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Haïti/Société: Jacqueline Charles, vivre en Haïti, un luxe !

Written on:avril 23, 2015
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fi4Ils sont nombreux à quitter Haïti, illégalement, pour une destination étrangère. Leur avenir est ailleurs. Ils préfèrent l’évasion dans l’incertitude à la certitude misérable de leur existence. La mort peut être la destination, ils le savent. Un raccourci vers le paradis ! De toute façon, ils ont réalisé que leur royaume n’est pas de ce monde.

Aujourd’hui, j’attire ton attention sur JACQUELINE CHARLES. Début trentaine, nez épaté, peau foncée et grasse. Elle a le profil de toutes ces compatriotes que, toi et moi, nous croisons, sans les remarquer dans les rues, sur les trottoirs qu’elles transforment en marché, ou agrippées à un tap-tap . Elle fait partie des 80% qui conjuguent le verbe Avoir à la forme négative. Je n’ai pas d’éducation ! Je n’ai pas d’argent ! Je n’ai pas une situation ! Je n’ai pas le choix que de partir.

C’est dans une vidéo postée sur Facebook (j’adore Facebook) par une chaîne de télévision de la diaspora, Télé Image, que je vais découvrir cette femme. JACQUELINE CHARLES, dans mon intimité, sur l’écran de mon laptop que j’ai payé avec 6 fois son salaire mensuel. JACQUELINE CHARLES et moi, en tête à tête grâce à la magie du Web. Est-ce que je t’ai déjà dit que j’aimais Facebook ?

Dans un créole aux couleurs nordistes, elle résume sa situation et expose son plaidoyer, pour une Haïti nouvelle. Le cri du coeur d’une mère, obligée d’abandonner ses 4 enfants dans 3 foyers différents. C’est que les pauvres, vivant déjà entassés et en surnombre, n’ont pas une grande capacité d’accueil. Elle est en quête d’un travail qui lui permettra de subvenir à ses obligations. Elle est rongée par l’idée de ne pas voir tous les matins ses enfants partir pour l’école. Le coeur meurtri, les yeux mouillés, elle peine à manger, leur absence pèse, un noeud se forme dans sa gorge.

JACQUELINE CHARLES ne parlera pas à ses enfants sur Skype et elle ne les verra pas sur Instagram. Elle est coincée, quelque part, entre le Moyen Age et la Révolution française. Elle est prise dans un » bug social « .

Durant les trois minutes que dure son entrevue, elle respire, à peine. Ça ne lui arrive pas souvent de s’adresser à nous. Elle en profite. Elle évoque les dangers du passage de la frontière, les humiliations vécues, mais surtout elle propose la solution pour briser ce cycle :l’union des élites politiques et économiques pour la création d’emplois. Elle ne prône pas la révolution (enfin pas encore). Elle ne cherche pas à briser la pyramide. Elle crie sa misère, pour qu’elle arrive jusqu’à toi et moi, là-haut, afin qu’on l’entende.

Cette femme, c’est la majorité : est-ce là une bombe à retardement ou un levier de développement ? Nos choix le détermineront…

Le défi de JACQUELINE CHARLES est fondamental. Ça devrait être un enjeu électoral. Mettre la population au travail. Pour cela, l’agriculture doit être revigorée. L’agro-industrie développée. C’est l’un des secteurs le plus générateurs d’emplois, à court terme. Dans un rapport datant de 2013 et intitulé « Agriculture as a sector of opportunity… »la Banque mondiale souscrit à l’approche confirmant le secteur agricole comme le plus gros employeur dans les pays d’Afrique. Et selon l’Organisation internationale du travail, « un secteur agricole solide est nécessaire à une croissance économique soutenue et à la création d’emplois mieux payés »

Pourtant, d’immenses propriétés fertiles restent non cultivées. Ce secteur pourrait offrir des milliers d’emplois aux jeunes. D’abord, il faut combattre dans leur esprit l’image repoussante et décourageante du travailleur agricole en haillons mal outillés et victimes des intempéries. Ensuite, donnons-leur accès aux infrastructures, aux formations professionnelles, aux services d’assurance, et au crédit à un taux raisonnable pour leur permettre de prospérer.

JACQUELINE CHARLES nous demande, dans un langage teinté de naïveté, de nous organiser en nation. Un groupe d’hommes et de femmes liés par l’histoire et la culture, contre un opposant commun: la misère. Nous ne pourrons pas éternellement détourner nos regards de ceux qui nous regardent vivre nos privilèges. Aucun mur, aucune armée ne pourront nous protéger de ces enfants affamés et aigris qui auront vécu sans la présence et l’affection d’une mère. D’ailleurs, nous les appelons des « sans-manman ».

Visionne cette vidéo sur ma page Facebook ( Aly Acacia) JACQUELINE CHARLES y a laissé un message pour toi !

 Crédit:    Aly Acacia   

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