Google

Haïti/Québec/Diasporama: Madeleine Bégon-Fawcett dit toute la vérité…Interview exclusive! –2.

Written on:septembre 13, 2012
Comments
Add One

« Noumenm entèlektyèl ak politisyen lavil ki reskonsab, depi tout bembo, tout dezagreman lobèy tchouboum lan peyi Dayiti »(Piram).

(« Vous, intellectuels et politiciens des villes, vous avez toujours été à l’origine des grands malheurs d’Haïti « )

       (Frankétienne, «  Pèlen Tèt »)

      Vous attendiez impatiemment la suite… La cerise sur le gâteau, quoi ! …c’est de cette façon que nous pourrions qualifier la suite de notre intéressant entretien avec la polyvalente Madeleine Bégon-Fawcett.

L’ éducatrice a deux amours, son cœur bat la chamade pour Haïti et le Québec…  « …Mes obligations de part et d’autre de l’océan me mettent souvent dans mes petits souliers, car je suis amoureuse à la fois du Québec et de mon pays d’origine (NDLR : Haïti) et je voudrais me fendre en deux pour que chacun ait leur juste part. J’avoue que ce n’est pas toujours facile… »

L’ actrice pense que la jeunesse haïtienne d’aujourd’hui et de demain vivant à l’extérieur de l’ « Alma-Mater »  serait plus apte à comprendre et aider  son pays de souche que ses ainés… « …De ce point de vue, je suis confiante que l’avenir d’Haïti se dessine beaucoup plus optimiste avec nos enfants nés à l’extérieur qu’avec nous des générations passées qui n’arrêtons pas de galvauder nos liens avec «Papa Dessalines»… »

Crédit photo: Fréo

Crédit photo: Fréo

Concernant la force d’occupation, la dramaturge est très amère et la fustige vertement… « … Mais l’instabilité s’étant érigée en système, la Mission de stabilisation s’est incrustée…et a mué en force stable et fait des petits…(…)…En passant, ce serait un bon sujet de reportage : ‘répertorier les enfants de la MINUSTHA en Haïti’…juste une «idée!»… »

Pour la conclusion de cette interview exclusive, Madeleine Bégon-Fawcett n’y va pas mollo au sujet d’une éventuelle compétition entre « L’AUTRE-TV » qu’elle dirige et «DIVERSITE-TV » de la canado-haïtienne, Fabienne Colas, mannequin, actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, à la fois Présidente de la Fondation éponyme, du « Festival International du Film Black  de Montréal (FIFBM) »,  du « Festival Haïti en Folie » à Montréal et du « Festival du Film Québécois » en Haïti« … La concurrence/compétition suppose deux objets de même nature…une orange ne sera jamais en concurrence avec une mangue. Il faut faire attention pour ne pas confondre concurrence avec «parasitisme» ou «parasitage»…(…)… En passant, «diversité-tv» n’est qu’un dérivé sémantique (parasite) forgé de « L’AUTRE TV » et de son slogan depuis 2009: la voix de la diversité… »

…Ces deux entités  qui entendent  favoriser une meilleure visibilité et représentativité de la diversité culturelle sur le plan audiovisuel  dans « la Belle Province », sont basées à Montréal…  Et la Pdg/fondatrice de « L’AUTRE TV » de poursuivre plus loin… « …Si les lobbyistes devenaient des pieuvres et gobaient tous les projets dont ils sont informés ou qui leur sont confiés en se basant sur leur carnet d’adresses pour aller chercher les subventions en leurs noms?… » (Fin de citation)…Coté juridique, puisqu’il y a un procès en cours concernant cette triste affaire entre deux natives haitiennes de grande valeur pour la diaspora qui était auparavant des partenaires et amies sures, on ne peut que déplorer cette situation qui est allée à vau-l’eau … « … mais les interrogatoires des concernés auront lieu vers la mi-octobre (NDLR : 2012), d’après ce que je viens d’apprendre auprès de qui de droit.  Le dossier judiciaire suit son cours et ce sera à la justice de trancher… » … nous confirme la psychosociologue …

 Enfin, bref… ce condensé vous donne une idée du complément de cette prestigieuse rencontre avec cette dame pleine d’idées, de générosité, de jovialité,… qu’est Madame Madeleine Bégon-Fawcett, qui donne le meilleur d’elle-même pour le bien-être et la fierté de ses compatriotes du Québec et d’Haïti, à qui nous rendons un hommage publique pour tout ce qu’elle a fait pour  son pays d’origine…

…la suite de l’Interview…

…Vous faites régulièrement la navette entre Haïti et le Québec. Aimeriez-vous retourner vous établir  définitivement en Haïti ? Si oui, sous quelles conditions ?

Je vis entre Haïti et le Québec et c’est un choix délibéré. Mes obligations de part et d’autre de l’océan me mettent souvent dans mes petits souliers car je suis amoureuse à la fois du Québec et de mon pays d’origine et je voudrais me fendre en deux pour que chacun ait leur juste part. J’avoue que ce n’est pas toujours facile. Présentement j’ai mis sur la glace deux projets en route là-bas : le volet professionnel de l’ « Académie canado-haïtienne », l’implantation de l’école d’informatique, le café-Internet, etc.  Je travaillais aussi sur un projet d’ateliers de formation en cinéma avec un réalisateur haïtien dans lequel je crois beaucoup, le mobilier y est déjà, il finalisait le matériel d’enseignement, tous ces services dont les structures physiques sont en attente depuis l’été 2011.

 Je retournerai en Haïti  comme d’habitude, deux ou trois fois par année en attendant mon retour définitif. Des conditions pour mon retour ? Je voudrais pouvoir sortir en plein jour sans voir dans le regard de chaque compatriote un potentiel agresseur et me coucher le soir sans trembler au moindre bruit de pas. Les conditions de mon retour en Haïti sont celles que je m’imposerai mais il ne fait aucun doute dans ma tête : j’irai vieillir et mourir sur mes terres dans le sud !

 

Parlez-nous un peu de vos bons et mauvais souvenirs d’Haïti ?

Mes bons souvenirs d’Haïti : mon enfance aux Cayes, les contes d’angélus, mes longues marches les pieds dans l’eau de mer de la ville des Cayes jusqu’à Bourry en passant par Gelée, les mangues, les quenêpes et les sapotilles dont je raffole, les bains de minuit… le début de mon adolescence, Radio Cacique où j’animais une émission de chansons françaises et ou`je pouvais faire des dédicaces…

 Mes pires souvenirs : la fin de mon adolescence, les moments d’inquiétude face à l’avenir, l’angoisse des nuits où nous nous cachions après une représentation théâtrale pour ne pas se faire prendre par les sbires du ministère des affaires sociales d’alors qui censurait toute production artistique dite subversive. Le thème musical de Radio-Haïti Inter et de Radio Cacique qui nous annonçait lequel de nos camarades avait été arrêté, battu ou tué au cours des dernières 24 heures…le besoin de dénoncer et la peur aux tripes de se faire couper la langue comme ce fut le cas de certains…l’attente…l’attente de pouvoir se sauver de mon pays devenu l’enfer. Mes pires souvenirs d’Haïti, je les ai vécus dans ma chair et dans mon âme au printemps 1992 à la faveur du coup d’état et entre janvier et avril 2003.

 

Et ceux du Canada… ?

Mes pires souvenirs du Canada ? ce sont ceux du début, difficile et ardu. Mais aucun ne surpassera jamais la période entre novembre 1983 et février 1984 ou`j’ai fait la connaissance de «madame Fito», infirmière haïtienne chez qui j’ai travaillé comme gardienne d’enfants…et qui du piédestal de sa supériorité d’être arrivée ici avant moi, s’est confortée dans une forme d’ignorance, d’arrogance outrancière de ce qui pouvait faire de moi un être humain…Imaginez que durant 4 mois, cette dame avait décidé que j’étais analphabète et se comportait avec moi en fonction de cette prémisse, imaginez que je me suis tue pour laisser tout l’espace à sa bêtise. Si le mot colon avait son pendant féminin, il lui siérait parfaitement tant pour son comportement avec moi qu’avec sa propre mère condamnée telle jadis l’esclave à gésir dans son sous-sol mal chauffé et interdite de communiquer avec ses petits-enfants, déficit linguistique justifiant les faits. Alors, moi qui ai trainé ma bosse à la fois dans les manufactures que chez d’autres nationalités en attendant d’avoir obtenu en 1986 mes papiers légaux d’une décision (mesure) du parti Québécois, je vous jure que «madame Fito» est imbattable dans le domaine de la colonisation de ses compatriotes. imaginez la suite…ce jour de février où elle apprenait que j’étais professeure de français en Haïti ! Voyez-vous, en y repensant, je crois posséder une grande capacité à laisser les sottes gens se noyer dans leur analyse superficielle de la personne et de la personnalité que dissimule ma carcasse. Leur réveil m’amuse toujours. Ce qui m’amène à vous parler de mes beaux souvenirs :

 La naissance de mes enfants, le 30 juin 2004 en fut un autre car après une année d’angoisse, un membre de ma famille a pu enfin respirer à son arrivée ici, et, le meilleur pour la fin : le soir de la première de «Déblozay / Parlons-en», ma toute première pièce de théâtre dont le thème fut mon merveilleux et instructif périple chez «madame Fito»…standing ovation, trois soirs de suite, salle comble tant au Québec qu’aux États-Unis ! La dramaturge que je suis aujourd’hui a trouvé son élément déclencheur dans les catacombes du sous-sol pavé de souffrance de ma compatriote…que je remercie en passant de m’avoir appris à dépasser mes limites du supportable pour pouvoir en parler en temps et lieux…

 

 
Quels sont vos espoirs pour la jeunesse haïtienne  d’Haïti?

J’ai pleinement confiance en la jeunesse de mon pays, plus que dans les générations qui m’ont précédée  et dont je suis. J’ai eu la chance de visionner en primeur un documentaire de Moïse Kharméliaud qui a renforcé mon espoir que cette jeunesse nous offre l’occasion de croire encore dans la possibilité d’une autre Haïti. Nous devrions les écouter, les encourager, les accompagner sans les forcer à marcher dans nos traces défectueux d’adultes égoïstes formés à l’école de la réussite individualisée et individuelle. Sans sa jeunesse, Haïti serait perdue.

 

Quels sont vos espoirs pour la jeunesse haïtienne de la diaspora ?

Depuis le séisme, je suis agréablement surprise par toutes les initiatives de cette jeunesse dont certains membres n’avaient ou n’ont jamais visité Haïti qu’elle revendique comme SA terre. De ce point de vue, je suis confiante que l’avenir d’Haïti se dessine beaucoup plus optimiste avec nos enfants nés à l’extérieur qu’avec nous des générations passées qui n’arrêtons pas de galvauder nos liens avec «Papa Dessalines».

 

Que pensez-vous de la présence de la Minustah en Haïti ?

Au début des années 90 lorsque cette Mission est arrivée, je croyais, comme beaucoup d’autres d’ailleurs que le nom définissait le rôle : la mission devait stabiliser une situation instable pour s’en aller ensuite. Mais l’instabilité s’étant érigée en système, la Mission de stabilisation s’est incrustée…et a mué en force stable et fait des petits…puisque nous éprouvons tant de misère à former nos policiers et dansons nuit après nuit la danse du crabe. Je me demande encore si ce volet de formation professionnelle des policiers dont on entendait parler de temps en temps figurait dans l’agenda. Si tel était le cas, après plus de 18 ans, nous aurions eu une force de police nationale formée à répondre au moins aux besoins de la population lors des catastrophes naturelles. En passant, ce serait un bon sujet de reportage : répertorier les enfants de la MINUSTHA en Haïti…juste une «idée!»

 

Quels conseils donneriez-vous à la diaspora haïtienne concernant son pays d’origine ?

Nous devons continuer la bataille pour la reconnaissance de nos droits de citoyens à part entière et ne plus accepter de n’être que des pourvoyeurs portant à bout de bras l’économie d’un pays qui nous radie et nous méprise quand vient le temps d’en être participants. Parler d’Haïti à nos enfants, leur transmettre les meilleurs éléments de notre culture.

 

Madeleine Bégon, avez-vous réalisé le rêve de votre vie ?

Je dirais partiellement. Je voulais avoir dix enfants mais n’en ai que six…j’imagine que ce sera pour ma prochaine incarnation…il me faudra revenir pour continuer mon travail d’âme avec les quatre autres que je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer au cours de ce passage dans cette dimension-ci. Pour le reste, je crois que tout ce que mon esprit peut imaginer ou concevoir peut se réaliser, alors, j’ai d’autres rêves. Après tout, la vie ne commence-t-elle pas à 40 ans ? Je vois poindre quelques cheveux blancs, c’est signe que je vais commencer à vivre !

…Oh ! Nous avons 3 dernières questions pour vous…et pas des moindres…

 

…Pourquoi avais-je l’impression que ce n’était pas fini? … (rires)

Vous êtes en plein procès avec la comédienne Fabienne Colas pour « plagiat d’idée », à quel niveau se trouve ce débat juridique… A quel dénouement attendez-vous de cette singulière histoire…parlez-nous en long et en large de la genèse de cette affaire?

(soupires) …Pour répondre à cette question je dois d’abord rectifier pour vous les termes «plagiat d’idée». Une idée est virtuelle, non inscrite sur un support matériel transmissible. Ce qui est loin d’être le cas du projet de télévision multiethnique en français « l’Autre TV ». Ce projet a été soumis à consultation publique depuis 4 ans, en 2011, les actes sont consignés sur divers supports papiers déposés en preuve en plus de nos enregistrements audios et vidéos.

 

Maintenant, vous avez en main la licence (autorisation de fonctionner) du Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes (CRTC)… Comment voyez-vous une compétition entre « DiversitéTV » de Fabienne Colas et « L’AutreTV » de Madeleine Bégon-Fawcett?

La concurrence/compétition suppose deux objets de même nature…une orange ne sera jamais en concurrence avec une mangue. Il faut faire attention pour ne pas confondre concurrence avec «parasitisme» ou «parasitage». C’est du «surfing» mon ami, la bonne vieille technique du figuier maudit

  En passant, «diversité-tv» n’est qu’un dérivé sémantique (parasite) forgé de « L’AUTRE TV » et de son slogan depuis 2009: la voix de la diversité,  signature électronique figurant au-bas de tous mes messages (courriels). Par ailleurs, je ne me suis jamais vue comme concurrente d’organisateurs d’évènements qui normalement seraient des partenaires et que je supportais d’ailleurs car je suis une créatrice de contenus d’évènements.

  Si les lobbyistes devenaient des pieuvres et gobaient tous les projets dont ils sont informés ou qui leur sont confiés en se basant sur leur carnet d’adresses pour aller chercher les subventions en leurs noms? Pourquoi Céline Dion a-t-elle prénommé son fils Eddie?! À chacun ses talents ses forces et ses limites. Moi, je connais les miens ainsi que mes domaines de compétences. À moins de se contenter d’empiler des projets mort-nés ou d’amalgamer du bouillon réchauffé, ce que notre Grand FrankÉtienne appelle du «bleng-bendeng», un projet ça se prépare.

  Puisque vous parlez de ce cas que je trouve triste et honteux pour notre communauté, aviez-vous eu accès à notre affidavit? Aux documents supportant notre plainte? Avez-vous eu copie des documents déposés en défense? Aviez-vous lu les énoncés des deux licences octroyées par le CRTC? C’est vraiment regrettable de voir ce qui se publie autour de cette affaire. Certaines décisions de juge semblent PLUS VALABLES que d’autres alors qu’elles portent les mêmes sceaux d’un système de justice UNIQUE. Il se peut que mon niveau de compréhension de la langue française soit en-deçà de la moyenne et que ses subtilités m’échappent. Autrement, les interrogatoires préliminaires débutés et interrompus le 02 mai dernier (après la décision du 13 avril du Juge Chabot concernant la mesure de sauvegarde) se poursuivent sur ordre de la Cour Supérieure du Québec en date du 14 juin 2012. Nous attendions la confirmation d’une des 3 dates du mois de septembre 2012 proposées par nos procureurs pour interroger la concernée, mais les interrogatoires des concernés auront lieu vers la mi-octobre, d’après ce que je viens d’apprendre auprès de qui de droit.  Le dossier judiciaire suit son cours et ce sera à la justice de trancher.

 

Quand comptez-vous démarrer avec les premières émissions d’essai?

Bien que fortement contrarié dans notre agenda par ce malencontreux acte de sabotage irresponsable et la destruction volontaire de notre travail des quatre dernières années, nous y voyons et ne donnerons pas de date pour le moment.

 

Un dernier message au peuple haïtien de l’intérieur et de l’extérieur?

Gardons en mémoire la lutte de nos ancêtres ainsi que la devise inscrite sur notre drapeau «L’union fait la force». Apprenons à apprécier le travail des autres, à respecter nos limites, à reconnaître que la réussite est plus grandiose quand elle est collective. « Se katèl ki bat »…

 

Madame  Madeleine Bégon, ‘CANAL+HAITI’  vous remercie pour  votre support dans le cadre du Mouvement de la Reconstruction d’Haïti, de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.

Tout le plaisir est pour moi. Félicitations pour cette belle vitrine mise à la disposition des citoyens des diasporas.

 

Propos recueillis par Andy  Limontas pour la Chronique « Diasporama » de CANAL+HAITI: l’Agence Haïtienne de Nouvelles. Tous droits réservés

email (courriel): canalplushaiti@yahoo.fr / lautretv@ymail.com

Copyright@CANAL+HAITI, Septembre 2012

5 Comments add one

  1. You have actually created some excellent points here. I specifically appreciate the way you

  2. I am not a professional writer, but I do realize great work when I see it. Your content is of high quality and your standards are at a high bar.

  3. Gabriela says:

    What’s up to all, how is all, I think every one is getting more from this website, and your views are nice in favor of new people.

  4. Stephany says:

    I’d like to thank you for the efforts you’ve put in penning this site.
    I am hoping to check out the same high-grade content from you later on as well.
    In truth, your creative writing abilities has motivated me to get my own, personal site now 😉

  5. KATTLYNE BREDY says:

    Mes félicitations

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*