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Haïti/Réflexions: Les Voies de Pascale – 11, Pascale Montfort, la voix sans religion.

Written on:septembre 13, 2015
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Pascale Montfort

Pascale Montfort

Le Nouvelliste », Ticket Magazine

Pascale Montfort, un grand nom du chant religieux dans notre pays. Elle a chanté devant le pape Jean-Paul II en 1983. Grâce à sa voix au timbre unique, des chansons comme « L’hymne à la création » ou « Allons de l’autre bord » sont devenus des classiques même en dehors de la communauté catholique. Son départ de l’église catholique en 2009 pour la foi baptiste a déclenché des hostilités tant de la part de clercs que de fidèles et de fans. Depuis, sa course a continué pour aboutir aujourd’hui à une foi sans les verrous d’aucun système de croyance. Dans cet interview-choc, la voici qui envoie valser tous ceux qui sont tentés de croire qu’elle est instable en raison des choix qui jalonnent son histoire.

INTERVIEW !

Parle-nous de la Pascale d’aujourd’hui.

Je suis en pleine forme ! Sur la ligne de départ ! Prête à m’envoler en n’emportant que mon ordi, mon imprimante, ma guitare, mon piano et ma clef internet ! En effet, je me sens comme au terme d’un long voyage, d’une longue quête. Prête maintenant à aller non plus là où je veux, mais là où la Vie elle-même aura décidé… Je ne choisis plus…. Toute ma vie est dédiée à la quête de la Vérité, d’une Perfection, d’un Accomplissement, d’un Autrement, en un mot, de Dieu, de celui qui transcende tout et qui un jour viendrait mettre un terme à la souffrance, à l’injustice, à la finitude. Ce qui m’a valu des choix douloureux, intrépides, mais qui ne m’ont pas apporté de réponses. Sinon une seule : Dieu n’est pas ailleurs. Ce n’est pas un Dieu qu’il faut aller chercher pour qu’il « vienne ». C’est à chacun, au contraire, de découvrir que toute cette noirceur n’existe que parce que nous n’avons pas compris qu’une Lumière habite en nous et peut changer toutes nos perspectives des choses, des gens, des circonstances, du mal, du bien, de la mort, de la vie…

La dernière fois qu’on s’est rencontrés, c’était en 2009, tu venais de quitter la foi catholique pour embrasser la foi baptiste. Où en es-tu aujourd’hui ?

Eh bien, l’expérience ne s’est pas arrêtée là. Ces cinq dernières années, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Mais surtout, cette « fugue-escapade » religieuse a été pour moi l’occasion de découvertes les unes plus enrichissantes que les autres. Et aujourd’hui, je peux dire que ma grande joie, mon bonheur même, est de pouvoir communier avec tout le monde, dans le respect le plus profond et le plus sincère des croyances des personnes. Sans condescendance et sans jugement AUCUN. Simplement parce que moi, dans mon cœur, je n’ai plus aucune étiquette religieuse. Comprendre – tout bêtement – que Celui qui fait lever chaque jour le soleil sur TOUS sans exclusivité et sans discrimination, le Dieu des Lamentations qui renouvelle ses tendresses chaque matin, et dont les compassions sont inépuisables, n’avait rien, mais absolument rien à voir avec les systèmes religieux, a été ma plus grande acquisition. Force m’a quand même été d’admettre que les religions ont ceci de bon, comme dénominateur commun, d’aider, en général, à réguler les comportements sociaux. Mais ceci tombe au moment où tu te trouves devant un individu qui, lui, émerge du statu quo et veut s’approprier sa liberté divine, sa liberté royale. Tu connais l’histoire du jeune homme riche. Comme tous ceux qui s’appliquent à rester dans « la loi », il croyait avoir tout fait pour mériter la Vie Eternelle… Pourtant Celui qu’Il appela « Bon Maître », tout en reconnaissant la valeur de son vécu, ne manqua pas de lui rappeler que tout cela ne servait que d’apprentissage, d’entraînement mais que ce qui a du prix, la vrai réussite, est non pas dans les œuvres mais dans le renoncement et le dépassement de soi.

Tu as chanté pour le pape Jean-Paul II quand il a visité notre pays. Peux-tu revenir sur ces belles années de carrière qui ont suivi ce grand privilège ?

Cette question est une occasion pour moi de m’incliner devant plus grand que moi, qui a déposé en moi ce que j’appelle un charisme de consolation par le chant, que je n’ai fait qu’assumer et partager, et qui reste le plus beau trésor que je possède puisque aujourd’hui je suis nourrie de l’intérieur par mon chant silencieux. Il est vrai que je suis née dans une famille d’artistes. Mon père et ma mère, mes sœurs et même des oncles et tantes ont chanté dans le temps. Mais je dois à Mgr Louis Kébreau, Papi Lou, qui alors que j’étais adolescente, m’a mis un microphone dans la main, d’embrasser cette vocation que j’ignorais porter en moi. Je chantais avec les Gitans lorsque j’ai eu le privilège, comme tu dis, d’accueillir à l’aéroport le pape Jean-Paul II. Par la suite, découverte en 1990 par madame Marie-Claude Laforest, et sur sa recommandation, j’ai été accueillie par les Sœurs de St-Joseph de Cluny, à la chapelle de Ste-Rose de Lima où j’ai assuré pendant quatorze ans l’animation de la messe de 7 h. En fait, mon talent est de faire chanter les gens. Voilà ! Et mes albums n’ont été que le reflet de ces beaux cantiques que j’ai pratiqués toutes ces années dans mon ancienne école. Je n’aurais pas connu ce succès sans mon guitariste et ami, Jean-Georges Bertrand, « The Best in Town », avec qui, en 1990 justement, j’ai monté le groupe d’animation liturgique “VOIX ET GUITARE”. Nous avons fait de grandes et belles choses ensemble.

Si tu es arrivée à un divorce, on présume que ton mariage n’a pas été une totale réussite. Si tu devais te remarier un jour, quelles erreurs te garderais-tu de commettre pour que l’histoire ne se répète pas ?

Une de mes chansons préférées, et qui prend aujourd’hui tout son sens pour moi enchaîne dans son refrain avec ces paroles : « Si l’on pouvait choisir sa vie, je choisirais la vie que j’ai, avec ses joies et ses regrets : JE RECOMMENCERAIS ». Je n’ai aucun regret. Et des choix que longtemps j’ai considérés comme des erreurs se révèlent aujourd’hui à moi comme des leçons de vie. Je te partagerai donc que je ne considère pas mon mariage comme un désastre. Il m’a donné un fils merveilleux. Il m’a donné un ami aussi, en la personne de mon ex-mari. Et mon divorce a été pour moi l’occasion de vivre moi aussi un peu de la souffrance d’une femme seule en Haïti, d’être exposée à la détresse qui accompagne cette solitude et de trouver seule ma porte de sortie. Ce qui fait que j’ai aujourd’hui non pas des chimères et des frustrations à colporter, mais du courage et une espérance à partager avec les autres.

Tes actualités, tes projets ?

Comme je l’ai dit tantôt, je suis sur le départ… toute tendue vers un reste de vie sur cette terre que je n’aurai pas choisi mais que j’embrasse à plein cœur, les yeux ouverts, chaque jour, un jour à la fois. Dans l’intervalle, pour passer le temps, j’ai recommencé à chanter, espérant finaliser mon projet de produire un ou deux autres albums. Et d’offrir des tours de chants dans les écoles et les institutions, pendant une année, pour préparer le 25e anniversaire de “Voix et Guitare”. Et je travaille en même temps dans la santé, à un niveau où je peux contribuer à rendre accessible des soins de qualité à une tranche de la population qui n’a pas beaucoup de moyens. Lorsque l’occasion se présente, je suis toujours heureuse de chanter – en m’accompagnant de mon piano, que j’ai repris depuis ces derniers mois – , pour apporter consolation et joie aux familles éprouvées par le deuil. Je m’attelle aussi à faire passer du rêve à la réalité une organisation que je dédie à la mémoire de feu mon père, l’ingénieur-architecte Mathieu Duplan et qui offrira ses services aux personnes âgées. Nous en reparlerons.

Le message de Pascale à ses fans ?

Je veux remercier ces milliers de personnes que je ne connais pas mais qui, je le sais, écoutent mes interprétations avec joie. Je veux leur dire que l’essentiel n’est pas Pascale, mais Dieu dans ce qu’Il a réalisé à travers ma voix et à travers la guitare de Jean-Georges. Je veux aussi dire un merci tout spécial à la Radio Soleil et à toutes les chaînes protestantes ou non confessionnelles qui accordent de la place dans leur programmation à nos albums. Un merci particulier à Radio CANALPLUSHAITI, qui, en ligne, consacre de longues heures à faire connaître nos chants de par le monde. Voilà !

Credit: Le Nouvelliste/TicketMagazine

N.D.L.R.- La chronique hebdomadaire «Les Voies de Pascale » présentée, par Marie Pascale Duplan en partenariat avec CANAL+HAITI, est sponsorisée par :

 La Compagnie Du Bel-Âge CBEL de Madame Marie Pascale Duplan

L’ Académie Canado-Haitienne de Madame Madeleine Begon-Fawcett

Le Collège Canapé-Vert de Madame Franck Paul

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