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Haïti/Réflexions: Petite pédagogie sur la passation de pouvoir institutionnel.

Written on:janvier 31, 2015
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Pradel Henriquez

Pradel Henriquez

En voici le contexte:
Depuis ces 25 dernières années, je constate en tant que « citoyen » de plus en plus avisé, que beaucoup de changements politiques se font dans mon pays, avec des incidences certaines sur l’administration publique haïtienne qui loin de s’améliorer, se détruit de préférence, se délite, s’en va vers la mer. Avec les femmes et avec les hommes qui ont dirigé. Celui-ci s’en vient et s’en va. Celle ci s’en vient et s’en va.

On entre, on sort, on bouge, ou on ne bouge pas. On s’en va. On s’enrichit, on vole, on pille, on nomme, on révoque, on est arrivé maigre, dans l’institution, on s’en sort gras, comme un chat, ou comme un cochon. On s’en va. On passe des contrats, on chambarde, on régresse, ou on progresse. On s’en va. On engage durant son mandat, ou sa fonction, toute l’institution dans de beaux draps  et même dans certains cas, dans des scandales qui salissent son image. Puis , on s’en va. On emporte des succès, on amène des lauriers, on s’en va. Avec ou sans loi de référence, avec ou sans un document de politique, sans cadrage aucun, sans étalage de sa mission, de ses attributions secrètes ou ignorées. Le jour venu de partir, vraiment, on s’en va. Pas un lien n’est tout à fait établi entre le passé et l’avenir… institutionnel. Pour moi, ma réflexion se base sur le fait que l’institution est et demeure avant toute chose.

Je dédie en passant ce nouveau texte , sur la passation de pouvoir institutionnel, à un ami de facebook, James Blanc , (parmi les 5000 que j’ai et auxquels je dois tellement de choses) avec qui j’ai eu, ce vendredi 30 janvier 2015, une discussion intéressante, puisque celle-ci m’inspire finalement, une nouvelle réflexion, une nouvelle production de pensée, d’esprit. Mon ami James Blanc va sur le site du ministère de la communication et il me choisit la photo d’une cérémonie qui a eu lieu, peut-être, au ministère de la communication, pour illustrer la présence d’après lui, du docteur Harisson Ernest, ancien DG de la TNH, à une quelconque cérémonie dont j’ignore la nature et la portée. Tandis que le mercredi 28 janvier 2015, à la TNH, Delmas-33, s’est tenue une cérémonie de passation de pouvoir, entre l’ancien DG, Harisson Ernest et le nouveau DG, Monsieur Hérold Israël, Je tiens Dieu, ici, pour témoin, que Monsieur Harison Ernest, l’ancien DG, était le grand absent ce jour là, à la TNH, Delmas 33, route de Delmas, le mercredi 28 janvier 2015, vers midi. Je veux qu’il comprenne , entre autres, mon ami James Blanc, le sens de cette présence physique par exemple, de Stéphane Malebranche, du ministère de la culture, ou encore, du docteur Harisson Ernest , de la TNH, ou enfin du colonel Himmler Rebu, du ministère de la jeunesse et des sports, aux cérémonies de passation de pouvoir à leur successeur respectif, dans leur INSTITUTION PROPRE. C’est une question de vie ou de mort.

J’imagine un instant, (je ne sais pas, je ne sais rien et j’ai horreur de parler de chose que je ne maitrise pas) que peut-être le ministère de la communication a du réaliser une cérémonie de passation spéciale, dans ses locaux de je ne sais quelle adresse, pour empêcher a Monsieur Harisson Ernest d’échapper à la foudre de ses employés, ou du public qui ne l’aime pas, étant donne l’énormité du scandale dans lequel il s’est retrouve juste avant de partir de son poste. Si tel était le cas, le geste du ministère de la communication n’est pas la solution….Mieux vaut plaquer aux trousses de Harisson Ernest, toute la police nationale PNH pour le forcer a venir remettre le pouvoir à son successeur désigné.

Or, cette pensée ne concerne pas seulement, à mon humble avis, la fonction publique , privée ou internationale, elle concerne tout contexte normal de transition institutionnelle, de changement humain qui, s’il ne se fait pas dans les normes, risque de se transformer purement et simplement en  » rupture ». C’est cette rupture que je veux combattre. Elle est dangereuse pour la survie de l’institution.

Je tiens à préciser ici, en résumé, qu’un Grand Commis de l’Etat (DG, Secrétaire d’Etat , Ministre, PM, Président de la république, mais aussi, un coordonnateur général, un directeur, un Directeur exécutif, un CEO, un président de conseil d’administration, toute ressource humaine qui a géré, décidé, administré, orienté, dirigé, ordonné,) se devrait d’être à son poste, dans les locaux de sa boite administrative qu’il avait toujours dirigée, animée, depuis sa nomination jusqu’à son remplacement formel (révocation, transfert ou promotion) .

Bref, à l’instar du colonel Rebu, il doit être à son poste, courageusement , fièrement, dignement, il doit être sur les lieux, dans son institution qui reste SIENNE, tant qu’il n’aura pas passer le maillet symboliquement comme on dit, à son successeur désigné, élu ou nommé.

La passation de pouvoir institutionnel est un jour de bilan, un jour de bilan public, C’est donc un acte symbolique qui va de la stabilité même de l’institution, de sa continuité, de la transparence à évaluer devant la presse, devant la société, les mondanités, le vin , le champagne, la bière, etc., les équipes, restante ou sortante, qui doivent se consulter sur le destin de l’institution. Une passation de pouvoir institution ce n’est pas seulement le simple fait de passer le pouvoir, c’est aussi l’occasion, de transmettre une compétence, un savoir, une expérience, d’échanger sur les dossiers en général, les grands dossiers de l’entreprise ou de l’institution.

Il est définitivement trop simple que tout individu , à la faveur d’un temps donné, puisse arriver dans une boite et en ressortir par la petite porte, sans bilan, sans rendre compte, sans regarder son personnel dans les yeux, sans leur dire au revoir. Sans cette même cérémonie où il a été installé. Le désir d’entrer doit, sil est un choix, s’animer de ce même choix de sortir, heureux ou malheureux. Mais avec un minimum de respect et de protocole. Tout au moins, un minimum devoir de dire adieu à celles et à ceux qui nous ont accompagnés dans nos délits, dans nos forfaits, dans nos actes manqués, ou même, si tel était le cas, souvent, parfois, dans nos grandes réalisations…

 

Crédit: Pradel Henriquez

 

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