Google

Jean-Jacques Dessalines/Haïti: 17 Octobre 1806, Dessalines maintenant!

Written on:octobre 17, 2014
Comments
Add One
Jean-Jacques Dessalines

Jean-Jacques Dessalines

Ce 17 Octobre rappelle une date importante dans notre histoire. Elle symbolise un moment fort, mais tragique et lourd de conséquences dans notre devenir de peuple.

L’assassinat du général Empereur Jean-Jacques Dessalines représente un coup fatal à la révolution de 1804. Le Héros personnifie la bravoure de la victoire. Il a réussi à imposer son leadership politique favorable à l’édification du nouvel état. L’étonnant réalisme du chef en est très révélateur. Dessalines a compris que le glas du colonialisme esclavagiste a sonné. Toutes les conditions pour un changement radical sont remplies, En témoigne son refus à toute forme de négociation avec l’ennemi historique.

En effet, l’Indépendance de 1804 lui donnait l’occasion de poser les premiers éléments de fondation pour la construction d’une Haïti libre, autonome et prospère. Dessalines fut proclamé par les siens Père-Fondateur de la nation, signe d’adhésion générale à la cause pour laquelle il combattait. La préservation des acquis de la liberté constitue l’urgence de l’heure. Le gouvernement qu’il avait dressé se fixait en autres objectifs de: 1- parvenir à l’unité nationale en érigeant un état fort, institutionnalisé, 2- réhausser l’image de la race noire, victime séculaire d’un modèle criminel de la domination de l’homme par l’homme, 3- redynamiser l’économie intérieure et l’élever dans les sphères du marché internationale…

Le socialisme Dessalinien se dessine avec les couleurs vives de la parité sociale, de la justice sociale, de l’humanité comme prémisse de relation entre les peuples. Il restait, pourtant, un homme ferme, solide dans ses décisions. Son assertion accordant le massacre des français restés dans leurs domaines sur le territoire haïtien est la preuve manifeste qu’il posait les bons actes en temps opportuns. Certains critiques se méprennent sur cet « événement malheureux », mais incontournable à la consolidation de l’Indépendance menacée de toutes parts par les puissances colonisatrices et impérialistes de l’époque. L’Empereur a juré sur sa vie plutôt que de voir Haïti à nouveau esclave.

Dessalines n’est pas mort! Sa présence symbolique doit participer à réifier la mémoire de 1804. Nous pouvons retrouver cette unité spontanée de peuple pour nous propulser vers la construction d’une société de bien-être et de richesse aux yeux de l’humanité. Mais pour ce faire un travail ardu doit nous appeler. Cette tâche réclame de la grandeur d’âme. C’est, tout d’abord, se sentir haïtien. Et, ensuite, transformer nos habitudes collectives en ramenant nos intérêts individués aux intérêts nationaux. C’est la mission première que doivent cultiver nos politiques.

Notre comportement en termes d’organisation de peuple souffre d’un trouble psychologique profond. Cette affection remonte aux conditions historiques de la dynamique de notre constitution. La nation est née dans des conditions de malformation qui ont perverti les voies pour un développement réel. Si Dessalines et les citoyens de la révolution se trouvaient à un carrefour où l’érection de l’haïtianité a paru possible; Saint-Domingue a vite repris le dessus et toutes les contradictions de l’époque coloniale ont ressurgi. Fort de ses idéaux, l’Ancêtre apprécié a tenté de colmater définitivement les brèches de l’ère esclavagiste. Le renforcement endogène de l’état représentait pour lui la voie la plus sûre à la construction d’une société de progrès.

Mais l’Histoire a décidé autrement. Le complot du Pont-Rouge grave de sa plume indélébile les parois de notre cheminement sur cette terre patrie. Devons-nous aujourd’hui considérer cet assassinat comme un drame? Jamais! Il doit plutôt exprimer le rattachement qui nous lie à la cause haïtienne. Une relation holiste unit chaque homme à son histoire. C’est le fruit d’une complexité insaisissable.

En cette 206eme année de la mort du Fondateur de la nation, nous commémorons l’expérience d’une vie unique sacrifiée au service de ses compatriotes et frères, au service des générations du futur dont nous sommes les progénitures lointaines.

Cet engagement doit, aujourd’hui, réunir les haïtiens de partout pour un dialogue honnête avec l’histoire. Nous devons agir, et agir maintenir! C’est une responsabilité citoyenne!
Dessalines a donné l’exemple. Les politiques se doivent d’être des visionnaires. L’édification effective de cet état centenaire passera par des Dessalines contemporains. Sa gestion, pleine et efficace, sera le fruit d’une administration sérieuse et compétente. Mais nous devons commencer par le travail dissipateur des tares historiques inscrites dans notre mémoire collective de peuple.

Que ce personnage hautement qualificateur, car il est présent dans notre âme à chacun, puisse servir de tremplin pour des débats à la mesure des enjeux et pour un renouveau dans la définition de l’homme haïtien!

Pour l’histoire! A la patrie commune!

NDLR. – Publier pour la première fois le 6/10/2012

Crédit : Noel Jean Auguste

2 Comments add one

  1. Sony Sainto says:

    J’envoi mes condoléances pour Dessalines, lequel nous a donné l’indépandance.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*