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Haiti/Scandale: Vingt-trois ONG impliquées dans des abus sexuels sur enfants en Haïti

Written on:février 19, 2018
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ox1Les révélations sur le fonctionnement d’OXFAM en Haïti continuent malgré les efforts de l’organisation pour sortir la tête de l’eau. Pire, les effluves de l’affaire atteignent d’autres ONG œuvrant en Haïti. Save The Children publie un rapport « accablant » révélant que 23 organisations humanitaires, de maintien de la paix et de sécurité ont abusé des enfants en Haïti, en Côte d’Ivoire et en Soudan su Sud. Des enfants de 6 ans ont été forcés à des rapports sexuels par des travailleurs humanitaires en échange de nourriture.

Le rapport révèle en plus que OXFAM et les autres agences d’aides humanitaires ont été informés de ces viols et de ces exploitations sexuelles il y a dix ans. L’information a été relayée par le journal britannique The Independent qui relaie l’inquiétude exprimée dans le rapport : « Chaque organisme est menacé par ce problème … les efforts actuels pour protéger les enfants de l’exploitation et des abus sexuels sont inadéquats ».

Plusieurs formes d’exploitations sexuelles ont été énumérées par le rapport y compris le viol, la prostitution, la pornographie, l’esclavage sexuel, les agressions et la traite selon les témoignages des victimes. Une mineure de 15 ans a raconté que des travailleurs humanitaires lui ont offert 2 livres sterling pour des rapports sexuels.

« Les hommes m’appellent dans les rues et ils me demandent d’aller avec eux », a déclaré une autre Haïtienne. « Ils font cela a toutes les jeunes filles », a-t-elle déclaré. Plusieurs autres victimes ont aussi livré le récit de leur drame contre des « travailleurs humanitaires ».

Une fille de six ans a déclaré avoir été abusée par un « employé d’ONG » après avoir reçu un dollar. Ce viol lui a causé plusieurs séquelles physiques. Des garçons, comme elle, avaient été également violés selon les propos de la jeune fille.

Les victimes sont restées impuissantes face à cette situation. « Lorsqu’on leur a demandé pourquoi l’abus n’avait pas été signalé, les enfants ont dit craindre de perdre leur aide, ne pas faire confiance aux autorités locales, ne pas savoir à qui s’adresser, se sentir impuissants ou craindre la stigmatisation et les représailles », peut-on lire.

Selon la déclaration des enfants victimes, plusieurs de leurs bourreaux ont pu tranquillement laisser le pays alors qu’ils étaient recherchés par la Police locale. D’autres ont seulement changé de postes au sein des institutions où ils travaillaient pour échapper aux accusations.

Les recherches sur ledit rapport ont effectué en 2007 lors de la crise alimentaire mondiale qui a débouché par une émeute de la faim en Haïti. Corinna Csaky, qui a rédigé le rapport, a indiqué qu’une copie préliminaire a été envoyée au PDG d’Oxfam et à toutes les grandes ONG internationales, ajoutant: « Dans notre lettre d’accompagnement, nous avons souligné que notre recherche révélait un problème sectoriel, mais nous n’impliquions personne organisation particulière par nom. »

Mme Csaky qui est une conseillère mondiale en développement et ne travaille plus à Save The Children dit que l’organisation de bienfaisance recevait des rapports « anecdotiques » des exploitations sexuelles sur le terrain. « La chose la plus importante que vous puissiez faire pour empêcher cela est d’investir dans ces communautés », a-t-elle déclaré à The Independent.

Selon elle, les organismes de bienfaisance doivent changer de politiques et de mécanismes de développement afin d’informer les femmes et les filles à propos de leurs droits et aussi protéger les enfants. « C’est l’environnement qui rend l’abus possible », ajoute-t-elle.

Corinna Csaky dit avoir été surprise de voir comment ce phénomène affecte toutes les ONG. Elle refuse de dévoiler le nom des 23 organisations impliquées, mais affirme qu’elles faisaient partie du « spectre complet ». « Nous avons organisé des événements pour parler de ces questions et des solutions où tous ces donateurs et exécutants faisaient partie de ces conversations », a-t-elle ajouté, affirmant que le rapport a suscité des réunions et des réformes au sein de l’ONU.

« À la suite du rapport de Save the Children, un haut responsable du personnel d’Oxfam s’est rendu en Haïti pour évaluer la situation et des mesures ont été mises en place » selon un porte-parole d’OXFAM. Cependant, il reconnait que les mesures prises par son organisation avaient été insuffisantes et que les enquêtes auraient été biaisées par des membres du personnel.

Le gouvernement britannique a exigé que toutes les organisations caritatives opérant à l’étranger protègent les personnes vulnérables et fassent référence aux plaintes suite aux révélations faites sur Oxfam. La Commission des Charités a lancé une enquête juridique et la secrétaire au développement international, Penny Mordaunt, a déclaré : « Nous sommes convaincus qu’ils peuvent répondre aux normes élevées que nous attendons.

Oxfam s’est engagé à publier une enquête interne en 2011 sur les allégations d’inconduite sexuelle et autre en Haïti, qui ont entraîné le licenciement de plusieurs membres du personnel et la démission du directeur du pays. Dans le cadre d’un plan visant à « éradiquer la violence », l’organisme de bienfaisance lance un examen indépendant de sa culture en créant une base de données mondiale d’arbitres accrédités.

Crédit: Hadson A. Albert

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