télévision multiethnique en français « l’AUTRE TV », au Québec.  Ses études de premier cycle de formation ont été entreprises en milieu de travail à l’UQÀM , elle étudia en techniques de ventes et financement immobiliers, Langage des signes du Québec (LSQ), l’alphabet braille, technique d’écriture et de mise en scène au Conservatoire Lassalle…

Madame Bégon-Fawcett est une intellectuelle canado-haïtienne de grande envergure qui compte  plusieurs cordes à son arc, en tant que Journaliste, écrivaine, dramaturge, metteur-en-scène, comédienne, psychologue, sociologue, philanthrope, éducatrice… pour ne citer que ces compétences !

Elle laissa Haïti précipitamment , pour la première en 1983,  « …dans la foulée de violence gouvernementale d’alors contre les journalistes, artistes et autres groupes dits subversifs qui osaient dénoncer la main-mise des dirigeants d’alors sur la liberté d’expression, d’association et autres droits humains… »

A Montréal, Madeleine Bégon-Fawcett a participé à l’éclosion et au développement de sa communauté d’origine dans différentes sphères d’engagement communautaire,- luttes de revendication sociales et politiques des années 80, luttes pour la reconnaissance des droits de ses compatriotes …- mais elle est également une haïtienne fière de son pays d’origine et qui a gardé jalousement  la culture de son patelin, la ville des Cayes où elle a grandi.

Cette mère de famille de six enfants, qui voulait en avoir dix, pense au bien-être de ses jeunes concitoyens et concitoyennes restés au pays natal: « … Je travaille sur l’ajout d’un secteur professionnel au sein de l’ « Académie Canado-Haïtienne » à Port-au-Prince…(…)… Mon rêve, c’est de mettre au service des jeunes du secteur une école de qualité afin qu’ils puissent, à leur sortie vers l’âge de 19 ans, posséder une formation professionnelle leur permettant de subvenir à leurs besoins et de contribuer au développement de leur pays qui est aussi le mien ! …(…)… À mon humble niveau, je participe à bâtir les fondations de la nouvelle société haïtienne en y apportant ma contribution à l’éducation espérant que les générations qui nous suivent soient différentes de nous en matière de comportement et d’engagement citoyen… »

Madeleine Bégon-Fawcett annonce la couleur et n’y va pas avec le dos de la cuillère, dans cette longue interview exclusive où elle fera des révélations inédites sur son conflit avec la comédienne canado-haïtienne Fabienne Colas… « «diversité-tv» n’est qu’un dérivé sémantique (parasite) forgé de « L’AUTRE TV »…(…)… Si les lobbyistes devenaient des pieuvres et gobaient tous les projets dont ils sont informés ou qui leur sont confiés en se basant sur leur carnet d’adresses pour aller chercher les subventions en leurs noms?… »

…L’auteure de « Deblozay » ne mâche pas ses mots concernant l’attitude que la diaspora haïtienne devrait adopter au sujet de sa terre d’origine…  « … Nous devons continuer la bataille pour la reconnaissance de nos droits de citoyens à part entière et ne plus accepter de n’être que des pourvoyeurs portant à bout de bras l’économie d’un pays qui nous radie et nous méprise quand vient le temps d’en être participants… »

Bref, suivez cette conversation à cœur ouvert, sans détour,  avec Madame Madeleine Bégon-Fawcett, afin de lui rendre un hommage bien mérité, pour sa contribution à la cause haïtienne dans plusieurs domaines, tant en Haïti qu’au Canada…

…Madame Madeleine Bégon-Fawcett, vous vivez depuis plusieurs années à Montréal,  Québec. Depuis quand, pour quels motifs et dans quelle(s) condition(s) avez-vous laissé votre pays d’origine pour vous établir définitivement au Canada?

J’ai quitté Haïti pour la première fois en 1983, dans la foulée de violence gouvernementale d’alors contre les journalistes, artistes et autres groupes dits subversifs qui osaient dénoncer la mainmise des dirigeants d’alors sur la liberté d’expression, d’association et autres droits humains. Je venais de commencer ma carrière d’enseignante à Caroline Chauvreau et chez le Filles de Marie d’Élie Dubois où j’ai étudié.

Pouvez-vous nous parler un peu de vos activités professionnelles et universitaires?

Ma formation initiale est dans le domaine de l’éducation, j’adore transmettre aux autres et apparemment je le fais bien, peut-être parce que je le fais avec tout mon cœur ! J’ai travaillé dans ce domaine en Haïti comme enseignante et comme responsable départementale.  J’ai eu le privilège de travailler au lancement du projet –pilote de «scolarisation universelle» dans le Plateau central en 2000.

A mon retour ici au Québec où je vis depuis, je conçois des matériels d’enseignement du français pour les jeunes et de francisation destinés aux  adultes (nouveaux arrivants). Après plus de 30 années de carrière, j’ai toujours la même passion pour la langue française et pour l’enseignement que je considère comme ma vocation première.

Par ailleurs, j’ai étudié en intervention psychosociale à l’Université du Québec à Montréal (certificat en 2009), car je travaille aussi dans cette filière d’accompagnement auprès des jeunes mères en difficulté. Pour meubler et encadrer mon imaginaire de dramaturge, j’ai suivi des cours en technique de mise en scène et fait un baccalauréat en lettres françaises de l’Université d’Ottawa (2004). Toujours dans ma compréhension de l’apprentissage personnel dans le but de transmettre, j’ai eu une formation spécialisée (ASP) pour la mise en place de mon projet de télévision multiethnique en français au Québec l’AUTRE TV en 2009 pour finalement effectuer des études de premier cycle de formation en milieu de travail à l’UQÀM en 2011. Cette dernière m’habilite à offrir des ateliers spécialisés sur des sujets et thématiques ponctuels. Je vous fais grâce des autres formations toutes complémentaires qui m’ont aidée à être cette personne de pratiques professionnelles multidisciplinaires que je suis aujourd’hui ! Je suis dans mon élément tant dans une salle de classe qu’avec un groupe faisant de la mise en scène, devant ou derrière une caméra ou un micro.

Quelle relation développez-vous avec  la communauté haïtienne de l’endroit où vous vivez?

Dès mon arrivée ici, je me suis inscrite dans la logique du travail de proximité. J’aime les gens, leur contact m’aide à m’épanouir et m’ouvre vers d’autres horizons. J’ai travaillé en éducation, dans le milieu communautaire, en accompagnement. J’ai participé à l’éclosion et au développement de ma communauté d’origine dans différentes sphères d’engagement communautaire, luttes de revendication sociales et politiques des années 80, luttes pour la reconnaissance de nos droits en tant que citoyens d’ici, luttes culturelles pour exister et perler de nous  (théâtre au sein de la troupe « Les amants de la littérature haïtienne » commencée en Haïti en 1976 avec Fénelon Rodriguez «Bonbon» qui s’est poursuivie jusqu’à sa mort à Montréal. J’ai aussi eu le privilège de partager avec ma communauté et la société d’accueil mes réflexions à travers ma dramaturgie. Je crois que je suis respectée au sein de ma communauté et je le lui rends bien.

Existe-t-il des associations pouvant défendre les intérêts des haïtiens là où vous êtes, si oui, en bref, que font-elles de concret ?

J’ai vu naître la majorité des organismes communautaires d’ici et y ai travaillé. Au tout début il y eut le bureau de la communauté chrétienne des Haïtiens de Montréal avec Paul Déjean, Jean-Claude Icart, Rosemay Eustache et les autres intervenants, le SANQI avec Kéder Hyppolite, Serge Bien-Aimé, ensuite il a la Maison d’Haïti avec madame Célitard Toussaint et Marjorie Villefranche l’actuelle directrice, il y a aussi « Le Centre N’a Rivé » et le Centre des jeunes L’ouverture de Montréal-Nord avec Félix Saint-Élien, le Centre Haïtien d’animation et d’intervention sociale (CHAIS) avec Jean-Claude Parfait, Jacques Duviella, Henry Alphonse, Rachel Magloire, Magali Marcelin, Hérard Pauyo et les autres, ce centre est actuellement sous la direction de Jean Durandisse, j’ai moi-même participé à l’ouverture du Centre Socio-Culturel Pie-IX qui est devenu Le CEAF de Rivière-des-Prairies, il faut aussi mentionner le Centre Jean-Paul Lemay avec Roger Petit-Frère.

En matière d’encadrement, que bien qu’il y ait eu un peu d’éclatement au sein de certains organismes, la communauté haïtienne est relativement bien représentée et possède les voix valables pour la représenter au sein de la société d‘accueil.

Qu’est-ce que vous appréciez chez les canadiens et que vous aimeriez retrouver  chez les haïtiens?

Le respect de la vie, le respect et la protection des plus faibles, leurs structures en général ainsi que leur pragmatisme. Leur capacité à reconnaître leurs erreurs et à faire amende honorable sans commune mesure et sans rancune comparé à notre refus d’accepter nos faiblesses et nos erreurs.  Lorsque j’ai au à fréquenter leur système éducatif, ce fut le bonheur total de découvrir que «le travail d’équipe» était la constante alors que dans le nôtre c’est la perpétuelle inconnue ! Imaginez que dès le premier cours, le prof nous demande de former les équipes une fois les présentations initiales effectuées alors que chez nous, le système éducatif fait de nous des «bossus» dans tous les sens du terme! Vous souvenez-vous de la dernière dictée faite à l’école ? Dans quelle position nous étions assis vous et moi par rapport à notre voisin de pupitre ?

Alors, voilà le secret de notre incapacité à reconnaître nos forces, accepter nos faiblesses et concevoir que la réussite est de toute éternité une question d’équipe et que nos faiblesses alliées aux forces des autres nous garantissent le succès. On nous a inculqué que la réussite est INDIVIDUELLE et que pour réussir, il faut BARRER la route à l’autre ! Quelle philosophie archaïque et égoïste, et dire que les choses n’ont pas beaucoup changé…La forme pronominale du verbe «excuser» aux premières personnes du singulier et du pluriel n’existe pas pour nous.

 Cette pédagogie individualiste de la dictée alliée aux «pensées de la semaine» qui nous étaient étalées sur le tableau noir et que nous ingérions (subliminalement) en les inscrivant sur nos cahiers en disent long sur notre passé de groupes, d’agrégats…dois-je dire de peuple, qui se cherchent depuis plus de deux siècles. Alors que nos ancêtres ont flanqué à la face du monde leur capacité à dépasser l’individualisme crasse, celle-ci nous étreint aujourd’hui, encore car nous étalons sans pudeur à la face de ce même monde nos luttes fratricides. Vous souvenez-vous de ces petites pensées qui de façon subliminale ont tracé les méandres de notre futur comportement citoyen ? «Aide-toi le ciel t’aidera »… »Chacun pour soi et Dieu pour tous »… « La raison du plus fort est toujours la meilleure »…et nous pourrions en citer d’autres ! Comment voudriez-vous qu’un système éducatif évacue pendant 18 années le travail d’équipe produise des citoyens concernés par leurs proches et par leur pays ? J’ai été aussi surprise à mon arrivée ici par la discipline et la discrétion de ce peuple.

Quels genres de difficultés rencontrez-vous au «Pays de l’érable »?

Évidemment tout n’est pas «rose» (jeu de mots) au pays de l’érable comme vous le dites ! Les débuts sont souvent, voire même difficiles si on ne dispose d’aucune aide à l’accueil. Il faut accepter la dégradation de sa situation sociale, économique, des fois il faut même s’oublier, et oublier qui on était afin de faire le vide, de faire le point et avancer. Les études sont souvent à recommencer et nos expériences professionnelles ne sont pas automatiquement reconnues, c’est difficile à accepter. Une fois les premiers moments passés, on comprend mieux le système et on avance. Il y en a qui refusent ces efforts et prennent des tangentes, parfois ça leur réussit mais d’autres fois, ça dure le temps que ça dure…les études sont toujours les meilleures garanties de travail et de respect dans un monde normal vous savez…

En ce moment, comment sont vos rapports avec « Haïti-Chérie » ?

Vous savez, je le dis aujourd’hui en riant, car j’ai appris à apprivoiser mes peurs, mes échecs pour mieux en profiter. Je suis personnellement retournée en Haïti DÉFINITIVEMENT à trois reprises comme plusieurs compatriotes ! Et je n’ai pas dit mon dernier mot car Haïti chérie, c’est comme ce qu’on appelle en créole «un gaz» qui se coince entre votre cerveau (survie, famille, travail) et votre cœur ! Pendant 10 années (1991-2001), j’ai quelque peu brassé mes enfants : changement d’environnement social, scolaire etc… dans ma quête de la terre natale, en bouleversement sociopolitique profond depuis un quart de siècle.

Partant de ce fait et ayant compris que mes enfants en avait un autre pays natal, le Québec, le Canada, j’ai décidé de prendre une pause «famille» pour leur permettre de souffler des 20 dernières années. De temps en temps, je ressens ce petit pincement, particulièrement lors des catastrophes et vers septembre-octobre où je suis convaincue d’être plus utile en Haïti qu’ici. Je suis  impliquée dans différents autres projets ici, j’essaie de me sauver de ce dilemme…j’essaye fort croyez-moi, c’est difficile…vraiment.

 

Quels genres de support apportez-vous, à votre pays d’origine ?

Je travaille sur l’ajout d’un secteur professionnel au sein de l’ « Académie Canado-Haitienne » à Port-au-Prince. Nous devions commencer avec le lancement du troisième cycle fondamental en septembre 2012, mais certains contretemps nous ont été défavorables. Il existe de ces oiseaux de malheur qui vous arrivent inopinément mais cela finira bien par se tasser comme on dit. Mon rêve c’est de mettre au service des jeunes du secteur une école de qualité afin qu’ils puissent, en sortant vers l’âge de 19 ans, posséder une formation professionnelle leur permettant de subvenir à leurs besoins et de contribuer au développement de leur pays qui est aussi le mien ! La richesse c’est plus que des zéros sur notre compte bancaire vous savez, c’est aussi et surtout de participer à l’éclosion et au maintien du bien commun. À mon humble niveau, je participe à bâtir les fondations de la nouvelle société haïtienne en y apportant ma contribution à l’éducation espérant que les générations qui nous suivent soient différentes de nous en matière de comportement et d’engagement citoyen. Pair ailleurs, nous avons tous des parents en Haïti.

Vous faites une intéressante expérience avec l’école ACCESSIBLE que vous dirigez en Haïti (L’Académie Canado-Haïtienne), parlez-nous succinctement de vos difficultés et de vos espoirs dans ce domaine.

Les premières difficultés sont venues des parents au début du projet. Nous avions dit dans nos premiers feuillets publicitaires que c’était une école «communautaire» Il n’en fallait pas plus pour soulever les foules…qui bizarrement sont ceux que nous sommes allées aider ! J’adore la fierté de mes concitoyens ! Cette forme de «granpanpan» comme dirait FrankÉtienne et Maurice Sixto qui nous amène à aller chercher les pelures de bananes jaunes dans les vidanges du voisin aisé et à l’exposer au haut des nôtres… beaucoup de difficultés financières au sein de notre population, mais il ne faut pas le dire, il ne faut pas que cela se sache et surtout pas, n’est-ce pas ? Alors, nous avions dû revoir le mode de fonctionnement ainsi que l’appellation de l’école, le terme «communautaire» ne convenait pas !

Autre difficulté : la bataille pour faire accepter la cantine par les parents, il a fallu que j’en invite quelques – uns, que je mange avec eux, que mes enfants fréquentent l’école et y mangent pour les convaincre ! Ça a marché  et maintenant, on est fier de dire que nous offrons un repas chaud aux enfants de 3-12 ans qui fréquentent l’Académie canado-haïtienne! Notre taux de réussite aux examens officiels de sixième année est de 100 % ! On avance…

Présentement et depuis les débuts, nous portons à bout de bras ce magnifique projet, aidés par la contribution des parents, d’amis sur le terrain et d’ailleurs. Il n’existe aucun support gouvernemental. Nous parvenons à payer les professeurs tous diplômés et expérimentés ainsi que le personnel de soutien qui nous accompagnent. D’ici, j’amène du matériel scolaire, des articles divers destinés aux parents et aux enfants. J’y vais au moins trois fois par année histoire de voir comment vont mes enfants.

 

 Parlez-nous un peu du « Projet L’Autre TV » qui est en phase de concrétisation?

Ce projet ! Ce projet ! L’Autre TV est né de mon habitude d’observer ce qui se passe autour de moi et de mon refus de toute forme d’injustice! J’ai vécu au Québec entre 1983 et 1991. J’y suis retournée en 2001 après un séjour en Haïti. En regardant ce qui s’y faisait comparé à l’environnement démographique, j’y ai constaté un sérieux décalage. Sur les écrans du Québec multiethnique, multicolore dont l’économie est portée depuis la colonisation par des immigrants venus de partout, il y avait que très peu de non-blancs tant dans les contenus que parmi les présentateurs. On voyait toujours les mêmes visages de minorités désignés ponctuellement intervenir sur des sujets présélectionnés, ceux que nous appelons les «échantillons». Ces mêmes grandes chaînes qui ne jugent pas forcément nécessaire ni pertinent de montrer la diversité des voix, des visages et des compétences. Les scénaristes nourriciers de ces chaînes (financés par les taxes de tous) ne tenaient pas compte de cette multiplicité de faces et de compétences disponible. Par contre, toutes ces chaînes recourraient aux produits étrangers, majoritairement américains afin de varier leur grille de programmation et montrer un peu de «couleur»…

Il y a donc un problème : Tous sont conscients du vide, du manque mais personne n’est prêt à agir de l’intérieur pour le combler. Les contenus, téléséries, films et autres produits typiquement québécois semblent s’accrocher à un Québec rural des années 40 qui ne reviendra plus. Les rares fois -excluant la série « Lance et compte », version originale où l’on voyait une actrice dans un environnement de travail – avant 2010, on glissait un immigrant, minorité visible, linguistique, religieux ou autre  dans de courts rôles, très souvent stéréotypés et traduisant la vision québécoise des communautés de la diversité dont les membres se trouvent cependant dans tous les milieux socioprofessionnels…

En 2008, je me suis donc mise en mode consultation auprès des autres groupes minoritaires, des autres communautés ethnoculturelles afin de valider ma propre compréhension de la réalité sectaire mitigée du paysage médiatique du Québec francophone. Mon bâton de pèlerin en mains, j’ai traversé la province afin de recueillir les mots des uns et des autres sur cette situation d’inexistence dans les contenus et sur les écrans de notre terre d’accueil commune. Ma quête de validation de cette réalité dura 3 ans.

J’ai suivi un cours en lancement d’entreprise (2009) afin de mieux articuler mon projet qui est passé de communautaire à privée vu le contexte économique. Après 4 ans de travail effectué par une équipe multidisciplinaire et concerné par le même besoin, nous avions finalement déposé le dossier auprès d’un consultant en communication pour finalisation et dépôt auprès du CRTC, les autorités canadiennes en la matière. Et vinrent l’esclave domestique et son colon…

 

 

…A suivre…

 

Rédaction: Andy Limontas/ Marie-Pascale Duplan Montfort

Propos recueillis par Andy  Limontas pour la Chronique « Diasporama » de l’Agence Haïtienne de Nouvelles. Tous droits réservés

courriel/email: canalplushaiti@yahoo.fr

Copyright@CANAL+HAITI, Septembre 2012

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  1. PIERRE-MICHEL MÉNARD says:

    J’ai tellement de respect et d’admiration pour cette grande dame qu’est Madeleine Bégon-Fawcett ! Dotée d’une intégrité sans précédent , cette superbe créature est un très bel exemple pour toutes les autres femmes de la diaspora haïtienne , qui veulent réussir sans essayer de vendre leur cul ni perdre leur honneur . Bravo Madeleine Bégon-Fawcett ! On sait qui vous êtes et nous sommes tous très fiers de vous ! Que vos rêves les plus chers se concrétisent ! Vous avez tout ce qu’il faut pour réussir ! Gardez votre tête haute ! Vous n’avez rien à cacher !

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