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Venezuela/Chavez-Maduro: Nicolas Maduro a prêté serment comme président par intérim.

Written on:mars 9, 2013
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Nicolás Maduro Moros, nouveau Président (par intérim) du Venezuela (Crédit photo: AFP/Juan Barreto)

Le vice-président du Venezuela Nicolas Maduro a prêté serment ce vendredi soir 8 mars devant l’Assemblée nationale comme président de la République par intérim. Lors de son discours d’investiture, il a demandé au Conseil électoral national (CNE) de convoquer « immédiatement » une nouvelle élection présidentielle.

« J’ai officiellement demandé à la présidente » du CNE de « convoquer immédiatement l’élection présidentielle », a annoncé M. Maduro. Elle doit se tenir dans un délai de 30 jours selon la Constitution à la suite de la mort du président Hugo Chavez.

Peu avant, Nicolas Maduro a prêté serment devant le président de l’Assemblée nationale et numéro deux du Parti socialiste au pouvoir, Diosdado Cabello.

« Je jure au nom de la plus totale loyauté au commandant Hugo Chavez que nous respecterons, que nous ferons respecter la Constitution bolivarienne (…) Je le jure!…(…)…La lutte continue! Vive Chavez! Vive Chavez ! Jusqu’à la victoire toujours, Comandante!…»

 A l’issue des funérailles de Hugo Chavez, Nicolas Maduro, son dauphin désigné, s’est lancé dans un discours lyrique d’une demi-heure.Il a promis au défunt une loyauté «au-delà de la mort» et la poursuite de son «combat pour les pauvres, l’éducation a-t-il déclaré au cours d’une cérémonie retransmise par les télévisions du pays. Étaient également présents des ambassadeurs étrangers ainsi que des dirigeants politiques, syndicaux et militaires vénézuéliens.

Boycott de l’opposition

L’opposition parlementaire, en revanche, a largement boycotté l’événement, accusant le pouvoir de « fraude constitutionnelle ». Gouvernement et opposition s’affrontent sur l’interprétation de l’article de la Constitution qui détermine qui doit assumer l’intérim jusqu’à la convocation d’une présidentielle anticipée.

Le Tribunal suprême de justice a jugé vendredi que M. Maduro était juridiquement fondé à prêter serment comme président par intérim et à se présenter à la prochaine présidentielle. Pour l’opposition, l’intérim devrait être assumé par le président de l’Assemblée.

L’investiture de M. Maduro est intervenue le jour même des funérailles d’État accordées à Hugo Chavez, décédé mardi.

Selon la Constitution, une élection présidentielle devrait être convoquée dans les 30 jours suivant la disparition du président. Celui-ci avait désigné son vice-président comme dauphin politique.

Ancien chauffeur de bus arrivé à la politique par le syndicalisme, Maduro, nouvel homme fort du Venezuela !

Né le 23 novembre 1962 à Caracas et élevé dans le quartier de classe moyenne de Los Chaguaramos, à la capitale venezuelienne, où il a milité dès le lycée, Nicolas Maduro a notamment suivi une année de sciences politique à Cuba. Marié à Cilia Flores, autre figure du chavisme et procureur général de la République,cet ancien chauffeur de bus et dirigeant du syndicat du métro de Caracas a décroché en 1999 son premier mandat de député, sous la bannière du Mouvement 5e République, fondé par Hugo Chavez, arrivé au pouvoir la même année.Les destins des deux hommes s’étaient déjà croisés au sein du Mouvement révolutionnaire bolivarien 200 (MBR-200), également créé par Hugo Chavez, à la tête duquel il avait mené son coup d’Etat manqué contre le président Carlos Andrés Pérez en 1992.

Aux obsèques du "Comandante Hugo Chavez", Michel J. Martelly présente les condoléances du Peuple haïtien à Nicolas Maduro

Brièvement été président de l’Assemblée nationale (2005-2006), il a été ministre des Affaires étrangères entre 2006 et 2012, puis vice-président depuis octobre 2012. «Regardez où va Nicolas, le chauffeur de bus Nicolas. Il était chauffeur de bus, et comme ils se sont moqués de lui!», s’était exclamé Hugo Chavez en le nommant vice-président.

Un chaviste fidèle qui s’est durci à l’usage du pouvoir

Son nom avait été cité avec de plus en plus d’insistance à l’heure des pronostics sur le nom du successeur du président malade. Et dès le début des allers-retours médicaux de Hugo Chavez à Cuba, il avait été l’un de ses visiteurs les plus assidus. Sans surprise donc, avant de s’envoler pour pour une nouvelle opération, Hugo Chavez avait ainsi demandé début décembre aux Vénézuéliens de faire de Nicolas Maduro leur président si lui-même devait quitter le pouvoir, assurant qu’il était «un révolutionnaire à part entière» ainsi qu’«un homme plein d’expérience malgré sa jeunesse». «C’est l’un des jeunes dirigeants ayant les meilleures capacités» pour diriger le pays «avec sa main ferme, avec sa vision, avec son coeur d’homme du peuple, avec son talent avec les gens (…), avec la reconnaissance internationale qu’il s’est acquise», avait ajouté le président.

La haute silhouette de ce membre de l’aile modérée du chavisme est également devenue familière dans les rendez-vous internationaux depuis qu’il a remplacé à plusieurs reprises un Hugo Chavez affaibli lors de grands sommets. Des analystes soulignent également son ton conciliant et sa grande capacité à négocier ainsi qu’à naviguer parmi les différentes tendances du chavisme. Mais depuis qu’il exerce de fait le pouvoir, en l’absence prolongée du président Chavez, il a durci le ton à l’égard de l’opposition, notamment de son principal représentant, le gouverneur Henrique Capriles, qualifié de «prince de la bourgeoisie parasite». A l’instar de son mentor, il multiplie également les apparitions publiques et les discours fleuve. Et c’est au bord des larmes qu’il a annoncé son décès mardi après-midi.«Il est évident que Maduro veut consolider son pouvoir». Il a adopté «une stratégie de radicalisation et d’intimidation visant des rivaux internes et externes», estime l’analyste politique Luis Vicente Leon.Pour le politologue et professeur d’Université Ricardo Sucre, «c’est (en outre) le choix des (dirigeants cubains Fidel et Raul) Castro», très proches de Hugo Chavez.L’historienne Margarita Lopez Maya souligne pour sa part «la fidélité» du «meilleur porte-parole» international du gouvernement Chavez, dont il a parfaitement adopté la rhétorique «anti-impérialiste» et le soutien à des régimes controversés, comme en Iran, en Libye ou en Syrie.


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