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Venezuela/Crise : 12 pays dont Haïti invoque le traité TIAR contre le régime de Nicolás Maduro.

Written on:septembre 15, 2019
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Nicolás Maduro Moros, Président du Venezuela (Credit photo: AFP/Juan Barreto)

Mercredi, considérant que la crise au Venezuela représentait « une menace manifeste pour la Paix et la sécurité »,12 pays de la zone Caraïbe et Amérique latine ont signé au siège de l’Organisation des États américains (OEA), une résolution pour convoquer une réunion des Ministres des Affaires Étrangères des pays signataires du Traité interaméricain d’Assistance Réciproque (TIAR) afin que, dans la seconde moitié de septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York., décide des mesures à prendre contre le régime de Nicolás Maduro au Venezuela.

Les 12 pays membres du TIAR qui ont signé cette résolution, sont : Argentine, Brésil, Chili, Colombie, El Salvador, États-Unis, Guatemala, Haïti, Honduras, Paraguay, République dominicaine. et le Venezuela, ce dernier représenté par les délégués du Chef de l’opposition vénézuélienne Juan Guaidó. Rappelons que, le Venezuela s’était retiré de ce traité en 2013 à l’initiative du défunt Président Hugo Chavez, mais, en juillet dernier, le Parlement dirigé par Guaidó a approuvé le retour du pays dans ce pacte de défense, une décision que l’Exécutif de Maduro ne reconnaît pas. De son côté, le Mexique s’est opposé fermement.

La raison d’être de ce traité, est que toute attaque contre l’un des pays membres est considérée comme une attaque contre tous les membres et oblige les pays signataires prendre des mesures, y compris au besoin le recours militaire, pour défendre l’État attaqué. Le TIAR connu aussi sous le nom de « Traité de Rio » (une sorte d’OTAN américain ouvrant la voie à une intervention militaire) est un accord signé en 1947 (avant la fondation de l’OEA). 17 pays sont actuellement membres du TIAR : Argentine, Bahamas, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, États-Unis, Guatemala, Haïti, Honduras, Panama, Paraguay, Pérou, République Dominicaine, El Salvador, Trinité et Tobago et l’Uruguay.

Dans le cas du Venezuela, les pays membres ont utilisé l’article 6 du traité qui énonce des raisons autres que l’agression armée, conduisant à l’application du traité « Si l’inviolabilité ou l’intégrité du territoire ou la souveraineté ou l’indépendance politique d’un État américain sont affectées par une agression ne constituant pas une attaque armée, par un conflit extracontinental ou intracontinental ou par tout autre fait ou situation pouvant mettre en danger menaçant la paix de l’Amérique, l’organe consultatif se réunira immédiatement pour convenir des mesures à prendre en cas d’agression en faveur de la victime ou, en tout état de cause, de celles qui devraient être prises pour la défense commune et le maintien de la Paix et la sécurité du continent »

Selon la résolution adoptée, les pays signataires estiment la situation au Venezuela entre dans le cas de cet article estimant que « la crise au Venezuela a un impact déstabilisateur et représente une menace évidente pour la Paix et la sécurité dans le Continent américain » En outre, il a été allégué que « la présence des groupes narco-terroristes (FARC et ELN), agissant en complicité avec un gouvernement illégitime, mettent en danger non seulement le Venezuela, mais également des voisins comme la Colombie. »

Lors de la réunion qui se tiendra plus tard en septembre, les pays signataires du TIAR devront décider quelles pressions utiliser sur Maduro et déterminer s’ils rompent les relations diplomatiques et économiques, ou s’ils vont aller plus loin et décréter par exemple un blocus des transports maritime et aérien.

Un blocus maritime signifierait que les touristes qui se rendent sur l’île de Margarita (l’une des plus grandes attractions touristiques du Venezuela) ne pourraient plus entrer sur l’île, Si un blocus aérien était appliqué, aucun avion à destination ou en provenance du Venezuela ne pourrait traverser l’espace aérien des pays du TIAR.

L’ultime option, la plus agressive incluse dans le traité de Rio, est la possibilité d’un « recours à la force armée », mais pour le moment, certains pays comme les États-Unis, ont déclaré que cette option n’était pas à l’ordre du jour, Le Costa Rica, qui a aboli son armée il y a plus de 70 ans, a demandé aux pays signataires du TIAR d’inclure dans le texte de la résolution seules soient prises des mesures qui « contribuent à la restauration pacifique de la démocratie au Venezuela » ce qui exclurait le recours militaire. Toutefois, cette proposition a été rejeté et l’option militaire reste envisageable même s’il elle reflète pas actuellement la position des pays du TIAR.

Credit: CANAL+HAITI avec Haiti Libre

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